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Des petites phrases aux grands joueurs, le bilan de l'Euro

L'Euro 2012, c'est déjà fini. Seize équipes, trois semaines de compétition, 76 buts marqués, de belles réussites et de gros ratés... FTVi fait le bilan d'une édition historique, remportée par une Espagne sûre de sa force.

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France Télévisions
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Iker Casillas soulève le trophée de l'Euro, après la victoire 4-0 des Espagnols contre l'Italie, le 1er juillet 2012 à Kiev (Ukraine). (GIUSEPPE CACACE / AFP)

L'Euro 2012, c'est déjà fini. Seize équipes, trois semaines de compétition, 76 buts marqués, de belles réussites et de gros ratés... FTVi fait le bilan d'une édition historique, remportée par une Espagne sûre de sa force.

• Nos coups de cœur

Le catenaccio, ce style ultradéfensif caractéristique de l'Italie, est la grande victime de cet Euro. Sous la houlette de son sélectionneur Cesare Prandelli, la Squadra Azzurra a développé un football offensif et enthousiasmant, devenant l'équipe la plus agréable à regarder de la compétition. 

Placés dans le groupe des deux finalistes, les Croates n'ont pas démérité. Emmenés par un très bon Lukas Modric, ils ont su tenir tête au finaliste italien (1-1) et auraient pu éliminer l'Espagne sans un très grand Iker Casillas dans les cages ibériques. Et si le groupe de la mort n'était pas celui que l'on imaginait ?

C'était sans doute leur dernier Euro. D'Andrea Pirlo à Andrei Chevtchenko en passant par Giorgio Karagounis, Olof Mellberg et Gianluigi Buffon, les papys ont fait de la résistance tout au long de la compétition. Le meneur de jeu de la Juventus a été l'un des meilleurs joueurs du tournoi.

Peu de supporters continueraient à encourager une équipe menée quatre buts à zéro. Les Irlandais se sont pourtant fait remarquer en entonnant The Fields of Athenry le 15 juin à la fin du match Espagne-Irlande (4-0). Conquise, l'UEFA a décidé de leur attribuer un prix spécial.

On n'a pas aimé

Abandonné par l'Italie, le catenaccio a retrouvé une seconde jeunesse en début de tournoi grâce à l'Espagne. Handicapée il est vrai par la blessure de David Villa et la méforme de Fernando Torres, la Roja s'est illustrée par sa frilosité offensive, avant de se lâcher en finale. Contre la Croatie, la France et le Portugal, les joueurs de Vicente Del Bosque se sont d'abord servis de leur impressionnante possession de balle pour défendre plutôt que pour attaquer.

Cris de singe, jets de bananes... Si la Croatie a fait bonne figure sur le terrain, ses supporters se sont malheureusement livrés à des provocations racistes contre l'avant-centre italien Mario Balotelli. Leurs homologues russes se sont également distingués par leur violence, physique comme symbolique avec ce drapeau à caractère nationaliste lors du match Pologne-Russie.

Les supporters russes déploient un drapeau géant dans les tribunes du stade de Varsovie (Pologne), le 12 juin 2012. (JANEK SKARZYNSKI / AFP)

Quant aux autres supporters, Français en tête, ils se sont surtout fait remarquer par leur absence. A l'image d'un Espagne-France marqué par un silence pesant, cet Euro 2012 a parfois manqué de ferveur et de passion dans les tribunes.

• Les plus gros accidents industriels

Favorites ou outsiders au début de la compétition, ces trois équipes sont passées à côté de la compétition. Vice-champions du monde en titre, les Pays-Bas terminent bons derniers de leur groupe avec zéro point. Placés dans un groupe relevé (Allemagne, Portugal et Danemark), les coéquipiers de Robin Van Persie étaient loin de leur niveau de 2010.

Partis sur les chapeaux de roue avec une victoire quatre buts à un contre la République tchèque, les Russes se sont écroulés au fur et à mesure du tournoi, avec un match nul contre la Pologne (1-1), puis une défaite contre la Grèce (1-0). Une élimination surprise qui n'a pas du tout plu au Kremlin : le président de la fédération russe de football a démissionné à l'issue d'un entretien avec Vladimir Poutine.

Enfin, l'équipe de France, invincible depuis 21 matchs avant le début de l'Euro, quitte l'Ukraine avec deux défaites cinglantes dans ses valises, contre la Suède (2-0) puis l'Espagne (2-0). Si les hommes de Laurent Blanc ont atteint l'objectif avec une qualification en quart, l'élimination sans gloire contre l'Espagne et leur comportement  ont déçu.

