Le rugby, sport le plus touché par le dopage ?

Lors d'une audition mercredi devant la commission d'enquête du Sénat sur l'efficacité de la lutte contre le dopage, Françoise Lasne, directrice du département des analyses de l'Agence française de lutte contre le dopage, a évoqué les résultats des contrôles menés en 2012. En proportion, le rugby apparaît comme le sport le plus touché même si les résultats sont à prendre avec du recul.

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Le rugby est-il le
sport le plus touché par le dopage ? Lors de son audition, mercredi, devant une commission d'enquête du Sénat, Françoise Lasne, la directrice du département des analyses de l'Agence
française de lutte contre le dopage
, a livré les résultats des analyses menées
en 2012.

L'an dernier, le
laboratoire de Chatenay-Malabry a analysé environ 9.000 échantillons. Au final,
environ 200 se sont révélés positifs. Le sport où l'agence a relevé le nombre
de résultats anormaux le plus important reste le cyclisme suivi de l'athlétisme
et du rugby.

Mettre en regard nombre de contrôles et résultats 

Devant les
sénateurs, Françoise Lasne a toutefois insisté sur la nécessité de mettre en
regard ces résultats avec le nombre des contrôles effectués dans chaque discipline.

Et là, les données changent du tout au tout. Car le cyclisme reste le sport le
plus contrôlé en 2012 avec 1.812 tests contre 588 "seulement" pour le
rugby. Et en proportion donc le ballon ovale apparaît comme le sport le plus
touché.  

"Un effet d'annonce scandaleux" (syndicat des joueurs) 

Ces chiffres
scandalisent Serge Simon, le président de Provale, le syndicat des joueurs de
rugby professionnel. "Sur les contrôles
anormaux, il y en a neuf au cannabis. Il y a ensuite trois contrôles dus à des
autorisations thérapeutiques puis deux contrôles par des vaso-constricteurs
naseaux, deux non-présentations. Il y a
enfin deux contrôles problématiques qui sont évidemment deux de trop
" .

Selon Serge Simon, " quand on rentre dans
le détail, la baudruche se dégonfle, mais il est trop tard. L'effet d'annonce
est scandaleux à moins que ce ne soit voulu pour justifier le budget alloué à
la lutte antidopage
" .

Devant les sénateurs, Françoise Lasne a néanmoins
rappelé que même en excluant le cannabis " un dopant indirect (...) qui n'améliore
pas directement la performance
" , le rugby apparaît toujours comme le sport le plus
touché.