Foot : qui est Raphaël Varane, le meilleur défenseur français ?

Il joue au Real Madrid, et a explosé à la face du monde il y a trois semaines. Séance de rattrapage pour briller lors des plateaux-télé de Ligue des champions. 

Le défenseur du Real Madrid Raphaël Varane, après son but contre le FC Barcelone, le 30 janvier 2013 à Madrid. 
Le défenseur du Real Madrid Raphaël Varane, après son but contre le FC Barcelone, le 30 janvier 2013 à Madrid.  (ANGEL MARTINEZ / GETTY IMAGES EUROPE)

Vous ne connaissez pas Raphaël Varane, le défenseur du Real Madrid ? C'est pourtant un des rouages essentiels du club espagnol pour son déplacement en Ligue des champions contre Manchester United, mardi 5 mars. Présentation de A à Z. 

A comme argent

Depuis ses formidables prestations contre le Barça, à trois reprises, et Manchester United, lors du match aller des 8es de la Ligue des champions, la cote du défenseur français a grimpé. Le site de référence transfermarkt.de (en anglais) évalue sa valeur à 15 millions d'euros, ce qui en fait l'un des joueurs de moins de 20 ans les plus chers du monde.

B comme bac

Alors que l'Europe entière se bat pour l'arracher au RC Lens, le jeune Raphaël passe son bac en juin 2011. Un bac éco, décroché sans passer par la case rattrapage. 

C comme coach

Raphaël Varane est proche de José Mourinho, le volcanique entraîneur du Real Madrid. Trèèèèèès proche : il l'a même appelé "papa" lors d'un reportage diffusé sur Téléfoot, dimanche 3 mars. Il n'est pas le seul : le milieu défensif Michael Essien avait fait de même quelques semaines plus tôt.

Raphaël Varane se jette dans les bras de son entraîneur, José Mourinho, le 26 février 2013 à Barcelone. 
Raphaël Varane se jette dans les bras de son entraîneur, José Mourinho, le 26 février 2013 à Barcelone.  (EMILIO MORENATTI / AP / SIPA)

D comme défaite

Depuis qu'il est arrivé au Real, Raphaël Varane n'a connu que trois fois la défaite en 38 matchs avec le maillot blanc.

E comme espagnol

Raphaël Varane a rapidement appris la langue de Cervantès, une condition importante pour ne pas être isolé dans un vestiaire où la guerre des egos bat son plein. "Il a appris l'espagnol très vite, note son partenaire Alvaro Arbeloa dans le Guardian (en anglais). Ce qui lui a permis de s'intégrer plus vite que d'autres. Raphaël a montré qu'il était plus mature que ce que son jeune âge laisse supposer."

F comme fans

Plus de 130 000 fans sur Twitter et 209 000 sur Facebook, pas mal pour un défenseur encore méconnu du grand public. C'est toutefois un peu moins bien que Mamadou Sakho, le défenseur du PSG à peine plus âgé que lui, et lui aussi appelé à un grand avenir en équipe de France.

G comme géographie

On peut être bachelier et avoir quelques lacunes en géographie. Sur son compte Twitter, le jeune défenseur se félicite en novembre dernier de la victoire face aux "Catalans de Bilbao". Or, Bilbao se trouve au Pays basque. Le tweet suivant n'est pas très glorieux…

H comme hauteur

Le journal espagnol Deportes Cuatro a analysé la détente des buteurs du Real Madrid lors des récents clasicos. Surprise : Raphaël Varane saute plus haut (90 cm) que Cristiano Ronaldo (80 cm), un spécialiste de l'exercice.

I comme international

Appelé deux fois par Didier Deschamps, Raphaël Varane n'a toujours pas étrenné ses galons d'international. La première fois, contre l'Uruguay en août dernier, il n'était pas entré en jeu. En février, face à l'Allemagne, il avait dû déclarer forfait. 

J comme (erreurs de) jeunesse

On cherchera longtemps une tache sur le CV du jeune défenseur, si ce n'étaient ces dreadlocks, franchement évitables…

Raphaël Varane (en noir et rose), au coup d\'envoi du match Brest-Lens, le 27 novembre 2010 à Brest (Finistère). 
Raphaël Varane (en noir et rose), au coup d'envoi du match Brest-Lens, le 27 novembre 2010 à Brest (Finistère).  ( PATRICK JAMES / LA VOIX DU NORD / MAXPPP)

K comme kryptonite

Si Lionel Messi est le Superman du football, Raphaël Varane en est la kryptonite, la fameuse roche verte qui lui fait perdre tous ses pouvoirs, s'enthousiasme un supporter du Real Madrid sur Twitter.

