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Image des Bleus : non, non rien n'a changé

Knysna, Kirsha, même combat, ou presque. Cet Euro 2012 devait faire oublier le fiasco des Bleus lors de la Coupe du monde 2010. Manqué ! L'opération rachat de l'équipe de France a échoué et son image est toujours aussi brouillée.

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France Télévisions
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Une supportrice dépitée après la défaite de la France face à l'Espagne (2-0), le 23 juin 2012 à Donetsk (Ukraine). (DAMIEN MEYER / AFP)

Tourner la page, aller de l'avant, retrouver la ferveur et surtout changer d'image… Cet Euro 2012 devait faire oublier Knysna (Afrique du Sud) et le fiasco de la Coupe du monde 2010. Manqué ! Certes, les Bleus se sont qualifiés pour les quarts de finale, il n'y a pas eu de grève du bus ou de joueurs renvoyés au pays en pleine compétition, mais leur parcours a été entaché de polémiques. Résultat : l'opération rachat de l'équipe de France a échoué et son image est toujours aussi brouillée. FTVi fait le bilan de ce nouveau naufrage.

• Image sur le terrain : des Bleus fainéants

C'était le premier chantier pour reconquérir le cœur des Français. En 2010, les hommes de Raymond Domenech avaient quitté la compétition sans aucune victoire, et avec un seul but marqué. Cette année, si les Bleus de Laurent Blanc ont rempli leur contrat en atteignant les quarts de finale, le bilan est plus que mitigé : une seule victoire en quatre matchs et deux défaites (dont une cinglante contre la Suède), seulement trois buts marqués, pour cinq encaissés. 

Mais ce qui a surtout été pointé du doigt, c'est la manière, le manque d'implication des joueurs sur le terrain. Le symbole, c'est cette action qui amène le premier but des Espagnols en quart de finale. Personne du milieu de terrain français, et notamment Florent Malouda (signalé ci-dessous par une flèche), ne vient défendre, laissant Gaël Clichy et Hugo Lloris seuls face à l'attaque espagnole.

Le repli défensif approximatif de l'équipe de France lors du premier but de l'Espagne en quart de finale de l'Euro 2012, à Donetsk (Ukraine), le 23 juin 2012 (capture d'écran). (GOLEM13)

Pour beaucoup d'observateurs, ces Bleus n'ont pas mouillé le maillot, alors qu'ils avaient tout à prouver. Dans la matinale de RTL lundi 25 juin, les auditeurs étaient invités à s'exprimer sur cette attitude, et leur jugement est sans pitié. Ils pointent notamment le "non engagement" et le manque de solidarité des joueurs sur le terrain.

• Image hors du terrain : des enfants gâtés et malpolis

A Knysna, il y avait eu l'insulte de Nicolas Anelka à Raymond Domenech, comme le rapportait à l'époque L'Equipeainsi que la grève du bus. Lors de cet Euro, les noms d'oiseaux ont aussi fusé, accompagnés de nombreuses provocations. Samir Nasri a ainsi invectivé à plusieurs reprises des journalistes français à l'issue de la défaite contre l'Espagne, comme le rapporte 20 Minutes.fr, ou encore lors de la célébration de son but contre l'Angleterre. Jérémy Ménez s'est lui aussi distingué par ses paroles plus que ses gestes techniques sur le terrain, avec un "vaffanculo" à destination de l'arbitre italien du match contre l'Espagne, et un "ferme ta bouche" mimé de la main à son capitaine Hugo Lloris.

Libération (article payant) rapporte le comportement désinvolte de ces deux joueurs quelques minutes avant le match. Pour avoir mal pris leur mise sur le banc, ils se sont ainsi lancés, "hilares, dans une séance de frappes à pleine puissance à 20 mètres de leurs coéquipiers", occupés à s'échauffer. Une autre anecdote est révélée par un journaliste du Parisien, qui a vu les deux joueurs multiplier les pitreries, dont l'une de Samir Nasri consistant à grimper en équilibre sur un ballon pour effectuer le salut militaire.

Enfin, la sortie de Yann M'Vila en fin de match a elle aussi fait polémique, le milieu de terrain n'ayant pas serré la main de son sélectionneur lors de son remplacement. Des comportements jamais vus en équipe de France et qui resteront à n'en pas douter dans les mémoires des observateurs et supporters des Bleus.

• Image pour les supporters : après le divorce, pas de remariage en vue

"Ils sont nuls…" A l'aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis), dimanche 24 juin, la poignée de supporters venus accueillir sous la pluie l'équipe de France après son élimination ne cachaient pas leur déception après le refus des Bleus de venir les saluer. Epilogue de retrouvailles manquées entre une équipe et son public. Sur Twitter, le journaliste Pierre Menès, "grande gueule" du "Canal Football Club", les estime définitivement perdus. 

 

Pourtant, l'encadrement des Bleus et la Fédération française de football avaient tout fait pour effacer les séquelles du Mondial 2010, organisant des matchs amicaux en province (Valenciennes, Reims, Le Mans) et obligeant des joueurs à saluer leurs supporters après les entraînements et à signer des autographes. Une communication très encadrée, comme le racontait "Le Petit Journal" dans son édition du 17 juin. Lors du dernier match de préparation contre l'Estonie (4-0), les joueurs ont même déployé une banderole sur laquelle était inscrit : "Merci. A l'Euro avec vous, pour vous." 

Mais cela n'a pas suffi. Les fans français étaient rares en Ukraine. Le coût prohibitif du déplacement est une des explications, mais les Espagnols étaient, eux, plusieurs milliers pour le quart de finale. La pauvreté du jeu français et les nouvelles polémiques qui entourent certains joueurs ne vont pas encourager les Français à franchir l'Atlantique dans deux ans pour le Mondial 2014 au Brésil…

Les joueurs de l'équipe de France et leur banderole "Merci. A l'Euro avec vous, pour vous.", le 5 juin 2012 lors d'une rencontre de préparation face à l'Estonie (4-0), au Mans (Sarthe). (FRANCK FIFE / AFP)

• Images avec les sponsors : la Fédération risque de banquer

Après le scandale de Knysna en 2010, la FFF et ses partenaires ont introduit une part variable en fonction de l’image renvoyée par les Bleus. Ainsi, pour convaincre les sponsors de sa volonté de reconquête, rappelle RMC Sports, la Fédération a proposé des contrats dont le montant est modulé en fonction des performances de l’image dégagée par l'équipe : de -10 à -15% en cas de défaillance à +5 à 10% si les performances sportives sont bonnes et si l’image des Bleus s’améliore. Juste avant le début de la compétition, l'équipe de France attirait la sympathie de près de 56% des Français, selon un sondage Ifop pour Le Journal du dimanche. La FFF peut compter ses sous en attendant les prochaines estimations.

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