Haïti : une conférence internationale en mars

Les "pays amis" d'Haïti, réunis hier à Montréal, ont décidé de convoquer une conférence internationale en mars prochain, au siège de l'ONU, à New-York. Il sera question d'organiser l'aide à la reconstruction du pays frappé par le tremblement de terre, qui pourrait avoir fait 150.000 morts. Les autorités haïtiennes ont profité de la conférence pour réaffirmer qu'elles étaient toujours aux commandes du pays.

(Radio France © France Info)

Les “pays amis” d'Haïti, ont appelé la communauté internationale à un soutien “massif” pour le pays. Aucun chiffre n'a été annoncé pour évaluer ce soutien. Il sera défini lors d'une conférence internationale qui se réunira à New-York, au siège des Nations-Unies, en mars prochain.

Le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, a démenti avoir demandé trois milliards de dollars pour la reconstruction : “Le gouvernement n'a pas de chiffres officiels et n'a pas demandé un seul sou pour l'instant, car nous n'avons pas terminé notre travail d'évaluation des besoins”.

Dans son discours, M. Bellerive a résumé les principaux problèmes auxquels son pays est confronté treize jours après le séisme qui pourrait avoir fait 150.000 morts dans l'ensemble du pays, selon le dernier bilan des autorités. “La structure gouvernementale telle qu'elle est actuellement ne peut pas répondre à l'urgence”, a-t-il reconnu, précisant que les autorités réfléchissaient à des mécanismes pour mieux coordonner leur action avec les partenaires étrangers. Il a parlé de “comités de crise” aptes à travailler notamment avec la mission des Nations unies en Haïti, la Minustah.
_ Le Premier ministre a évoqué aussi la centralisation excessive du pays autour de Port-au-Prince, phénomène qu'il veut éliminer à l'avenir, et la mobilisation indispensable de la diaspora haïtienne.

DIX ANS DE TRAVAIL

Tous les participants étaient d'accord pour estimer qu'il s'agirait d'un
effort de longue haleine. “Au moins dix années de travail nous attendent en Haïti”, a dit le Premier ministre canadien Stephen Harper.
_ L'annulation de la dette internationale d'Haïti - une question qui n'est pas jugée “fondamentale” par Jean-Max Bellerive - n'a pas été abordée à l'issue de la réunion.

A Montréal, chacun s'est aussi appliqué à assurer que la présence internationale sur place, et en tout premier lieu américaine, n'avait pas pour objet d'occuper Haïti : “Ce n'est pas pour les diriger, c'est pour leur donner (...) sous leur direction, suffisamment d'espoir et de transformation et de réalisation et peut-être de gouvernance. Avec eux, pour eux, sous leur direction”, a insisté le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

Jean-Max Bellerive a affirmé haut et fort que l'Etat haïtien jouerait un rôle central de coordination et qu'il n'avait pas l'intention de céder une part de sa souveraineté à qui que ce soit. Ce principe a été appuyé par l'ensemble des participants à la conférence, à commencer par la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, dont le pays est accusé par certains Etats de la région de prendre trop de place en Haïti, y compris militairement. Remerciant le Premier ministre et le président René Préval, elle a déclaré que “le gouvernement d'Haïti a exercé son leadership dans des circonstances très difficiles”.