Corruption à la Fifa : comment les pays pointés du doigt se défendent

Mis en cause ou pointés du doigt dans le scandale de la Fifa, plusieurs pays ont tenté de dissiper les soupçons.

Le responsable de l\'organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar, Hassan Al-Thawadi (à gauche), et le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke, le 25 février 2015.
Le responsable de l'organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar, Hassan Al-Thawadi (à gauche), et le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke, le 25 février 2015. (KARIM JAAFAR / AFP)

Ils sont en première ligne dans les deux affaires de corruption présumée à la Fédération internationale de football (Fifa). Depuis le coup de filet de Zurich (Suisse) et l'officialisation d'une enquête sur l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022, mercredi 29 mai, les pays soupçonnés de malversation, comme le Qatar ou la Russie, ont répondu officiellement aux critiques.

Francetv info détaille leurs axes de défense.

Le Qatar assure avoir respecté les "plus hauts standards éthiques"

Dans sa première réaction officielle depuis mercredi, le Qatar a assuré, vendredi, avoir respecté les "plus hauts standards éthiques" pour obtenir l'organisation du Mondial 2022. "Nous tenons à rappeler que nous avons entièrement respecté les enquêtes ouvertes sur le processus d'appel d'offres 2018-2022 et nous allons continuer de le faire", précise le comité organisateur qatari. "Notre objectif en recevant le mondial est d'utiliser le pouvoir positif du sport pour rassembler les gens et démontrer au monde la passion de notre région pour le football", ajoute le communiqué.

L'ancien président sud-africain n'est "pas au courant" 

L'Afrique du Sud, accusée par la justice américaine d'avoir versé des pots-de-vin pour obtenir la Coupe du monde 2010, a réagi vendredi par la voix de son ancien président. "Je ne suis pas au courant que des personnes aient sollicité un pot-de-vin du gouvernement de notre pays pour attribuer la Coupe du monde", a déclaré Thabo Mbeki, ajoutant que "l'argent public n'a jamais été utilisé pour payer un pot-de-vin".

Mbeki était président quand l'Afrique du Sud s'est vu attribuer, en 2004, la Coupe du monde 2010, devenant ainsi le premier pays africain à accueillir l'événement. Il a précisé que son gouvernement n'aurait "jamais versé de pot-de-vin, même s'il avait été sollicité". La veille, le ministre sud-africain des Sports, Fikile Mbalula, avait rejeté les allégations de corruption, critiquant les Etats-Unis qui ont agi sans consulter l'Afrique du Sud.

La Russie dénonce "une tentative évidente des Etats-Unis d'étendre leur juridiction"

En Russie, qui doit organiser la Coupe du monde en 2018, le président Vladimir Poutine a choisi de s'en prendre aux Américains. Selon lui, l'affaire en cours est "une tentative évidente d'empêcher la réélection de monsieur Blatter au poste de président de la Fifa, ce qui constitue une très grossière violation des règles de fonctionnement des organisations internationales".

Le président russe, dont les relations avec Washington sont plombées par le conflit en Ukraine qui a débuté en avril 2014, a également mis en cause la légitimité de l'action en justice américaine dans une affaire qui ne se joue pas aux Etats-Unis et où les accusés ne sont pas américains.

"Tout cela est pour le moins étrange, a estimé le président russe. Je ne sais pas si l'un d'entre eux a violé une loi, mais en tout cas, les Etats-Unis n'ont aucun lien avec tout ça. Ces fonctionnaires ne sont pas des citoyens américains, et si quelque chose s'est produit, cela ne s'est pas produit sur le territoire des Etats-Unis et les Etats-Unis n'ont rien à voir avec tout ça", a critiqué Vladimir Poutine, oubliant au passage que le siège de la Concacaf, la confédération de la Fifa au cœur du scandale, se trouve aux Etats-Unis. "C'est une nouvelle tentative évidente (des Etats-Unis) d'étendre sa juridiction à d'autres États", a estimé le président russe.