L comme Lens

On aurait pu aussi choisir Lille, son lieu de naissance. Mais c'est chez le voisin lensois qu'il s'est révélé, jouant 23 matchs pour sa première saison parmi les pros. Avant ses grands débuts en L1, il avait aussi décroché en 2010 la récompense du meilleur jeune du centre de formation du RC Lens, La Gaillette. 

M comme "Monsieur Propre"

C'est son surnom dans la presse espagnole (Don Limpio, en VO). Pour preuve, lors des trois clasicos qu'il a disputés contre le Barça de Lionel Messi, il n'a commis qu'une seule faute. Une performance remarquable pour un défenseur.

N comme novice

Raphaël Varane restera comme le 3e joueur le plus jeune à avoir évolué avec le Real Madrid. Ses deux devanciers sont entrés dans la légende du club : l'attaquant Raul, qui détient le record de buts marqués en Ligue des champions, et le gardien Iker Casillas, taulier du club depuis plus de dix ans.

P comme publicité

Pour le moment, on ne l'a pas encore vu vanter les mérites d'une marque d'eau minérale ou de rasoirs. Mais ça ne saurait tarder, à en croire son agent, Frank Hocquemiller, dans L'Equipe : "Le buzz qu'il vient de susciter avec l'enchaînement de très hautes performances est relayé par l'intérêt des annonceurs, qui voient en lui un footballeur au potentiel exceptionnel." Nike, l'équipementier des Bleus, l'a déjà choisi pour promouvoir le nouveau maillot extérieur bleu ciel de l'équipe de France. 

Raphaël Varane (2e en partant de la droite), icône du nouveau maillot de l\'équipe de France.
Raphaël Varane (2e en partant de la droite), icône du nouveau maillot de l'équipe de France. (NIKE)

R comme rugby

C'est le premier sport auquel s'est essayé Raphaël Varane. Manque de pot pour Philippe Saint-André, en fâcheuse posture avec les Bleus dans le Tournoi des six nations, il a rapidement arrêté : "Il n'aimait pas ça", se souvient son père, Gaston, cité par le quotidien sportif espagnol Marca.

S comme supporters

Le petit jeune de la défense du Real s'est rapidement taillé une solide cote dans les tribunes du stade Santiago Bernabéu. "Lors de la présentation du trophée du champion, chaque joueur a été annoncé individuellement par le speaker. Varane a reçu un accueil très chaleureux du public, plus bruyant que pour des joueurs installés comme Raul Albiol ou Kaka", relève le site French Football Weekly (en anglais).

T comme téléphone

Alors qu'il bûchait son bac, Varane reçoit un coup de fil. Un certain Zinedine Zidane, qui appelle d'Espagne. "Je n'ai pas réalisé que c'était lui, je ne savais pas quoi dire, se souvient Raphaël Varane. Donc je lui ai répondu très poliment que j'étais occupé à réviser pour les examens, et je lui ai demandé de rappeler plus tard. Quand j'ai raccroché, je me suis dit 'merde !' et j'ai tout raconté à mon frère aîné. Il m'a dit que j'étais malade d'avoir raccroché au nez de Zidane !"

U comme unes

Dans la presse espagnole, mais pas que…

Les unes de \"Marca\" du 1er février et de \"L\'Equipe\" du 5 mars 2013.
Les unes de "Marca" du 1er février et de "L'Equipe" du 5 mars 2013. (DR)

V comme vestiaire

A son arrivée au Real, beaucoup craignaient que Varane soit broyé dans un des vestiaires les plus durs d'Europe, régulièrement pourri par une guerre entre les Espagnols et les étrangers. Pour l'instant, le jeune défenseur fait l'unanimité. Son ancien président à Lens, Gervais Martel, cité par football-espana.net (en anglais), l'avait prédit : "Beaucoup pensent que Varane ne jouera pas, mais je suis sûr qu'il ne va pas passer son temps à repeindre le vestiaire."

W comme Woodgate

Le défenseur anglais Jonathan Woodgate est le symbole de ce que ne doit pas faire Raphaël Varane. Arrivé au Real contre 17 millions d'euros en 2005, il avait réussi l'exploit de marquer contre son camp et de se faire expulser pour sa première rencontre.  Quelques cartons, quelques blessures et beaucoup de performances moyennes plus tard, retour au pays, sans gloire. 

Z comme Zidane

C'est le n°10 des Bleus qui a été à l'origine du recrutement du défenseur. Et dire qu'au moment de la transaction, le quotidien catalan Mundo Deportivo avait persiflé : "C'est juste pour faire croire à Zidane que son avis compte que le Real l'a recruté."