"Football Leaks" : le PSG a contourné le fair-play financier "de manière frauduleuse" et a été "couvert" par l'UEFA, affirme Mediapart

Le site d'information publie une enquête qui montre que le club parisien a bénéficié d'un "dopage financier". Lequel lui aurait permis de s'offrir des joueurs comme Neymar ou Kylian Mbappé.

Kylian Mbappé et Neymar, le 24 octobre 2018, à Paris. 
Kylian Mbappé et Neymar, le 24 octobre 2018, à Paris.  (FRANCK FIFE / AFP)

C'est avec le PSG que Mediapart siffle le coup d'envoi d'une nouvelle vague de révélations dites des "Football Leaks". D'après une enquête (article payant) publiée par le site d'information vendredi 2 novembre, le club parisien aurait eu recours à "un dopage financier" d'envergure pour contourner le fair-play financier. Cette règle, adoptée par l'UEFA en 2010, stipule qu'un club ne peut pas dépenser plus d'argent que ce qu'il gagne.

Pour contourner cette contrainte, Mediapart affirme que le PSG – qui appartient à un fonds souverain qatari – s'est vu injecté 1,8 milliard d'euros les sept dernières années "essentiellement de manière frauduleuse"Ce qui lui aurait permis de gonfler son budget et ainsi de s'offrir quelques-uns des meilleurs joueurs du monde, comme Neymar ou Kylian Mbappé.

Des contrats fictifs de sponsoring

Le montage aurait été rendu possible grâce à l'octroi de "contrats fictifs de sponsoring" passés avec des institutions directement liées à l'Etat du Qatar, comme l'Office du tourisme du Qatar. Celui-ci a promis 1,075 milliard d'euros au club sur 5 ans, soit 215 millions d'euros par an.

Selon les informations de Mediapart, l'UEFA aurait découvert ce montage et missionné deux cabinets d'audit, Repucom et Octagon, lesquels auraient valorisé ce contrat respectivement "à 125 000 euros par an pour l'un et 2,8 millions d'euros par an pour l'autre, soit entre 77 et 1 750 fois moins que le montant affiché".

Des sanctions pas appliquées

Après cette expertise, le PSG aurait donc dû se trouver sous le coup de sanctions de l'UEFA. Mais Michel Platini, qui a présidé l'UEFA jusqu'en 2015, et Gianni Infantino, son successeur, ancien secrétaire général à l'époque, ont "couvert les faits" pour des "raisons politiques", affirme Mediapart.

En 2014, le PSG avait ainsi écopé de 60 millions d'euros d'amendes et de deux ans de restrictions financières, alors que les sanctions prévoyaient son exclusion de la Ligue des champions.