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Le "ferme ta gueule !" de Nasri au journal "L'Equipe"

UKRAINE - L'attaquant français a célébré son but face à l'Angleterre d'une façon très remarquée, lundi. Il s'est expliqué sur son geste (un "chut" de la main) et les paroles prononcées en même temps.

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France Télévisions
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Samir Nasri célèbre son but marqué contre l'Angleterre lors du premier match de l'équipe de France à l'Euro, le 11 juin 2012. (ALLESSANDRO BIANCHI / REUTERS)

Tout le monde l'a vu faire "chut" de la main, mais ses propos accompagnant ce geste n'étaient pas clairs... Les voici maintenant expliqués. L'attaquant de l'équipe de France Samir Nasri s'est offert une première polémique à l'Euro 2012 en lançant "Ferme ta gueule !" au journal L'Equipe, lors de la célébration de son but égalisateur contre l'Angleterre (1-1), lundi 11 juin à Donetsk (Ukraine). 

Désigné par l'UEFA comme "homme du match", Nasri a attendu près de trois heures avant de venir s'expliquer sur cette scène aussi mystérieuse que surprenante. Immédiatement après son but (39e) et les accolades de ses coéquipiers, Nasri s'est dirigé vers son banc et s'est clairement adressé à quelqu'un sur le bord du terrain. Interrogé plus tard pour savoir à qui était adressée son insulte, Nasri a répondu : "C'est le journal L'Equipe".

"Je ne regrette pas"

Un journaliste du quotidien sportif "m'a demandé (lors de la conférence de presse) contre qui étaient (les insultes). J'ai dit que c'était pour lui", a expliqué le joueur en passant en zone mixte après le contrôle antidopage, auquel il a été soumis avec Franck Ribéry. Le joueur s'était auparavant exprimé sur TF1 et avait indiqué que sa mère, malade toute l'année selon lui, avait été touchée par les critiques le concernant.

"Des fois, il y a des réactions d'humeur qu'un joueur peut avoir", a-t-il déclaré. "Je ne regrette pas, je ne lis pas les journaux. Il faut dresser le bilan après la compétition. On fait tout pour déstabiliser l'équipe de France. Il faut la laisser travailler." Nasri a ensuite tenté de modérer ses propos en parlant de maladresse. "Cela ne me déstabilise pas car je ne lis pas la presse, mais ma mère est souffrante et quand elle lit que son fils est 'bidon', c'est délicat. Il y a eu une réponse de ma part peut-être maladroite."

Le sélectionneur Laurent Blanc, interrogé après le coup de sifflet final sur la réaction de son joueur, avait préféré botter en touche. "C'est entre lui et ses détracteurs. C'est quelque chose de personnel, je n'ai pas à m'immiscer, a-t-il dit. Il était content d'avoir marqué un but. Ce geste d'humeur, c'est à lui qu'il faut demander à qui il était adressé."

Tant mieux s'il y puise "un sursaut d'orgueil", répond "L'Equipe"

Loin de se laisser impressionner, L'Equipe titre : "le but de l'orgueil". "Dans la longue histoire des joueurs qui puisent un sursaut d'orgueil dans les critiques extérieures en général, et celles de L'Equipe en particulier, il faudra donc ajouter le nom de Samir Nasri", écrit le quotidien sportif, jugeant que pendant le match "il a été grand", contrairement à des prestations antérieures.

Interrogé par le journal, Christophe Dugarry, qui avait tiré la langue à la tribune de presse lors de la Coupe du monde 1998 après un but face à l'Afrique du Sud, estime que même si "tu ne connais pas ce que peut ressentir le joueur, sa souffrance (...) je ne pense pas que ce que j'ai vécu soit comparable" avec la situation de Samir Nasri. Et d'ajouter : "moi, c'était de l'acharnement, j'étais le cheveu dans la soupe, le pou dans la tête, le pestiféré, le mec qui ne devrait pas être là. Samir, on a juste écrit que ses performances n'étaient pas très bonnes". Il appelle à ne "pas être trop dur avec Samir, il n'a pas été insolent".

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