Tour des Flandres : Laporte, Turgis, Sénéchal, Madouas, les chances pour une victoire française

La France dispose de belles cartes à jouer sur le Tour des Flandres 2022, qui se déroule dimanche 3 avril.

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France Télévisions
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Christophe Laporte de la Jumbo-Visma lors de Gand-Wevelgem, le 27 mars 2022. (DIRK WAEM / BELGA)

En l’absence de son arc-en-ciel Julian Alaphilippe - le champion du monde fait l’impasse sur les classiques flandriennes cette année -, le cyclisme tricolore peut-il briller sur le 106e Tour des Flandres, dimanche 3 avril ? La réponse est oui. Quatre coureurs français ont les moyens de succéder à Jacky Durand, vainqueur en 1992.

1Christophe Laporte (Jumbo-Visma)

A 29 ans, le sprinteur polyvalent est dans la forme de sa vie. Après de longues années chez Cofidis pendant lesquelles il a souvent été placé sur les Classiques, sans s’imposer, Christophe Laporte a intégré l’armada Jumbo-Visma à l’intersaison. Sa mission : devenir le coéquipier de luxe de Wout Van Aert. Mais le Français fait bien mieux que ça depuis le début de saison. Et même si on le savait complet et à l’aise sur les pavés (en bon ancien VTTiste qui se respecte), le voir à un tel niveau cet hiver est inattendu.

“Il était outsider les années précédentes, comme d’autres, dans ces courses souvent survolées par les grosses équipes. Sauf que Christophe a changé de crèmerie, il court maintenant dans une équipe qui connaît très bien ces classiques, il est très bien entouré”, analyse Yoann Offredo, consultant pour France Télévisions. Un nouveau statut que le Français doit maintenant convertir en victoires.

L’ancien coureur ajoute : “Quand on voit son début de saison, on peut penser que c’est une vraie belle carte tricolore, si ce n’est un favori.” Avec une étape de Paris-Nice, et deux deuxièmes places sur Gand-Wevelgem et à l’E3 Saxo Bank Classic, tous les espoirs sont permis pour Laporte. Son leader, Wout Van Aert, forfait, Laporte aura plus que jamais les mains libres pour faire sa course.

2Anthony Turgis (TotalEnergies)

Deuxième de Milan-San Remo, premier Monument de la saison, Anthony Turgis est un habitué des places d’honneur. Il a notamment été 4e du Tour des Flandres en 2020, et 8e en 2021. Mais à 27 ans, le Francilien ne cache plus ses ambitions. Il parlait ouvertement de sa déception après sa très belle deuxième place à San Remo, et évoquait récemment auprès de RMC Sport son rêve de gagner aujourd’hui : “C'est une course de prestige, l'une des plus grosses de l'année, ça donne envie. Avec le temps, ça devient un rêve de la gagner. Le Tour des Flandres prend de la place quand on s'intéresse au vélo."

Lui aussi sur son terrain sur les pavés (2e de Kuurne-Bruxelles-Kuurne en 2020, 2e d'À travers les Flandres en 2019), Anthony Turgis bénéficie depuis l’intersaison de l’expérience de Peter Sagan pour apprendre. Et vu l’état de forme très relatif du Slovaque, il ne lui fera pas d’ombre. “Turgis a passé un cap au fil des années. C’est un coureur complet, musculeux, avec la météo peu clémente annoncée dimanche, le terrain lui sera favorable”, anticipe Yoann Offredo, “Il fait partie des guerriers qui peuvent en profiter. Je le sais parce qu’on est voisin en région parisienne et je le vois aller rouler chaque jour, peu importe la météo (rire)”. A tel point qu’Offredo voit en son voisin l’un des favoris de ce Ronde 2022 : “Il a pris confiance avec le temps, il a su développer une stratégie d’équipe.”

3Florian Sénéchal (Quick Step-Alpha Vinyl)

Enfant du Nord - il est né à Cambrai - et coureur de l’équipe belge reine des Classiques, Florian Sénéchal voit son nom revenir à chaque course pavée. A juste titre. Mais cette saison, pour sa sixième participation au Ronde van Vlaanderen (en VO), le Nordiste arrive dans une forme incertaine, entouré d’une équipe peu en réussite en ce moment et où il sera difficile de définir un leader. Et pour cause, à ses côtés courra le tenant du titre Kasper Asgreen, mais aussi des spécialistes dont Zdenek Stybar.

Neuvième l’année dernière, Sénéchal peut toutefois créer la surprise. Il en est en tout cas persuadé : "Je me sens très bien, voire même un peu mieux que l'an passé à la même période. Après, je n'ai pas pu prouver sur le vélo puisque j'ai eu un manque de chance sur les trois dernières courses et les deux dernières en Belgique”. Mais la réussite pourrait tourner. “Il vise Paris-Roubaix, donc il atteint son pic de forme, là. Comme Anthony, la météo compliquée peut lui sourire. Il a l’expérience, et surtout un mental d’acier”, assure Offredo.

"Physiquement et mentalement je me sens prêt", confirme Florian Sénéchal, qui aura sa chance ce dimanche : "On va aussi jouer ma carte. Le collectif joue en notre faveur sur les classiques. On joue la carte moi et Kasper Asgreen". Ce qui se décidera pendant la course, selon les jambes de chacun : "C’est la Classique la plus dure de la saison. Ce sont les jambes qui parlent sur le Tour des Flandres. C’est le plus fort qui gagne, tu ne peux pas jouer. Il faut juste pousser sur le guidon", prévient le Nordiste.

4Valentin Madouas (Groupama-FDJ)

Dans une équipe tricolore où la principale cartouche sur ce Tour des Flandres sera le rouleur suisse Stefan Küng, Valentin Madouas pourrait tirer son épingle du jeu en tant que co-leader. Et ce, même s’il a été touché par une voiture mercredi sur A Travers les Flandres, sans gravité : “Je n’ai pas de grosse plaie. J’étais rassuré, quand même, parce que je me suis fait peur. J’ai roulé ce matin, ça frotte un peu, mais ça va”, rassurait-il jeudi.

Quatorzième l’an passé, le Breton n’est pas le plus attendu des Bleus, mais sa régularité sur les pavés en font un bel outsider. Il vient d'ailleurs de terminer 7e de l’E3 Saxo Bank Classic, sorte de répétition générale du Ronde. “En plus il court dans une équipe encadrée par Frédéric Guesdon et Marc Madiot, des types qui savaient gagner des Classiques”, rappelle à juste titre Yoann Offredo, “Donc il a sa chance. Si les favoris se neutralisent, il fait partie de ceux qui peuvent surprendre tout le monde.”

"J’espère être dans le match, physiquement je me sens bien. Je suis à 100% de mes capacités.", se réjouit Madouas, qui apprécie ce genre de courses "où ça se décante trop, quand ça bagarre longtemps. Ça correspond bien à mes qualités." Des qualités que le Breton entend bien faire parler, lui qui sera bien entouré : "On a passé un cap dans les classiques. On arrive à être dans le final en surnombre. On peut rivaliser avec les meilleurs." Et Madouas de conclure sur une promesse : "C’est que quand on risque de perdre la course qu’on peut la gagner".

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