Le cycliste Robert Marchand était "un exemple pour les Français, voire partout dans le monde", salue l'un de ses amis

Selon Gérard Mistler, président de "L'Ardéchoise", le doyen du cyclisme français, mort à 109 ans, avait beaucoup souffert de l'isolement lié à l'épidemie de Covid-19.

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Radio France
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Le cycliste français Robert Marchand après sa participation aux 4 000 mètres de Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines), à 106 ans, le 11 février 2018. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Robert Marchand était "très certainement le sportif le plus âgé du monde. C'est un exemple pour les Français, voire partout dans le monde", réagit samedi 22 mai sur franceinfo Gérard Mistler, président de la cyclosportive "L'Ardéchoise" et grand ami du doyen du cyclisme mort dans la nuit de vendredi à samedi, à l'âge de 109 ans.

franceinfo : Vous étiez un ami très proche de Robert Marchand. Comment réagissez-vous à l'annonce de sa mort ?

Gérard Mistler : Évidemment que la tristesse est là parce qu'on ne pourra plus partager des moments exceptionnels, des rigolades exceptionnelles mais c'est en réalité un soulagement qu'il soit parti de l'autre côté parce que c'est ce que souhaitait Robert. Depuis l'épidémie de Covid, son état physique commençait à être vraiment très mauvais et il souhaitait vraiment partir.

C'est ce qu'il vous a dit ces derniers mois ? On le décrivait pourtant comme un "infatigable cycliste".

Oui, mais il nous disait déjà depuis dix ans que lorsqu'il ne serait plus capable d'être autonome, de faire ses courses, de faire son ménage, de faire ses repas, il préférerait partir tout de suite en bon état, en état physique formidable. Comme il a pu l'être jusqu'à pratiquement maintenant. Au début de l'épidémie de Covid, il était encore très bien : il pouvait encore faire du vélo, il avait toute sa tête et tout son humour pour vivre.

Son état s'est dégradé à quel moment ?

Son état s'est dégradé à la suite du premier confinement parce qu'à l'époque il faisait ses courses au Franprix qui était à 700 mètres de chez lui. Il allait avec son cabas et tous les jours, il achetait sa nourriture pour la journée. Et quand il rentrait chez lui, il faisait sa popote avec plaisir, avec enthousiasme. Et là, on lui a dit : "C'est dangereux, il y a le virus qui traîne, et d'autre part, pour toi c'est gratuit, on te livre les repas tout faits." Un jour, je suis passé chez lui, il m'a ouvert le frigo qui était plein de barquettes de repas qu'on lui offrait et il m'a dit "Mais c'est pas bon !". Il était comme en prison, enfermé dans son studio, puisqu'on lui a conseillé de ne pas sortir. Et suite à ça, il a perdu 10 kilos en deux mois. Donc il est devenu très faible physiquement et, finalement, il a fini par se retrouver dans un Ehpad à Mitry-Mory.

Etait-il fier d'un succès ou d'un moment de sa vie en particulier ?

Je pense qu'il était fier d'établir tous ces records parce que c'est ce qu'il désirait. Par exemple à 105 ans, il y avait plus d'une centaine de chaînes de télévision présentes à son record du monde des plus de 105 ans où il a effectué 24,5 km [en une heure]. C'est quelque chose qui est absolument fabuleux pour quelqu'un qui a un âge pareil. C'était très certainement le sportif le plus âgé du monde. C'est un exemple pour les Français, voire partout dans le monde. Il est plus connu que le dernier vainqueur du Tour de France [le Slovène Tadej Pogačar] !

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