Real Madrid - Barça : que représente le Clasico dans le monde du football ?

Le Real Madrid affronte le FC Barcelone samedi 10 avril, à 21 heures, dans le cadre de la 30e journée de la Liga. Une rencontre qui ne laisse pas le monde du football indifférent.
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France Télévisions
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Luka Modric et Lionel Messi, ici lors du Clasico du 24 octobre 2020. (LLUIS GENE / AFP)

Près de 650 millions de personnes auront les yeux rivés sur le stade Alfredo Di Stefano. Ce samedi 10 avril, le Real Madrid affronte le FC Barcelone, pour la 30e journée de la Liga. Une rencontre capitale pour les deux équipes dans la course au titre en championnat. Mais cette rencontre n’a pas qu'un enjeu sportif. Elle est aussi très spéciale pour les joueurs. 

Dans un entretien accordé à Goal, Xabi Alonso avait expliqué qu’il préférait gagner ce match à la place d’une Liga. "Nous avons gagné plusieurs fois au Camp Nou, comme en 2012. Ce fut l'année où nous avons gagné la Liga avec 100 points, mais remporter le Clasico à Barcelone a été un meilleur sentiment", avait déclaré l’ancien joueur du club de la capitale espagnole. Même son de cloche du côté de l’actuel capitaine des Merengues, Sergio Ramos : "Un Madrid-Barça, c’est complètement différent. Peu importe l’état de forme des deux équipes. Ce match a une logique propre et est totalement imprévisible". Entre obsession de la gagne et dualité qui dépasse le cadre du football, voici pourquoi cette rencontre est si spéciale.

Real Madrid – FC Barcelone, une rencontre politique

Si l’antagonisme entre les deux clubs est aussi présent, c’est aussi, et surtout, à cause du passé. Le Real Madrid représente la capitale espagnole et est perçu comme un club élitiste. Le FC Barcelone, quant à lui, est le porte-étendard de la Catalogne et ses velléités indépendantistes. "Il faut savoir qu’en Espagne, il y a une rivalité entre régions. Quand je jouais en Espagne, au Rayo Vallecano, je me souviens que lors des premiers repas avec l’équipe on se chambrait, car il y avait des Castillans, des Basques, des Catalans.. Donc lors de ce match, c’est encore plus tendu", nous explique Eric Roy, consultant pour France Télévisions.

Même son de cloche du côté d’Elton Mokolo, l’une des nouvelles figures influentes du paysage footballistique français. Si la portée du Clasico est plus forte qu’un match entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille, c’est avant tout, parce que cette rencontre a un double enjeu. "Cette rivalité est historique à partir du moment où elle est politisée. A travers le monde et en Espagne particulièrement, le Real représente Madrid et le pouvoir central, tandis que le Barça représente la Catalogne et sa volonté d’indépendance. Il y a aussi des épisodes importants qui commencent avec le péché originel : le transfert d’Alfredo Di Stefano", analyse le journaliste spécialiste du football espagnol. Alors qu’il était promis au FC Barcelone, l’Argentin avait terminé au Real Madrid à cause d’une histoire de gros sous, dans les années 1950. Une affaire qui a accentué l’opposition entre les deux clubs. 

Le Clasico, un choc pour la domination nationale

Le Real possède 34 titres en Liga et 13 en Ligue des champions. Le Barça a été sacré 26 fois en championnat et titré à cinq reprises dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Véritables mastodontes, les deux clubs se livrent une bataille tous les ans dans toutes les compétitions possibles.

"L’antagonisme est plus fort entre le Real Madrid et le Barça qu’entre Liverpool et Manchester United, parce que la concurrence est moins diversifiée. En Angleterre, Chelsea et Manchester City peuvent prétendre au titre, alors qu’en Espagne, c’est toujours soit le Real Madrid soit le FC Barcelone. Même si une équipe peut venir bousculer la hiérarchie en étant championne, comme l’Atlético de Madrid en 2014", détaille Elton Mokolo. 

"Les autres matches n’ont pas de visibilité" 

"Tu es plutôt Real Madrid ou FC Barcelone ?" A l’école, cette question arrive forcément à un moment donné dans la cour de récréation. Parce que ces deux clubs ne sont pas apathiques et déchaînent les passions. "Un joueur lambda, un Français, un Allemand a toujours une préférence. Parce que quand on aime le foot, on aime ces grands matches donc on grandit avec une affection particulière pour l’un des deux clubs. Ils ne laissent pas indifférents", nous explique Eric Roy. L’ancien joueur du Rayo Vallecano se souvient très bien de l’influence de cette rencontre dans le pays de Cervantes : "C’est exceptionnel. La presse, qu’elle soit castillane ou catalane, ne parle que de ça. Les autres matches n’ont pas de visibilité par rapport à celui-là."

Diffusé dans 185 pays différents, le Clasico a une portée internationale forte, et dépasse même le cadre du ballon rond. "Quand je suis arrivé au Rayo Vallecano, un ancien champion olympique de ski, Paquito Fernández Ochoa, était venu me chercher à l’aéroport et il m’avait dit ‘tu vas jouer au Rayo, c’est sympa, tout le monde aime ce club, parce qu’à Madrid on est soit pour le Real soit pour l’Atlético'. Et si on prend l’Espagne au sens large, la dualité est encore plus forte avec le Barça et le Real. Tout le monde est partisan dans cette rencontre", nous confie Eric Roy.

Dominer l'Espagne et conquérir le monde entier ont toujours été une obsession de la part des deux clubs. "Si la rivalité entre le Real Madrid et le Barça est aussi forte, dans le monde c’est aussi par rapport à l’aspect international des deux clubs. Le club catalan a été fondé par un Suisse, et les Merengues se sont vite tournés vers des stars étrangères pour attirer les foules", observe Elton Mokolo. Ce samedi, les deux grands rivaux vont se retrouver pour la 246e fois. Et le monde entier aura les yeux rivés sur ce match.

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