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Foot : la saison en enfer du Stade brestois

Les Bretons, 19e, se déplacent cet après-midi à Marseille, pour la 33e journée de Ligue 1. Présidents qui s'enguirlandent, escargots frondeurs, entraîneurs éjectés... Le club est en plein tempête.

Article rédigé par Pierre Godon
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
La déception des joueurs brestois après leur défaite à Bastia (4-0), le 6 avril 2013.  (MAXPPP)

"Qu’est-ce qui se passe au Stade brestois ?" Même François Hollande se pose la question, relève Ouest France. Petit résumé à l'usage du président de la République sur la saison d'un Stade brestois qui s'est dispersé dans des combats extra-sportifs. Petit problème : le club est 19e de Ligue 1 et se déplace à Marseille, samedi 20 avril. Pas le genre de match gagné d'avance.

Le Stade brestois contre les escargots

Sauvé de justesse la saison dernière, le Stade brestois a voulu pérenniser son statut de club de L1 en bâtissant un nouveau centre de formation à Plougastel pour remplacer ses installations d'un autre âge à Pen Helen (situé dans un quartier de Brest). Las. Une espèce d'escargots protégée s'invite dans la bataille : une association, Bretagne vivante, dépose un recours et on retrouve des coquilles du gastéropode concerné sur le lieu choisi. Après de longues recherches, France 3 Bretagne a aussi déniché un spécimen. De toute façon, Bretagne vivante avait prévenu qu'en plus de l'escargot de Quimper, ils avaient sous le coude une fougère et un écureuil roux protégés pour bloquer le projet, note Le Télégramme

Résultat : "Corentin Martins, l'actuel entraîneur, retrouve les structures où il a évolué en tant que stagiaire footballeur, il y a vingt-sept ans", déplore Alain Cloastre, président du groupe de supporters Hermine 29, contacté par francetv info. Sans centre de formation digne de ce nom, le Stade brestois peut être relégué administrativement. Ce qui rappellerait de mauvais souvenirs, le club ayant déjà été relégué pour des problèmes financiers en 1991. 

Le Stade brestois contre ses présidents

En 2006, le président Michel Jestin jetait l'éponge, désavoué par le conseil d'administration. La situation est-elle en train de se reproduire ? L'actuel président, Michel Guyot, est en guerre ouverte avec l'actionnaire majoritaire, Yvon Kermarec. Par voie de presse, lors des réunions et par lettre recommandée, les menaces volent bas. Kermarec a accusé Guyot de mener le club "droit dans le mur" quand le président en exercice explique dans Ouest France que son actionnaire majoritaire lui passe un coup de téléphone "sous Lexomil" pour évoquer le cas de l'entraîneur. 

"On leur a demandé de se taire jusqu'à la fin de la saison, et ensuite de régler leurs affaires. Ce n'est pas le moment d'avoir une guerre interne", explique Alain Cloastre. Le grand déballage aura lieu le 26 mai, au lendemain de la saison, au cours d'une assemblée générale qui s'annonce explosive. La composition du conseil d'administration donne une bonne idée de la guerre de tranchées qui s'annonce : les Guyot père et fils, les Kermarec père et fils, et au milieu un "Casque bleu", Jacques Jolivet, qui possède une vingtaine de supermarchés en Bretagne.

Le Stade brestois contre ses entraîneurs

Le club a pris l'habitude de remercier ses entraîneurs avant la fin de la saison... au point que le site internet officiel ne suit plus : c'est soit Alex Dupont, remercié en avril 2012, soit Landry Chauvin, débarqué début avril, qui y sont présentés comme entraîneurs. Ce dernier avait été remplacé par le pompier de service, Corentin Martins, appelé à la rescousse en 2008, 2012 et 2013. L'opération sauvetage s'annonce coûteuse : Corentin Martins n'a pas le diplôme d'entraîneur requis par la Ligue de football professionnel. Chaque match passé sur le banc coûte donc à son club... 10 000 euros d'amende (PDF, p.98).

Le fait que Brest ait vendu ses meilleurs buteurs, Nolan Roux puis Eden Ben Basat, deux ans de suite au mercato hivernal en dit long sur la gestion sportive du club. "Si on se maintient, ça ne sera pas grâce à nous, regrette "Mèch Tuyot", qui analyse chaque match du Stade brestois sur le site spécialisé horsjeu.net. C'est parce que les autres auront été encore plus mauvais que nous, ce qui objectivement n'est pas très rassurant."

Le Stade brestois contre le reste du monde

Brest s'est aussi enguirlandé avec Pierre Ménès. Le journaliste a affirmé que le SB29 était la plus mauvaise équipe de L1 et que le maire ne devait pas porter le club dans son cœur pour le laisser jouer sur une telle pelouse. Le maire, François Cuillandre (PS), s'est fendu d'une lettre ouverte pour fustiger ce jugement "péremptoire". Et de rappeler : "J’ai fait partie du noyau de supporters qui suivait tous les matchs du Stade brestois quand l’équipe évoluait en CFA." 

L'édile ne trouve pourtant pas grâce aux yeux des supporters. A son passif, la mort du club de handball féminin, qui a mis la clé sous la porte faute d'avoir débloqué 300 000 euros alors qu'il venait de remporter le titre de champion de France, et celle du club de basket local, lui aussi rayé de la carte. "De toute façon, le maire, il n'y a que la voile qui l'intéresse", peste Alain Cloastre.

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