Blessures, fatigue des joueurs... La trêve internationale fait débat au sein des clubs

Après leur escapade en sélection, plusieurs joueurs sont rentrés blessés dans leur club cette semaine, à l'image de Robert Lewandowski (Bayern) avec la Pologne ou Marco Verratti (PSG) avec l'Italie. Une situation souvent source de tensions entre sélections et clubs.
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France Télévisions
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Marco Verratti est revenu blessé après la trêve internationale, ici le 25 mars 2021 contre l'Irlande du Nord. (LAURENT LAIRYS / LAURENT LAIRYS)

La trêve internationale de mars a tourné à la bérézina pour certains clubs. Alors que le calendrier est déjà surchargé, les joueurs appelés en sélection ont parfois connu un marathon de trois matches en une semaine, couplé à de longs déplacements dans toute l'Europe. Et forcément, ces rencontres ont fait des dégâts.

Au Paris-Saint-Germain, Marco Verratti et Danilo sont revenus blessés. De quoi faire grincer des dents Mauricio Pochettino, puisque le PSG connaît un mois décisif en championnat comme en Ligue des champions, avec la double confrontation en quarts de finale contre le Bayern Munich. "Les joueurs ont dû jouer avec leur équipe nationale, ils ont participé à trois matches. C’est difficile, mais nous devons regarder vers l'avant et trouver les meilleures solutions pour être compétitifs", s'est contenté de dire l'Argentin vendredi 2 avril en conférence de presse.

Comble du sort, les Bavarois font aussi partie des victimes de cette trêve internationale, puisqu’ils ont perdu leur buteur phare, Robert Lewandowski, indisponible quatre semaines, à cause d’un étirement ligamentaire du genou droit

Mais outre les blessures, la fatigue des joueurs fait aussi débat. En effet, certains ont participé à toutes les rencontres internationales. De quoi provoquer un véritable casse-tête pour les entraîneurs, qui doivent déjà préparer le match d'après. "On doit observer le temps de jeu des joueurs en sélection. Par exemple, (Wissam) Ben Yedder a joué une seule rencontre avec les Bleus, donc il pourra certainement participer au prochain match avec Monaco. On est aussi attentifs aux longs déplacements, aux décalages horaires.. Et puis on a un discours clair et transparent avec le joueur, pour ne pas le mettre en danger et éviter les blessures", nous explique l'ex-entraîneur du Stade Rennais Julien Stéphan.

Des rixes entre clubs et sélections à prévoir ? 

Forcément, cette situation peut exaspérer les clubs et certains entraîneurs. Présent en conférence de presse avant le choc face à Chelsea le 3 mars dernier, Jürgen Klopp avait fustigé les trêves internationales. "Je comprends les besoins des fédérations, mais on traverse une période où l'on ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Les joueurs sont rémunérés par les clubs, qui doivent être prioritaires", avait lancé le coach allemand. Un pavé dans la mare qui pourrait dégrader les relations entre les deux parties ?  

Pour Julien Stéphan, ce débat n’a pas lieu d’être. "Quand on a un joueur sélectionnable dans notre effectif, ça veut dire, d’une part qu’il est bon, et d’autre part qu’il est important pour notre club. On sait à quoi s’attendre. Maintenant, c’est à nous [les entraîneurs] de nous organiser pour qu’il soit frais au maximum quand il revient avec nous, et ainsi, pour minimiser les risques de blessures. Ça a toujours fonctionné comme ça et ça ne changera pas je pense", estime l’ancien coach rennais.

Le poids du règlement FIFA

Si les clubs laissent leurs joueurs évoluer avec leur nation c’est aussi, et surtout, à cause du règlement de la FIFA. "Nous sommes obligés de laisser nos joueurs à disposition de la sélection nationale. Il y a un règlement qui stipule que si le club ne libère pas son joueur, ce dernier sera suspendu et ne pourra pas participer au prochain match avec son équipe", ajoute Julien Stéphan. 

Cependant avec la crise provoquée par la Covid-19, la plus grande instance du football mondial a assoupli ses règles pour les sélections européennes : la FIFA a décidé d'autoriser les clubs à bloquer leurs joueurs, si ces derniers doivent subir une quarantaine de cinq jours. Même si cette décision est provisoire, elle donne raison aux clubs dans ce bras de fer. De quoi changer les règles dans les années à venir ?

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