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Tour de Lombardie : Remco Evenepoel en épouvantail pour son premier monument

Déserté par quasiment tous les meilleurs grimpeurs du peloton, engagés sur le Critérium du Dauphiné, le Tour de Lombardie va connaître une édition 2020 dans l’ombre. Mais il pourrait consacrer la saison déjà exceptionnelle de Remco Evenepoel, favori d’une course à laquelle il n’a pourtant jamais participé.
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France Télévisions
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 (JOMA / BELGA MAG)

"C’est sans doute de ma faute si on m’annonce comme le grand favori”. Rieur mais sûr de lui, Remco Evenepoel a envoyé un message fort en visioconférence de presse ce vendredi, à la veille du Tour de Lombardie. Les déclarations du prodige belge n’ont étonné personne et pourtant, il n’a encore jamais participé à la course, ni même à aucun monument depuis le début de sa carrière. A 20 ans et pour sa deuxième saison professionnelle, le Petit Cannibale assume son nouveau statut et s’amuse même de sa réputation.

Le Petit Cannibale est affamé

Lors de sa victoire au sommet du Picón Blanco sur le Tour de Burgos, sa célébration avait prouvé qu’il n’était pas du genre à se recroqueviller sous la pression. Il avait alors essuyé son épaule d’un revers de main, comme si vaincre des coureurs comme Richard Carapaz ou Mikel Landa sur leur terrain de chasse n’était qu’une formalité. Deux jours après, il remportait le classement général de la course. A peine une semaine plus tard, il écrasait le Tour de Pologne grâce à une attaque en solitaire dévastatrice à 50km de l’arrivée de la 4e étape.

Ces quatre victoires post-confinement se sont ajoutées aux cinq obtenues en début de saison, sur le Tour de San Juan (Une étape et le général, ndlr) et sur le Tour d’Algarve (Deux étapes et le général, ndlr). De quoi porter son total à neuf victoires en 2020, ce qui fait de lui le coureur le plus victorieux de la saison, et de loin. Surtout, il a prouvé qu’il n’était pas qu’un rouleur. Les tracés escamotés sont devenus son terrain de jeu. C’est pourquoi il n’a aucune raison de pâlir face à celui du Tour de Lombardie.

Une première pour la postérité ?

"Le final est très dur, dans les 80 derniers kilomètres il y a très peu de zones plates où on peut récupérer. C’est monter et descendre tout le temps. Mais j’ai le sentiment que cette course, avec ce parcours, est faite pour moi. Ça me convient très bien", a-t-il déclaré. Face à une startlist amoindrie par l’embouteillage des grimpeurs sur le Dauphiné, le Belge a de bonnes raisons d’y croire. Après tout, à chaque fois qu’une marche s’est présentée à lui, Evenepoel l’a gravie sans frémir.

Pour être honnête, je n’ai pas encore regardé la liste des participants. Je dois encore checker ça. Mais je sais que Vincenzo Nibali et Jakob Fuglsang seront là. Ils font partie évidemment des favoris", a-t-il lâché, avec un brin d’insolence, signe d’une confiance en soi inaltérable. Le coureur de la Deceuninck-Quick Step devra également surveiller le tenant du titre Bauke Mollema, l’autre prodige Mathieu van der Poel (à qui le tracé convient moins), Maximilian Schachmann ou encore George Bennett, récent vainqueur du Gran Piemonte.

Vous me demandez ce qui peut m’empêcher de gagner ? Il y a plein de mauvaises choses qui peuvent arriver, comme une crevaison, un problème mécanique dans un moment critique de la course". Comprenez : 'je suis en grande forme, j’ai la victoire dans les jambes, sauf catastrophe indépendante de ma volonté'. A 20 ans, Evenepoel deviendrait le plus jeune vainqueur d’Il Lombardia et tout simplement d’un monument. Rien n’est fait, mais on imagine déjà les records de précocité qu’il pourrait battre ce samedi avant même qu’il ne les décroche.

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