Flécher le chemin des buts, organiser les funérailles du club, lâcher une poule sur la pelouse... Dix idées pour les fans de l'OM

Francetv info a fait le tour des protestations les plus originales des supporters... contre leur propre club. Voici dix idées qui inspireront peut-être les fans de l'OM.

Les supporters de l\'OM brandissent des banderoles représentant des chèvres, lors du match OM-Bordeaux, le 10 avril 2016, au Stade Vélodrome (Marseille).
Les supporters de l'OM brandissent des banderoles représentant des chèvres, lors du match OM-Bordeaux, le 10 avril 2016, au Stade Vélodrome (Marseille). (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Lors du dernier match de l'OM au stade Vélodrome, le spectacle était bien plus dans les tribunes que sur le terrain (un triste 0-0 face à Bordeaux). Pour râler contre les prestations actuelles de leur club, certains supporters ont organisé un défilé de banderoles représentant des chèvres vêtues du maillot de l'OM, en diffusant très fort la musique de Benny Hill. Ambiance... 

Mais quelle pourrait être la prochaine étape, alors que l'OM se déplace à Monaco dimanche 17 avril et que Margarita Louis-Dreyfus a annoncé la mise en vente du club ? Pour donner des idées aux supporters marseillais, voici ce qui s'est déjà fait ailleurs pour protester contre ses propres couleurs. 

Indiquer le chemin du but aux joueurs

Le constat : L'OM a certes marqué 43 buts en Ligue 1, et affiche la 7e attaque, les difficultés dans le secteur offensif sont criantes. Fini le temps des combinaisons audacieuses sur corners et les buts sur des frappes de loin comme au tout début de l'ère Michel et les larges victoires sur les mal-classés Troyes et Bastia. 

Ce qui s'est déjà fait ailleurs : les supporters de Magdebourg, en 4e division allemande, ont pris le taureau par les cornes et mobilisé une trentaine d'entre eux à chaque côté du terrain. Munis de flèches colorées, ils indiquaient la situation du but à leurs attaquants.

Facile à gérer d'un côté du terrain, dans une tribune vide, plus difficile dans une tribune pleine, mais ils y sont parvenus. Une initiative qui a payé : Magdebourg, muet depuis cinq matchs, a trouvé la faille face au Berliner AK. Ce qui n'a pas suffi, cela dit : non seulement l'équipe s'est malgré tout inclinée (1-2), mais surtout, quelques mois plus tard, le club était relégué, avec la pire attaque du championnat.

Lâcher des animaux sur le terrain

Le constat : le choix de la chèvre pour représenter les joueurs sur les banderoles n'est pas le fait du hasard. Peu de joueurs — Steve Mandanda, Lassana Diarra et éventuellement Michy Batschuayi — échappent à la critique.

Ce qui s'est déjà fait ailleurs : les supporters du club anglais de Blackburn ont choisi de lâcher une poule vêtue aux couleurs de l'équipe sur le terrain lors de la dernière journée de la saison 2011-12. Le club, propriété de deux hommes d'affaires indiens ayant fait fortune dans le poulet frit, pouvait encore se sauver. Les fans n'y croyaient guère, et ont lâché l'animal dès la 7e minute. L'image de deux joueurs peinant à repousser la poule hors du terrain avant de la remettre à un stadier a fait le tour du monde. Depuis, l'animal est revenu sur le terrain, à mesure que les résultats de Blackburn empiraient (vidéo ici ou ici).

Recréer une chambre à coucher dans les tribunes

Le constat : les supporters de l'OM n'ont plus vu de victoire à domicile depuis début septembre. 14 matchs, 1 260 minutes qui auraient pu être employées à autre chose pour les amoureux du club. A dormir par exemple !

Ce qui s'est déjà fait ailleurs : Les bouillants Bukaneros du Rayo Vallecano ont recréé une chambre à coucher dans leur tribune déserte, avec deux supporters déguisés en personnages des Simpsons, dans des sacs de couchage, avec la banderole : "Il est l'heure de dormir, pas de jouer au foot". Ils protestaient contre la modification de l'horaire du match, à 23 heures en semaine... Après tout, pourquoi pas une pyjama party géante au Vélodrome ?

Répandre du foin à la Commanderie

Le constat : les agriculteurs ont beaucoup obtenu du gouvernement avec cette méthode. 

Ce qui s'est déjà fait ailleurs : en Italie, en début de saison, les deux clubs romains ont eu à subir la colère de leurs supporters. Les supporters de la Lazio ont répandu du fumier aux abords du camp d'entraînement pour protester après deux mois sans la moindre victoire.

Quant à leurs homologues de l'AS Rome, ils ont entouré les terrains d'entraînement de 50 kilos de carottes, avec une banderole comparant les joueurs à des "lapins" (une métaphore pour dire "tapette" en italien). Le directeur sportif, Walter Sabatini, s'est borné à répondre à Mediaset : "Il n'y a pas de carottes à notre menu."

Faire voler une banderole grâce à un avion

Le constat : il y a des banderoles toutes les semaines au stade Vélodrome, avec le même ton agressif, et parfois des dérapages sexistes regrettables.