• Ceux qui se sont loupés

Ils étaient attendus au tournant, ils n'ont pas réussi leur Euro. Peu à l'aise seul à la pointe de l'attaque, Karim Benzema n'a pas marqué pour son premier grand tournoi disputé avec l'équipe de France. Malgré deux passes décisives contre l'Ukraine, le tricolore a joué loin du but et n'a pas su combiner avec Franck Ribéry. Un Euro à oublier pour le Madrilène.

Sur le papier, les Pays-Bas sont une équipe redoutable. Sur le terrain, les querelles d'ego ont généralement raison de la pléiade de stars néerlandaises. Cette Euro ne déroge pas à la règle. Van Persie, Robben, Sneijder et consorts ont évolué loin de leur meilleur niveau.

C'était leur Euro, ils n'ont pas su faire bonne figure. La Pologne et l'Ukraine, co-organisatrices, ont été éliminées dès le premier tour de la compétition. La première, pourtant placée dans un groupe ouvert (Russie, Grèce, République tchèque), n'a pas gagné le moindre match. La seconde a débuté la compétition par une victoire encourageante (2-1) contre la Suède, avant de perdre contre la France puis l'Angleterre. Et les pays organisateurs ne pourront même pas se consoler avec leurs mascottes. Slavek et Slavko ont été boudés par les supporters.

• Toujours placés, jamais gagnants

Qualifiée pour la quatrième fois d'affilée en demi-finale d'un tournoi majeur, l'Allemagne a échoué une nouvelle fois à conquérir le titre. En poste depuis 2006, Joachim Löw, son sélectionneur, est une star dans son pays pour avoir donné à la Mannschaft un jeu séduisant. Mais son maigre bilan pourrait finir par lui être fatal dans un pays qui n'a pas gagné le moindre titre depuis l'Euro 1996.

En 2004, le Portugal avait manqué une occasion en or, défait en finale de son Euro par une surprenante équipe grecque. Depuis, la génération de Cristiano Ronaldo et Nani n'a jamais réussi à se hisser en finale d'un grand tournoi. Le Madrilène, qui a tout gagné en club, pourrait bien terminer sa carrière sans le moindre titre en sélection.

• Les coiffures de l'Euro

Raul Meireles avait déclaré forfait. Avant le début de la compétition, le Portugais de Chelsea s'est rasé le crâne, s'éliminant de lui-même du concours des meilleures coiffures de l'Euro. C'est donc la crête de Mario Balotelli (qui existe aussi en casquette) et les cheveux plaqués de Cristiano Ronaldo qui se partagent ce prix.

Mario Balotelli, la crête de l'Euro. (PAVEL ULATOWSKI / REUTERS)

Cristiano Ronaldo, le 21 juin 2012 à Varsovie (Pologne). (GABRIEL BOUYS / AFP)

• Les accessoires de l'Euro

Sélectionneur le moins expérimenté de l'Euro (il a été nommé le 1er mai), le Britannique Roy Hodgson peut se targuer d'être le seul à avoir eu droit à sa statue. Erigé avant le match contre la France par le site de paris Paddy Power, le monument devait redonner espoir aux supporters anglais.

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C'est de Paddy Power également que nous vient le caleçon le plus cher de la compétition. Pour célébrer son but contre le Portugal, Nicklas Bendtner a exhibé une publicité clandestine pour le site de paris sur son sous-vêtement. La commission disciplinaire de l'UEFA a vu rouge : le Danois a écopé de 100 000 euros d'amende et d'un match de suspension.

Nicklas Bendtner célèbre son but contre le Portugal, le 13 juin à Lviv (Pologne) (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Sur le cou de Gianluigi Buffon ou dans le dos de Mario Balotelli, elles ne sont pas passées inaperçues. Ces bandes bleues, pour lesquelles le site So Foot s'est amusé à imaginer différents usages, sont en fait destinées à prévenir toute déchirure musculaire.

Mario Balotelli et ses fameuses bandes bleues. (CHRISTOF STACHE / AFP)

C'est la révélation française de la compétition. Les cryovestes, développées par une société française, ont permis aux Bleus de s'entraîner dans la chaleur de Donetsk (Ukraine), leur camp de base. Déjà utilisés lors des JO de 2008, ces gilets pare-balles remplis de glace permettent d'abaisser la température du corps et de mieux récupérer.

Adil Rami, Philippe Mexès, Karim Benzema et leurs cryo-vestes. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

• Les phrases de l'Euro

- "Sur ma première occasion [peu avant le but danois], au lieu de tirer directement moi-même, je cherche à trouver un équipier [Afellay]. J'aurais dû tenter ma chance seul." Réputé pour son manque d'altruisme, Arjen Robben a offert à ses détracteurs une nouvelle raison de se moquer de lui. Après la défaite surprise des Pays-Bas contre le Danemark (1-0) le 9 juin, l'ailier hollandais a regretté d'avoir joué trop collectif.

