Arsenal, un déclin inéluctable et l'Europe qui s'éloigne

Eliminé en demi-finale de Ligue Europa jeudi soir, le club londonien ne disputera pas de compétition européenne l'an prochain, à moins d'un miracle. Une première depuis 25 ans.

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France Télévisions
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Hector Bellerin (Arsenal) (ADRIAN DENNIS / AFP)

Arsenal ne voit pas le bout du tunnel. En s'inclinant contre Villarreal, jeudi 6 mai, en demi-finale de Ligue Europa (0-0 après la défaite 2-1 à l'aller), le club londonien n'a pas seulement vu un potentiel titre européen s'échapper. Il a également dit adieu à une chance de se qualifier pour la Ligue des champions. Loin du compte en championnat, les Gunners pourraient connaître leur première saison sans compétition européenne depuis 25 ans. 

Le Big 4 de plus en plus loin 

Terminer dans les places européennes relèverait d'un petit exploit pour Arsenal, à quatre journées de la fin de la Premier League. Neuvièmes avec 49 points, les Gunners pointent à cinq longueurs de Liverpool, dernier qualifié européen et qui compte un match de moins. Tout comme Everton (8e, 52 points) et Aston Villa (10e, 48 points), qui doivent s'affronter jeudi prochain. Même en cas de sprint final réussi, Arsenal ne dépassera pas la 7e place. Dans une année particulièrement difficile pour Liverpool et Tottenham, Arsenal n'a pas saisi sa chance, la laissant à Leicester (3e), West Ham (5e) et Everton.

Présent dans le Top 4 sans interruption de 1996 à 2016, le club londonien a depuis enchaîné deux 5es place (2017 et 2019), une 6e place (2018) et une 8e place (2020). Des difficultés en championnat que n'effacent pas de bons résultats en coupes, avec deux Coupes d'Angleterre (FA Cup) remportées (2017, 2020) et une finale de Ligue Europa (2019). Cette saison, leur parcours s'est arrêté dès le 4e tour de FA Cup face à Southampton et en quarts de Coupe de la Ligue contre Manchester City. Pour la première fois depuis 2016, Arsenal ne disputera aucune finale cette saison. 

Arteta, le Messie peine à convaincre

Et les motifs d'espoirs sont faibles pour les Gunners. Arrivé fin 2019 sur le banc après le licenciement d'Unai Emery, Mikel Arteta était attendu comme le sauveur. Ancien protégé d'Arsène Wenger, ex-capitaine du club, l'Espagnol sortait de trois ans d'apprentissage du métier aux côtés de Pep Guardiola. Avec lui, la promesse d'un retour à un jeu plus spectaculaire, longtemps indissociable des Gunners, reprenait corps. Mais, malgré la victoire en FA Cup, Arteta peine à convaincre. Et surtout à donner une identité de jeu affirmée à son équipe. Du côté des transferts, les investissements parfois lourds (80 millions pour Nicolas Pépé, 50 millions sur Thomas Partey, 25 millions pour Gabriel, ...) n'ont pas eu l'impact espéré. 

"Il n'a pas foi et confiance en ses joueurs, a jugé l'ancien Mancunien Rio Ferdinand sur sa chaîne Youtube. Il ne peut pas leur faire confiance, parce qu'il ne sait pas ce qui va se passer ensuite. Il pourrait faire la meilleure causerie de sa vie, ils feront ce qu'ils veulent sur le terrain." La rencontre face à Unai Emery, désormais à la tête de Villarreal, revêtait ainsi une valeur symbolique. "Son inexpérience lui a peut-être coûté, a souligné l'ancien Gunner Martin Keown sur BT Sport. J'ai l'impression que l'Europa League était sa bouée de sauvetage, et les joueurs n'ont pas répondu présent. Il a été dominé tactiquement par son prédécesseur, c'est embarassant.

Le putsch raté de la Super Ligue

Face au marasme, les dirigeants d'Arsenal ont tenté le coup de poker. La Ligue des champions inaccessible, la Super League avait des allures de miracle pour le club londonien. Un retour soudain au sommet, avec l'extraordinaire manne financière associée, sans aucune base sportive. Mais le bluff a été démasqué par l'UEFA, laissant les Gunners face à une nouvelle crise. 

Un supporter d'Arsenal demande le départ du propriétaire Stan Kroenke, devant l'Emirates Stadium (MI NEWS / NURPHOTO)

La tâche était difficile, mais le propriétaire américain Stan Kroenke a réussi à baisser encore un peu plus sa cote auprès des supporters. La contestation était déjà régulière, après des années de hausse des prix des billets à l'Emirates, elle s'est intensifiée après ce nouveau camouflet. Les déclarations publiques de Daniel Ek, milliardaire suédois fondateur de la plateforme de streaming musical Spotify candidat au rachat du club, l'ont également alimentée. Face à la crise, la direction s'est contentée d'un communiqué : "Nous n'avons reçu aucune offre et nous n'accepterons aucune offre."  Pas sûr que cela éteigne l'incendie. 

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