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Football. Les casseroles des Bleus, ça s'en va et ça revient…

L'affaire Zahia, le fantasme du jeu offensif, le retour des "valeurs" : chassez les fantômes du passé, ils reviennent au galop. Surtout en équipe de France.

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France Télévisions
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Les effigies des joueurs de l'équipe de France de football sont retirées de la façade du siège de la Fédération française de football, après l'échec de l'Euro 2012, le 28 juin 2012.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

FOOTBALL - "Du passé, faisons table rase", dit L'Internationale. En revanche, chez les internationaux, c'est un rien plus compliqué. Didier Deschamps, dans son costume immaculé de sélectionneur de l'équipe de France de football, hérite d'une équipe qui accumule les casseroles comme les centres au quatrième poteau sur le terrain. Revue de détails.

Le retour de la vengeance de l'affaire Zahia

On pensait que l'affaire qui a ébranlé plusieurs tauliers de l'équipe de France avant la Coupe du monde 2010 allait finir par s'éteindre. Après deux ans de calme relatif, Franck Ribéry et Karim Benzema seront finalement jugés, malgré la demande de non-lieu du procureur. Le juge d'instruction estime en effet qu'ils ne pouvaient pas ignorer que Zahia était mineure au moment des faits.

La nouvelle, tombée le 14 août, à la veille du match amical France-Uruguay, brouille l'image d'une équipe de France débarrassée de ses démons. L'opération séduction amorcée par Didier Deschamps et Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football (FFF), commence mal.

L'affaire Bernès, un cadavre dans le placard

Plusieurs joueurs de l'équipe se sont plaints des avantages accordés aux joueurs sous contrat avec l'influent Jean-Pierre Bernès. D'après eux, être un poulain de l'agent le plus influent de France assurait une place sur le terrain avec les Bleus, du temps de Laurent Blanc. Au point de devenir une des origines de la rupture entre Blanc et Le Graët.

Au fait, l'agent de Didier Deschamps, s'appelle… Jean-Pierre Bernès.

Un "père la morale" pour sélectionneur

Le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps lors d'une conférence de presse, le 14 août 2012. (DAVID VINCENT/AP/SIPA / AP)

Si Deschamps a expliqué ne pas avoir sélectionné les joueurs sanctionnés par la Fédération après l'Euro (M'Vila, Nasri, Menez et Ben Arfa), il ne leur a pas fermé définitivement la porte. "Personne n’est écarté", a-t-il martelé lors de l'annonce de sa toute première liste. On a connu plus ferme comme condamnation.

Le premier geste fort de l'ère Deschamps est plutôt à aller chercher sur la forme. Interdits les téléphones portables hors des chambres, bannis les casques audio à la descente du bus, idem pour les séances d'autographes obligatoires, note RMC. Histoire qu'on ne puisse pas lui reprocher de n'avoir pas été assez Père Fouettard par la suite ?

"Après le Président [le surnom de Laurent Blanc], le ministre de l’Intérieur ?", s'interroge malicieusement So Foot. Deschamps sera clairement jugé sur ce qui se passe en dehors du terrain, au même titre que ses résultats sportifs. "Le supporter français attache autant d'importance au résultat qu'au comportement", résumait-il dans une interview à l'AFP. 

Quand est-ce qu'on joue (bien) ?

Laurent Blanc est arrivé à la tête de l'équipe de France en juillet 2010, précédé d'une aura extraordinaire. La combinaison entre un palmarès fantastique et un jeu léché mis en place avec succès à Bordeaux faisait saliver plus d'un observateur. Ses premières conférences de presse étaient axées sur le jeu. Pourtant, on n'a pas vu grand-chose d'enthousiasmant sur le terrain au cours de son mandat. Quelques rares éclairs, quelques matchs maîtrisés, pour une impression d'ensemble brouillonne et tâtonnante. Le pain quotidien des supporters des Bleus depuis des années. 

Cette obsession de gagner avec la manière, typiquement française, Didier Deschamps ne l'a pas érigée en priorité absolue. Tout juste a-t-il décidé d'aligner Olivier Giroud aux côtés de Karim Benzema en attaque contre l'Uruguay, ce que les supporters réclamaient à cor et à cri pendant l'Euro 2012. Deschamps n'a rien promis sur la manière : il sait qu'un sélectionneur est d'abord jugé sur ses résultats. Il a toutefois émis le souhait que les joueurs prennent du plaisir sur le terrain. Mais si son équipe de France ressemble davantage à son Monaco champagne de 2004 qu'à son Marseille soporifique de 2010, personne ne lui en voudra.

Cherche capitaine désespérément

 

Hugo Lloris capitaine des Bleus, ici le 11 novembre 2011 contre la Belgique. (ALEXIS REAU / SIPA)

Didier Deschamps a reconduit Hugo Lloris au poste de capitaine. Déjà porteur du brassard sous l'ère Blanc, le gardien de Lyon avait réussi à endormir les journalistes par ses phrases toutes faites et son ton lénifiant. Clairement, Lloris est un choix par défaut. D'abord, parce que confier le brassard à un gardien n'est pas dans les habitudes du milieu (pour preuve, cet article d'Europe1.fr). Ensuite, parce que les candidats au poste ne se bousculent pas - ou pas encore.

Ceux qui ont l'étoffe d'un capitaine (Mavuba, Cabaye) ont un problème de légitimité lié à leur faible nombre de sélections, quand ceux qui ont du kilométrage au compteur chez les Bleus ont prouvé qu'ils n'étaient pas des meneurs d'hommes (Ribéry, Benzema). L'équipe de France est toujours orpheline d'un leader, un vrai.

 

Une fois qu'on aura réglé tout ça, on pourra s'attaquer au dernier dossier : le maillot façon pyjama des Bleus, clairement pas une réussite.

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