Tour de Turquie : Mark Cavendish, l'inattendue résurrection d'un champion

Après plusieurs années de traversée du désert, la légende britannique du Tour de France a renoué avec la victoire sur le Tour de Turquie. Et plutôt trois fois qu'une.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Mark Cavendish après sa troisième victoire d'étape sur le Tour de Turquie 2021 (MUSTAFA CIFTCI / ANADOLU AGENCY)

Le Cav' se rebiffe enfin ! Porté disparu des podiums cyclistes depuis trois ans et une victoire sur le Tour de Dubaï, Mark Cavendish s'offre depuis lundi 12 avril une cure de jouvence sur les routes du Tour de Turquie. Une victoire d'étape, puis deux, puis trois, et une résurrection pour une légende du sprint. L'homme de l'île de Man est encore loin d'une 31e victoire d'étape sur le Tour de France, mais après des années de galère, l'essentiel est ailleurs. 

Maladie, blessures et dépression

S'il faut remonter à 2018 pour retrouver une victoire de Mark Cavendish, sa traversée du désert avait commencé l'année précédente. Après une saison 2016 marquée par quatre nouvelles victoires d'étape sur le Tour et une médaille olympique sur piste, 2017 est plus difficile. Touché par le virus d'Epstein-Barr, il se fracture ensuite l'omoplate lors d'un duel trop musclé avec Peter Sagan (qui vaudra une exclusion au coureur slovaque) sur la quatrième étape de la Grande Boucle.

Cavendish enchaîne à nouveau les blessures tout au long de la saison suivante. Abu Dhabi, Tirreno-Adriatico, Milan-San Remo... De nombreux retours pour autant de nouvelles chutes. Il termine le Tour de France dès la 11e étape, hors délais de plus de 40 minutes dans l'ascension de La Rosière. Il touche le fond l'année suivante, où son équipe Dimension Data l'écarte de sa sélection pour le Tour. "J'ai le cœur brisé par cette décision", écrit Cavendish sur ses réseaux sociaux. Le Britannique est alors en pleine dépression. "Ce n'est pas seulement ma santé physique qui a été mise à mal ces deux dernières années, explique-t-il en 2020 au Times On m'a diagnostiqué une dépression clinique en août 2018. J'étais sombre. Et je suis de l'autre côté, merci." 

 

Mark Cavendish s'impose devant Peter Sagan sur la 14e étape du Tour de France 2016 (JEFF PACHOUD / AFP)

De la retraite à un retour chez Deceuninck-Quick Step

Sa tentative de rebond chez Bahrain-McLaren fait pschitt. En octobre dernier, lors de Gand-Wevelgem, Cavendish ne peut retenir ses larmes devant les caméras du média belge Sporza. "C'est peut-être la dernière course de ma carrière", lâche-t-il. Mais plutôt que de raccrocher, Cavendish décide de revenir aux sources.

En décembre, il contacte Patrick Lefevere, le patron de la toute puissante Deceuninck-Quick Step, où il a brillé entre 2013 et 2016 (44 victoires en trois saisons). "Mon cœur disait oui, mon cerveau disait non, raconte Lefevere à Cyclingnews. Après la dernière course de la saison, il est venu me voir pour me dire qu'il voulait revenir. Je lui ai dit que je n'avais pas un euro pour lui." Le Britannique se tourne alors vers l'entreprise alimentaire Lovingly Made Ingredients, qui accepte de financer son contrat. L'équipementier cycliste Specialized, déjà partenaire de l'équipe belge, se charge de son côté des éventuelles primes de course. 

Cinq mois plus tard, Mark Cavendish a donc retrouvé le goût de la victoire sur le Tour de Turquie. Certes, le plateau des sprinteurs n'est pas particulièrement prestigieux avec, outre le Britannique, le Belge Jasper Philipsen (Alpecin-Fenix) ou encore l'Allemand André Greipel (Israel Start-Up Nation) en têtes d'affiche.

Mais Cavendish s'en moque. "C'est incroyable, c'est vraiment, vraiment agréable, expliquait-il à Cyclingnews après sa première victoire lundi. Je ne me lasse jamais de cette sensation. La Turquie, ce n'est pas le Tour de France, mais battre Jasper (Philipsen) et André (Greipel) n'est jamais facile." Lefevere aussi peut savourer. "Je suis naturellement très heureux, explique-t-il à la RTBF. Quand je l’ai fait signer dans notre équipe l’année passée, certains se sont presque moqués de moi. Ils se sont demandé si je devenais fou. Moi, j’aime bien être un fou comme ça !" Déjà habitué à collectionner les victoires, le Wolfpack (le surnom de l'équipe belge) compte désormais une arme de plus. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.