Ce qui s'est déjà fait ailleurs : un classique des supporters mécontents outre-Manche, c'est d'affréter un petit avion pour traîner une banderole hostile à la direction ou à l'entraîneur. Effet garanti lors des matchs de l'après-midi.

Tomber la chemise (voire plus)

Le constat : c'est le printemps, les températures sont clémentes, les supporters vont pouvoir enlever la doudoune et les deux pulls sous le maillot. 

Ce qui s'est déjà fait ailleurs : les supporters de Bâle, en Suisse, ont organisé un déplacement en slip pour protester contre le renforcement des contrôles à l'entrée du stade. Avec une banderole "et maintenant, fouillez-nous tous", la photo était du plus bel effet !

Les supporters de Liverpool ont envisagé de se déguiser en Jürgen Klopp (comprenez avec une casquette, de grosses lunettes et un survêtement) pour réclamer l'arrivée du technicien allemand à la place de l'entraîneur en place. Ils ont été entendus par leur direction, et "Kloppo" a pris en main les Reds. Depuis, le club a repris l'idée en main, et commercialise des t-shirts vantant le look du coach allemand.

Organiser les funérailles du club

Le constat : le "projet Dortmund" de Vincent Labrune a vécu. En 2012, le président délégué du club espérait copier le club allemand en achetant pas cher des joueurs prometteurs pour les céder cinq fois plus cher ensuite. Aujourd'hui, les quelques joueurs qui surnagent sont en fin de contrat. Et les rumeurs de vente du club se multiplient dans la presse. 

Ce qui s'est déjà fait ailleurs : les supporters de Charlton ont rassemblé 12 000 livres (un peu plus de 15 000 euros) pour enterrer leur club, en mars dernier. La procession funéraire - derrière un vrai cercueil en bois - a remonté Floyd Road, la grande rue qui mène au stade, avant un moment de recueillement à l'entrée de The Valley, l'antre de Charlton, aujourd'hui en deuxième division anglaise. "RIP Charlton Athletic", pouvait-on lire sur une des couronnes funéraires déposées sur le cercueil. Pas de cantiques en guise de chant, mais un mot d'ordre, scandé : "Nous voulons le retour de notre Charlton". Les nombreux supporters présents ont ensuite déployé des banderoles hostiles au propriétaire belge du club, Roland Duchâtelet, accusé de couler le club.

Lancer un sit-in dans le rond central

Le constat : le mouvement Nuit debout fait les gros titres de la presse, avec ces militants rêvant d'un monde meilleur squattant la place de la République depuis deux semaines. 

Ce qui s'est déjà fait ailleurs : les supporters de Blackpool ont protesté de façon spectaculaire à la lente descente aux enfers du club, qui a enchaîné 17 matchs sans victoire. Lors du début de la seconde période du dernier match de la saison 2014-15, la descente étant actée depuis longtemps, environ 300 fans - dont un en fauteuil roulant électrique - se sont installés dans le rond central, avec une banderole demandant le départ du propriétaire du club. Incapables de les déloger, les stewards se sont bornés à les encercler. Le match a été abandonné, le club a été pénalisé de deux points.

Mais la grogne des supporters a eu l'honneur de la presse nationale. Notamment le supporter handicapé, que le patron du club, Neil Oyston, a traité de "débile mental". "Mes jambes ne fonctionnent plus, mais mon cerveau marche encore", a répliqué Bobby Mack dans la Blackpool Gazette.

Attaquer le club sur le merchandising

Le constat : l'OM vend environ 400 000 maillots par an (selon le dernier chiffre disponible sur la saison 2013-14). 

Ce qui s'est déjà fait ailleurs : les supporters de Blackpool (encore eux !) ont commercialisé un maillot alternatif (mais toujours orange vif) à celui officiel. "Plus un penny de plus à la direction du club", justifie Lee Morton, du Blackpool Supporter Trust. "Depuis toutes ces années, j'ai dépensé une fortune en abonnements, en maillots, nourriture et tous les produits dérivés. Là, j'ai décidé que c'était trop !", poursuit-il, dans la Blackpool Gazette. Il affirme avoir écoulé près de 500 maillots, vendus 35 livres pièce. 

Créer un club concurrent

Le constat : le petit club de Marseille Consolat est sur le point d'accéder à la Ligue 2. De quoi constituer un dérivatif pour les supporters déçus ?

Ce qui s'est déjà fait ailleurs : les supporters de Manchester United écoeurés par le rachat du club par le milliardaire américain Chuck Glazer avaient développé un club alternatif, le FC United, et vendu des écharpes vertes et jaunes qui faisaient florès dans les travées d'Old Trafford. La photo de David Beckham portant l'écharpe lors d'un tour d'honneur est entrée dans la légende.

L'initiative s'est un peu essoufflée, mais le club financé par les supporters (et donc ces fameuses écharpes) a grimpé en sixième division, sa quatrième promotion en dix ans. L'entraîneur Karl Maginson y croit : "accéder en Football League (les D2 et D3 anglaises), c'est possible."

L'OM pourra toujours riposter en installant des robots supporters, comme cette équipe de basket sud-coréenne décrite par la BBC. Les derniers fans loyaux pourront toujours uploader leur photo sur la tête du robot. Oubliée la crainte d'une banderole de mauvais esprit ou d'un envahissement de terrain !