"Une consécration", "du bonheur"... Les éloges du monde du cyclisme après le sacre de Julian Alaphilippe aux Mondiaux

"C’est le rêve de ma carrière", a-t-il confié, en larmes. Un sacre salué par d'anciens coureurs cyclistes et les professionnels.

Le Français Julian Alaphilippe ému sur le podium après avoir reçu son titre de champion du monde à Imola (Italie), le 27 septembre 2020.
Le Français Julian Alaphilippe ému sur le podium après avoir reçu son titre de champion du monde à Imola (Italie), le 27 septembre 2020. (MARCO BERTORELLO / AFP)

Le Français Julian Alaphilippe a revêtu le maillot arc-en-ciel de champion du monde de cyclisme. Après une course exceptionnelle sur le circuit italien d'Imola, Alaphilippe remporte le titre, dimanche 27 septembre.

Avant lui, le dernier Français à l'avoir gagné était Laurent Brochard, à Saint-Sébastien en 1997. "Quand on voit ce maillot avec une Marseillaise, on ne peut être que très satisfait et ça remémore plein de souvenirs", reconnaît Laurent Brochard sur franceinfo. "Julian a déjà prouvé beaucoup de choses, il a déjà porté le maillot jaune, gagné beaucoup de victoires, des classiques et tout. Mais avec le maillot arc-en-ciel, il va se rendre compte que c'est encore autre chose."

Tout le monde voudrait l'avoir et le porter.Laurent Brochard, ancien cyclisteà franceinfo

À son époque, quand Laurent Borchard a gagné son titre, "ce n'était pas forcément un objectif personnel. C'était un objectif au niveau de l'équipe de France. Après, c'est moi qui en a profité dans le final. Mais Julian, lui, c'était vraiment son objectif et il avait une équipe autour de lui."

"Ça représente du bonheur" pour Bernard Hinault

Ce titre, pour le quintuple vainqueur du Tour de France et champion du monde en 1980 Bernard Hinault, "ça représente du bonheur". "Même si l'an dernier il avait été un peu plus fatigué du fait du Tour de France, là il s'est peut-être réservé un peu plus et résultat : il a gagné et de belle manière", analyse-t-il sur franceinfo. Selon lui, Julian Alaphilippe est désormais attendu "sur presque toutes les courses où il va".

C'est la consécration de tout ce qu'il a fait avant et ce n'est pas fini.Bernard Hinault, ancien cyclisteà franceinfo

Bernard Hinault admet qu'il aurait lui-même aimé courir avec quelqu'un comme Julian Alaphilippe, "parce que c'est un attaquant, c'est quelqu'un qui ne se plaint pas, qui est là pour faire la course et c'est merveilleux". Un sentiment conforté par l'enthousiasme du public qui se dégage vis-à-vis du champion : "les gens l'apprécient énormément". Ce titre, Bernard Hinault espère même que "ça donnera peut-être envie à des jeunes de pratiquer le vélo pour être à la hauteur de Julian Alaphilippe".

"J'ai rarement vu un coureur avec autant d'émotion"

"Du bonheur" aussi pour David Lappartient, le président de l'Union cycliste internationale (UCI), qui a pu féliciter le coureur après son arrivée. "J'ai rarement vu un coureur avec autant d'émotion. Il regardait son maillot avec des yeux en se disant 'il est à moi, j'y crois pas'", raconte-t-il. Pourtant, la course était loin d'être gagnée d'avance : "Je crois que je ne me suis jamais fait autant mal qu'aujourd'hui, je crois qu'il n'a jamais eu plus de 15 secondes d'avance dans les 10 derniers kilomètres". Une belle victoire pour un coureur "attachant parce qu'il est simple, nature, spontané, il fait vibrer les gens."

C'est un vrai rayon de soleil parce que le cyclisme, comme d'autres sports, ont souffert.David Lappartient, président de l'UCIà franceinfo

Ce succès français met du baume au cœur de la planète vélo après la crise sanitaire du Covid-19. "En trois semaines, organiser un championnat du monde avec des images absolument splendides, des scénarios vraiment superbes, c'est bon pour le vélo", salue-t-il. Selon le président de l’UCI, cette crise "montre qu'on peut aussi être imaginatifs et trouver des solutions."