Ligue des champions : Thiago Silva, la revanche plutôt que la retraite

Laissé libre par Paris à l'été 2020, le défenseur brésilien de 36 ans savoure une deuxième finale européenne d'affilée.

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France Télévisions
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Thiago Silva (Chelsea) (JAVIER SORIANO / AFP)

L'image était aussi belle que symbolique. Après la victoire de Chelsea contre le Real Madrid en demi-finale de Ligue des champions, mercredi 5 mai, Thomas Tuchel a savouré sur la pelouse avec ses joueurs. De Mason Mount à Olivier Giroud, des titulaires aux remplaçants, tous ont eu leur accolade avec le technicien allemand. Puis est arrivé Thiago Silva, pour une longue étreinte. Avec son coach, le Brésilien partage un départ douloureux du PSG. Parti libre à l'été 2020, on annonçait le défenseur bon pour la retraite. Lui a fait le choix de continuer à Chelsea. Moins d'un an après, le pari est déjà réussi. 

"C'était triste pour moi"

Après la rencontre, Thiago Silva s'est montré beau joueur, mais n'a pas caché une certaine amertume. "Ce n’est pas une revanche, le club a fait son choix, a-t-il expliqué au micro de RMC Sport. De me laisser partir, de dégager (sic) Tuchel aussi. C’est difficile à expliquer, ils ont fait ces choix. C’était triste pour moi." Après huit ans et plus de 300 matchs au PSG, le Brésilien se voyait finir à Paris. Mais la prolongation attendue n'est jamais arrivée. "Leonardo m'a appelé et il m'a dit que je ne faisais pas partie du projet et que je pouvais partir, racontait-il à Canal+ en décembre. Ce qui me rend triste, c'est qu'après huit années passées là-bas, je suis jugé sur trois matchs. Tout ce que j'ai fait avant, ça ne sert à rien. Pour moi, c'est triste de prendre une décision comme ça, mais c'est le foot, c'est comme ça"

A son arrivée, Thiago Silva s'est rapidement imposé comme indispensable dans la défense de Frank Lampard. Au bout de deux mois, le Brésilien, leader sur le terrain et en-dehors, est même devenu le capitaine remplaçant du club derrière Cesar Azpilicueta, au club depuis 2012. Et ce malgré quelques pépins physiques (une quinzaine de matchs manqués, pour 30 disputés)."A la base de cette équipe, il y a Thiago Silva, jugeait la légende de Manchester Rio Ferdinand en décembre sur sa chaîne Youtube. Il est arrivé, a montré son expérience, celle des grands matchs à travers le monde et quand cela ne va pas, qu'ils sont menés, les autres se tournent vers lui pour être inspirés.

"Beaucoup de confiance" avec Tuchel

Arrivé fin janvier, Thomas Tuchel n'a pas remis en cause le statut de Silva, au contraire. "Il a été mon capitaine à Paris, chaque jour un capitaine extraordinaire. On a une relation avec beaucoup de confiance, très professionnelle, a-t-il souligné à RMC Sport mercredi soir. C’est un gars extraordinaire, avec du caractère. Il a été formidable en deuxième mi-temps. Il a beaucoup de plaisir. Il a été très fort, et pour ça je suis très heureux." Le passage de l'Allemand a une défense à trois a également été bénéfique à Silva. Encadré par les marathoniens Antonio Rüdiger et Andreas Christensen, ce dispositif demande moins d'efforts physiques au Brésilien de 36 ans. 

Thiago Silva et Thomas Tuchel (NEIL HALL / POOL)

Dans ce rebond réussi à Chelsea, Thiago Silva y voit la récompense de son travail pour rester au plus haut niveau depuis plus de dix ans. Et une réponse à ceux qui le voyaient fini. "Tout ce que j’ai fait dans ma carrière, dans ma vie personnelle, c’est toujours me préparer pour être à haut niveau, a-t-il expliqué.  Dès que Chelsea a commencé à parler de mon nom, je me suis dit "Je vais là-bas pour continuer à jouer à haut niveau." C’est spécial pour moi. Les gens ne croient pas qu’à 35, 36 ans, on peut bien jouer. Je suis content de ça, je me prépare toujours." Et des sacrifices liés à cette ambition. "Merci à ma femme et mes enfants qui comprennent, a-t-il poursuivi. Quand je rentre d'un match, je fais la récupération chez moi pour être bien le lendemain. C'est difficile pour eux mais ils comprennent."

D'absent récurrent du dernier carré à double finaliste

Plus qu'avec le PSG, la vraie revanche est sans doute sur son histoire personnelle avec la Ligue des champions. "C’est spécial surtout parce que jusqu’à 35 ans, je n’avais pas disputé de demi-finale, a-t-il souligné, sourire aux lèvres. Et là je fais deux finales." Le maudit du dernier carré se voit offrir une deuxième opportunité, inespérée l'été dernier, d'enfin ajouter le titre européen à son riche palmarès (une Copa America, deux médailles olympiques, une Serie A, sept Ligue 1, entre autres). "C’est spécial, mais on n’a rien gagné, a-t-il précisé en conclusion. On est conscient de cela."

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