- "S'il y a des 'pédés' c'est leur problème, j'espère qu'il n'y en a pas dans l'équipe nationale. Mais s'ils sont 'pédés' c'est leur affaire. Y en a-t-il ? Je ne sais pas." Antonio Cassano, questionné le 13 juin sur le livre d'un journaliste italien révélant la présence de deux homosexuels dans l'équipe d'Italie.

- "Vous savez qu'entre Angela Merkel et nous, il y a une très bonne relation. On s'est fixé une règle, elle n'essaye pas d'influencer ma composition d'équipe et mes orientations tactiques et moi, je ne me mêle pas des décisions politiques." Joachim Löw plaisante sur sa relation avec Angela Merkel, le 19 juin, avant le quart de finale contre la Grèce. La chancelière allemande, qui a assisté au match, a été la personnalité politique la plus présente lors de cet Euro, comme nous l'expliquions dans cet article.

- "Les attentes de qui ? Les vôtres ou les nôtres ? Si nous n'avons pas comblé vos attentes, alors franchement, c'est votre problème." L'élimination de la Russie au premier tour n'empêche pas Andrei Archavine de dormir. L'attaquant russe s'en est ouvert de manière brutale le 19 juin devant quelques supporters rassemblés dans le lobby de l'hôtel de la sélection russe. Filmée par un téléphone portable, la scène a fait scandale en Russie, rapporte La Tribune de Genève.

- "J'ai marqué deux buts devant ma mère, je voudrais en marquer quatre devant mon père à Kiev pour la finale ! Mon meilleur moment, ç'a été quand j'ai embrassé ma mère après le match." Fantasque et dissipé, Mario Balotelli est toujours, à 21 ans, le petit garçon de sa maman, comme il l'a prouvé après son énorme match contre l'Allemagne le 28 juin.

Prix spécial du jury: Samir Nasri. Vent debout contre les journalistes pendant toute la compétition, le milieu de terrain français s'est fait d'avantage remarquer par son langage fleuri que par son activité sur le terrain.

Les gifs de l'Euro

Le "Chevtchenko kid". Il n'était pas né lorsqu'Andrei Chevtchenko a remporté le ballon d'or en 2004. Mais Timur Shamanov, 6 ans, aura vu son idole inscrire un doublé à l'Euro, le 11 juin contre la Suède. La réaction de l'enfant, captée par les caméras de la télévision ukrainienne, l'a propulsé au rang des célébrités de la compétition. Devenu le visage de la victoire, il rencontrera Chevtchenko les jours suivants, comme le raconte Euronews.

Le Chevtchenko kid (WHOATEALLTHEPIES.TV)

Glen Johnson loupe la photo officielle. Le 11 juin, à Donetsk, le défenseur britannique était visiblement pressé d'en découdre avec l'équipe de France. Les hymnes terminés, Glen Johnson oublie de poser pour la photo officielle et part se placer. 

Glen Johnson, visiblement pressé de débuter le match contre la France, le 11 juin à Donetsk (Ukraine). (WHOATEALLTHEPIES.TV)

Résultat, les Anglais ne sont que dix sur le cliché.

Mais où est Glen Johnson ? (ALEXANDR MYSYAKIN / AFP)

Florent Malouda, la défense en marchant. Symbole de la défaite de l'équipe de France contre l'Espagne (2-0), ce gif a fait le tour d'internet après le quart de finale. Le milieu de terrain tricolore, Florent Malouda en tête, laisse Xabi Alonso filer vers le but d'Hugo Lloris.

Florent Malouda laisse filer Xabi Alonso dans son dos, le 23 juin à Donetsk (Ukraine). (GOLEM13.FR)

Ronaldo dégoûté. Il avait prévu de tirer le cinquième tir au but du Portugal. Mais les Espagnols et Cesc Fabregas ne lui en ont pas laissé le temps. CR7 quitte donc la compétition par la petite porte. "Injustiça", comme on dit du côté de Madère.

 
Ronaldo crie à l'injustice après la défaite du Portugal, le 26 juin à Donetsk (Ukraine). (WHOATEALLTHEPIES.TV)

Super Mario. Il y avait deux Mario sur la pelouse du stade de Varsovie le 28 juin pour le match Allemagne-Italie. Logiquement, c'est le compatriote du plus célèbre des plombiers qui s'est illustré : l'Italien Balotelli a inscrit un doublé. Mario Gomez n'a rien pu faire.

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