Le chef de la diplomatie européenne critiqué

L'Union européenne a promis lundi un montant proche d'un demi-milliard d'euros à court et à long termes pour aider Haïti après le séisme dévastateur qui l'a frappé. Elle envisage également l'envoi d'une mission de police afin d'assurer une meilleure distribution des vivres et médicaments. Mais le nouveau chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton n’a pas prévu de se rendre sur place, soulevant de vives critiques.

(Radio France © France Info)

L'aide à Haïti est devenue le premier test important pour le nouveau chef de la diplomatie de l'UE, Mme Catherine Ashton, critiquée pour son manque d'expérience depuis sa nomination en décembre et qui a fait de la coordination des efforts européens une priorité en vue de faire taire les sceptiques. Au cours d'une réunion à Bruxelles, les ministres de l'Aide au développement de l'UE se sont mis d'accord hier sur une série de mesures à l’attention d’Haïti, totalisant environ 429 millions d'euros. Cette enveloppe comprend d'une part des fonds d'aide humanitaire d'urgence pour la population sinistrée, d'autre part de l'argent pour la reconstruction du pays à plus long terme.

Mais pour certains eurodéputés, il fallait aller plus loin et "montrer" davantage l’implication européenne en Haïti. Le chef de file des élus conservateurs au Parlement européen, Joseph Daul, a donc vivement critiqué mardi le fait que la nouvelle chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, ne se soit pas rendue le week-end dernier à Haïti. "Est-ce que vous croyez que c'était bien: il y avait (la secrétaire d'Etat américaine Hillary) Clinton et l'ensemble du monde mais l'Europe n'était pas présente" à Haïti, s'est interrogé l'eurodéputé français, lors d'une conférence de presse à Strasbourg.

L'eurodéputé hongrois József Szájer, également PPE, s'est dit "choqué" que "la Haute représentante ait été en vacances au lieu de se rendre sur place". M. Daul a toutefois assuré qu'il ne prendrait pas prétexte de cet épisode pour remettre en cause la candidature de Mme Ashton au poste de vice-présidente de la Commission européenne, au moment où la nouvelle Commission doit être approuvée par un vote en bloc en séance plénière, dans les semaines à venir.

Mme Ashton a, elle, obtenu la semaine dernière le soutien d'une majorité des forces politiques du Parlement mais avec des critiques parfois cinglantes après une audition où elle est restée vague sur les grands sujets du moment. Nombre de députés n'ont pas caché qu'ils trouvaient Mme Ashton pas assez expérimentée, une critique récurrente depuis la désignation en novembre par les dirigeants européens de l'ex-commissaire au Commerce à la tête de la diplomatie de l'UE.

Caroline Caldier avec agences