Laurent Fignon : les confidences et la colère de sa femme, Valérie

Le livre s'appelle Laurent. Il a été écrit par Valérie Fignon, la femme de Laurent Fignon décédé le 31 août 2010. Elle relate, avec l'aide du médecin Michel Cymès, les derniers moments de la vie du champion. Un ouvrage publié chez Grasset qui s'intéresse aussi aux carences d'une partie des médecins et du système hospitalier en matière de prise en charge des malades et de leurs proches.

Franceinfo
Franceinfo (Franceinfo)

C'est un livre pour raconter les derniers moments de vie de
Laurent Fignon. Un livre aussi pour raconter la maladie – le cancer qui a
frappé Laurent Fignon, le monde hospitalier, le rôle des médecins et leur
attitude parfois défaillante.

Dans cet ouvrage, Valérie Fignon raconte ainsi la manière
dont ce cancer a été annoncé à son mari. "Il roulait à 130 km/h sur l'autoroute" ,
explique Valérie Fignon sur France Info. "Là il n'a rien dit et n'a pas parlé
pendant 20 minutes
". Une manière d'annoncer cette maladie qui scandalise
Michel Cymès, qui livre son point de vue dans le livre."On ne forme pas
les médecins à dire à annoncer, à se mettre face à des diagnostiques difficiles"
,
explique le médecin qui officie notamment sur France 5 et qui continue à
exercer en milieu hospitalier.

Selon lui, "le problème de l'annonce est sans doute insoluble.
Mais un bon médecin doit s'avoir s'adapter. Annoncer un cancer par téléphone
est inadmissible".
Il n'hésite d'ailleurs pas à parler "d'homicide
involontaire"
, expliquant que Laurent Fignon aurait pu alors "se
foutre en l'air tandis qu'il roulait".

Un SMS honteux

Sur France Info, Valérie Fignon évoque également un autre
passage du livre. C'est un SMS envoyé par un célèbre médecin à un autre soignant que Laurent Fignon a lu par-dessus l'épaule de son interlocuteur. Un SMS
"bouleversant"
explique Valérie Fignon. Il est écrit : "Si Laurent Fignon
n'est pas content, qu'il aille mourir ailleurs".

"On ne peut avoir que honte réagit Michel Cymès et j'espère
que ce médecin a eu honte lui-même."
Michel Cymès qui confie avoir été
"assommé" quand il a entendu cela :

"Il y a de la honte et puis
de l'interrogation sur la façon d'exercer ce métier".