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Des barrages mal barrés

Sauf revirement le 20 mai prochain lors de l’AG de la LFP, les clubs de l’AC Ajaccio, Troyes, Clermont (Ligue 2) et, à l’étage d’en-dessous, Boulogne-sur-Mer (National) devraient être les grands perdants des décisions concernant le format des prochains championnats de Ligue 1 et Ligue 2. Mais ces barragistes oubliés font de la résistance.
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France Télévisions
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Des barrages placés sous haute tension, on commençait à y s’y habituer depuis que la LFP a décidé de remettre au goût du jour cette formule de « play-offs » (disparue depuis 1993) voilà deux saisons. Les incidents survenus lors du match entre l’AC Ajaccio et Le Havre il y a deux ans sont toujours dans les esprits. Trop d’enjeux, trop de stress dans le temps additionnel d’une fin de saison déjà crispante... Ironie de l’histoire, c’est désormais la probable suppression de ces barrages cette année qui ravive les tensions et les critiques. 

Priorité au "descendant"

Ces dernières semaines, crise sanitaire oblige, on a plus entendu parler des gestes-barrières que des gestes en faveur des barrages. Quand la LFP a acté l’arrêt définitif des saisons de Ligue 1 et Ligue 2 le 29 avril dernier, le mot « barrages » n’a d’ailleurs même pas été prononcé ni mentionné, laissant la porte ouverte à toutes les spéculations possibles.

« Je crains fort que la place de 3e soit celle du cocu » avait prévenu la veille sur un réseau social l’ancien président de l’AC Ajaccio Alain Orsoni, juste après l’annonce du «Havrais » (selon ses dires), le Premier ministre Edouard Philippe, devant l’Assemblée Nationale qui a tout déclenché. Le dirigeant corse, toujours président de la holding propriétaire de l’ACA oubliait en passant ses collègues de Troyes (4e) et Clermont (5e), eux aussi concernés en théorie par la nouvelle formule des barrages...

Dans la foulée de la décision de la LFP, et alors qu’aucune annonce relative aux barrages n’avait été faite, le Nîmes Olympique, par la voix de son entraîneur Bernard Blaquart, poussait un grand ouf de soulagement, s’estimant, de facto, maintenu en Ligue 1. « Il va certainement y avoir des réunions très houleuses dans les semaines à venir », confiait le technicien gardois à nos confrères de la Provence. « Je ne vois pas comment il pourrait y avoir un barrage, étant donné que la saison est terminée, c’est impossible. On ne va pas s’entraîner juste pour disputer un barrage! »

Si la confiance semble de mise côté nîmois, c’est aussi parce qu’à la différence du code de la route, le règlement de la LFP a toujours privilégié le « descendant » au « montant », quand il y a un litige ou une décision importante à prendre. On le voit dans les cas de dépôts de bilan ou de liquidations judiciaires de clubs: le «repêché» prime systématiquement sur le «promu » de l’étage d’en-dessous.

L’AC Ajaccio, Troyes et Clermont aimeraient bien que les choses changent cette année. D’après Le Parisien, le club auvergnat aurait, à l’instar de Lyon et Amiens, déjà écrit à la LFP pour demander des précisions sur l’arrêt définitif des championnats. « On parle de faire jouer les finales de Coupe de France et de Coupe de la Ligue, et on n’aurait pas le temps d’organiser des barrages? », ironise Pascal Gastien, l’entraîneur de Clermont. Les clubs de Ligue 2 concernés auraient même fait une proposition concrète à la Ligue: réunir les barragistes dans un même lieu pendant dix jours à huis-clos pour disputer ces play-offs. Mais ce projet a peu de chances d’aboutir... Car il faudrait obtenir l’assentiment d’au moins six clubs de Ligue 1 lors d’un vote le 20 mai.

Boulogne parti pour rester en National

« Les barrages auront lieu! » martelait Reinold Delattre sur notre site le 25 avril dernier. Ces derniers jours ont fortement ébranlé les certitudes du président boulonnais dont le club, 3e de National, aurait dû, en principe, affronter le 18e de Ligue 2, Niort, en barrage. Côté niortais justement, on s’est fait extrêmement discret ces dernières semaines mais en privé, les dirigeants ne se seraient pas montrés très inquiets concernant la décision finale de la LFP qui devrait conforter le club deux-sévrien en Ligue 2 au moins une saison supplémentaire.

Interrogé il y a quelques semaines par Raymond Domenech sur le site de l’UNECATEF (syndicat des entraîneurs), le coach des Chamois Franck Passi envisageait même déjà cette issue comme un « petit cadeau du Dieu du football», soulagé à l’idée de s’épargner une double-confrontation risquée pour l’avenir du club en Ligue 2.

Sentant visiblement le coup de grâce fédéral venir, l’US Boulogne Côte d’Opale publiait le 5 mai dernier un communiqué revendiquant une place dans l’antichambre de l’élite « au même titre que le 18e de Ligue 2 et plus encore que le 19e et le 20e », considérant le « passage de la Ligue 2 à 22 clubs pour la saison 2020-2021 comme une solution pour maintenir l’équité sportive entre les deux barragistes. » Mais ce format ne devrait pas être celui retenu par la LFP le 20 mai prochain. Réunie en comité exécutif ce mardi 12 mai, la Fédération Française de Football se serait d’ores et déjà prononcée pour seulement deux montées de National en Ligue 2 cette saison. Oubliant les barrages et oubliant Boulogne qui pourrait intenter un recours.

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