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Euro 2013 : le basket féminin français n'a pas le droit à l'erreur

Les "Braqueuses" menées par Céline Dumerc sont attendues au tournant lors de cet Euro qui se déroule en France. La compétition débute samedi. 

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France Télévisions
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Les joueuses de l'équipe de France de basket, après leur victoire sur l'Australie aux JO de Londres, le 30 juillet 2012.  (ERIC GAY / SIPA / AP)

L'Euro de basket féminin, ça commence dès samedi 15 juin, avec le match Lettonie-France. Oubliez toutes vos idées reçues sur les compétitions internationales : l'Euro se déroule dans des villes hexagonales improbables, les Françaises sont outrageusement favorites, mais les sponsors ne se bousculent pas. 

Un Euro à Mouilleron-le-Captif !

Quand la France a organisé l'Euro en 2001, la compétition s'est déroulée dans des villes moyennes où évolue une équipe de basket... masculine, comme Gravelines Nord), Le Mans (Sarthe) et Orléans (Loiret). Cette année, la Fédération française de basket a choisi un retour dans l'ouest et le nord de la France, dans des villes beaucoup plus modestes – notamment Mouilleron-le-Captif (Vendée), Orchies (Nord) ou Trélazé (Maine-et-Loire) –, mais situées sur des terres historiques du basket féminin, premier sport collectif féminin français. Une compétition tout sauf pharaonique : aucune salle ne peut accueillir plus de 5 000 spectateurs. "Lors du précédent Euro en Pologne, la finale s'est déroulée devant des tribunes vides, remarque Gabriel Pantel-Jouve, qui gère le site spécialisé Catch&Shoot, contacté par francetv info. Si on avait organisé cet Euro à Montpellier, la deuxième salle de France, mais qui n'est pas un fief du basket féminin, ça aurait fait un bide total."

Raison budgétaires – un Euro féminin coûte 6 millions d'euros à organiser, contre... 35 millions chez les hommes –, mais pas seulement. Quand la France obtient l'organisation de l'évènement, en décembre 2010, les "Braqueuses" (le surnom qu'elles se sont données en 2009 après plusieurs remontées fantastiques) n'existent pas encore médiatiquement. "Quand on a organisé l'appel à candidatures, au deuxième semestre 2010, on n'a pas eu de grandes villes candidates, et aucune en région parisienne", rappelle Jean-Pierre Siutat, président de la Fédération française de basket, interrogé par francetv info

Pour une fois, la France est favorite

Championnes d'Europe en 2009, médaillées de bronze en 2011, vice-championnes olympiques en 2012, les Bleues font figure de favorites avant le début de la compétition. Plusieurs joueuses, comme Céline Dumerc et Sandrine Gruda, figurent parmi les toutes meilleures basketteuses du monde. Sur les 12 joueuses de l'aventure olympique, sept sont toujours dans l'équipe, renforcées par cinq joueuses plus jeunes. La plupart d'entre elles ont réalisé une très belle saison en club. Bref, tous les voyants sont au vert. "Si la France n'atteint pas les demi-finales, ce sera un énorme échec", reconnaît Gabriel Pantel-Jouve. Jean-Pierre Siutat confirme : "je vous mentirais si je vous disais qu'on se satisferait d'une 4e place. L'objectif est de gagner."

Le plafond de verre du basket féminin

Sacrée en 2001, l'équipe de France féminine n'avait dû sa (légère) exposition médiatique qu'à la présence en tribunes de Lionel Jospin, à l'époque premier ministre et toujours fan de basket. Quelques jours seulement après les attentats du 11-Septembre et l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, il avait pu trouver le temps de se libérer pour voir le match : "j'avais promis de venir aux filles de l'équipe de France si elles étaient en finale. Malgré ce contexte terrible, j'ai voulu tenir ma promesse", expliquait-il au JT de France 2.

Même l'épopée olympique des Braqueuses n'a pas permis au basket féminin français de décoller. Résultat : votre mère ne connaît probablement toujours pas Céline Dumerc. "C'est dommage, car avec le concept de 'Braqueuses', il y avait une histoire à raconter, regrette Gilles Dumas, directeur de SportLabgroup, contacté par francetv info. Le double problème du basket féminin, c'est que le basket est un sport mineur en France, et que le sport est fondamentalement misogyne. Le public s'enthousiasme sur une finale aux JO, un moment de forte médiatisation pour les sports mineurs, mais sa capacité d'oubli est très forte." 

Pour preuve, la fédération a trouvé à la dernière minute un sponsor maillot pour les coéquipières de Céline Dumerc, mais pas de partenaire pour l'évènement. "Seul 1% du chiffre d'affaires du sponsoring du sport va à la compétition féminine, peste Jean-Pierre Siutat. Et ce, alors que la France a toutes les cartes en main pour remporter l'Euro à la maison.

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