Transferts douteux : plusieurs dirigeants et ex-dirigeants de l'OM en garde à vue

Vincent Labrune, ainsi que ses prédécesseurs à la présidence de l'Olympique de Marseille Jean-Claude Dassier et Pape Diouf, ont été interpellés à leur domicile.

Le président de l\'Olympique de Marseille, Vincent Labrune, le 17 août 2014, au stade Vélodrome, à Marseille (Bouches-du-Rhône). 
Le président de l'Olympique de Marseille, Vincent Labrune, le 17 août 2014, au stade Vélodrome, à Marseille (Bouches-du-Rhône).  (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Les enquêteurs veulent passer au "crible la gestion présente et passée de l'OM". Plusieurs dirigeants et ex-dirigeants de l'Olympique de Marseille sont en garde à vue, mardi 18 novembre, dans le cadre de l'enquête sur des "transferts" présumés litigieux. Parmi ces transferts douteux, celui du footballeur André-Pierre Gignac en 2010.

L'enquête est menée et supervisée par la sous-direction de la lutte contre le crime organisé et la délinquance financière (SDCOF) de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Qui a été placé en garde à vue ?

Le président de l'OM, Vincent Labrune, et d'ex-dirigeants du club de foot marseillais, dont Jean-Claude Dassier et Pape Diouf, ont été interpellés mardi et placés en garde à vue. Jean-Claude Dassier a été interpellé à Paris et placé en garde à vue à Nanterre (Hauts-de-Seine) dans les locaux de la DCPJ, tandis que d'autres, dont Vincent Labrune, sont entendus dans ceux de la PJ de Marseille.

L'actuel président de l'OM est arrivé tôt mardi matin à l'hôtel de police de Marseille. Son bras droit, Philippe Pérez, figure au nombre des gardés à vue.

Le club a confirmé mardi dans un communiqué que les deux actuels dirigeants, Vincent Labrune et Philippe Pérez, étaient entendus et assuré que l'actionnaire, Margarita Louis-Dreyfus, "a exprimé sa pleine confiance dans l'actuelle équipe dirigeante".

Qu'est-ce qu'on leur reproche ?

Les investigations portent sur des "contentieux" et des "transferts effectués ces dernières années". Les policiers soupçonnent des "fraudes liées à plusieurs transferts".  Les gardés à vue vont "devoir s'expliquer de fond en comble", a déclaré à l'AFP une source proche de l'enquête.

Le transfert d'André-Pierre Gignac de Toulouse à l'OM, négocié en 2010 par le club avec l'agent du joueur, Jean-Christophe Cano, fait notamment l'objet de toutes les attentions. Les enquêteurs s'intéressent à la répartition des commissions versées pour un montant de 18 millions d'euros en plus des primes. Si dans ce dossier, le club a toujours clamé sa bonne foi, deux juges d'instruction marseillais suspectent "d'éventuelles rétrocommissions au bénéfice du grand banditisme corse, notamment de l'équipe d'Ange-Toussaint Federici, via des intermédiaires du milieu du football", expliquait Le Parisien en janvier 2013.

A l'époque, ils avaient déjà procédé à une perquisition au centre Robert Louis-Dreyfus, le siège administratif de l'OM.  "Depuis l'ouverture de cette enquête, le club et ses dirigeants n'ont cessé de collaborer avec la justice et de contribuer à la manifestation de la vérité", assure le club.

D'autres transferts de joueurs sont-ils concernés ?

D'autres transferts sont étudiés de près, affirme RMC. Notamment celui de Souleymane Diawara, de Bordeaux à l’OM en 2009. Jean-Claude Dassier était alors président de la saison 2009-2010 mais c'est Pape Diouf qui a fait venir Diawara dès la fin de la saison 2008-2009. "Les transferts de Samir Nasri (transféré à Arsenal en 2008) et Didier Drogba (arrivé à Marseille en 2003 et parti en 2004 à Chelsea) pourraient aussi être concernés", ajoute la radio.

Selon un dirigeant de l'OM joint par RMC , les enquêteurs "fantasment". Concernant le transfert de Drogba de l'OM à Chelsea, "les flics ne comprennent pas pourquoi un transfert annoncé à 36 millions s’est terminé avec 33 millions seulement dans les caisses", déclare le dirigeant. Pour lui la réponse est simple : "Chelsea, qui n’était pas aussi solide financièrement que maintenant, a finalement décidé de nous payer en une seule fois, et du coup on leur a accordé un rabais de 3 millions". Un autre dirigeant de l'OM assure que "les contrats envoyés à la ligue sont forcément légaux".