Haïti : les casques bleus ouvrent le feu sur des émeutiers, faisant au moins un mort

Entre tensions politiques et extension de l'épidémie de choléra, la situation continue de se dégrader en Haïti, où des heurts ont éclaté entre casques bleus et manifestants. Les soldats de l'ONU reconnaissent avoir tiré à balles réelles sur des émeutiers dans la banlieue de Cap-Haïtien, dans le Nord du pays. Deux manifestants ont été tués.

(Radio France © France Info)

La Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) affirme avoir agi en état de légitime défense. Hier, de violents heurts ont éclaté entre des milliers de manifestants et des soldats de l'ONU au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays. Bilan : deux morts, dont un jeune Haïtien atteint par la balle d’un soldat de la mission, et 14 blessés, dont deux sont dans un état grave.

Le jeune homme, âgé de 20 ans, a reçu une balle dans le dos, a précisé le juge de paix Bimps Noël, qui a fait le constat du décès, ajoutant que les "chars de l'ONU avaient fait l'objet de jets de pierre". "Il s'agit d'un manifestant qui portait une arme et qui a tiré en direction d'un soldat, et le soldat a riposté en légitime défense ", indique pour sa part la Minustah par la voix de son porte-parole de Vicenzo Pugliese.

Un peu plus tôt dans la journée, plusieurs centaines de manifestants s’étaient également rassemblés devant le bureau de l'ONU à Hinche, dans le centre du pays, jetant notamment des projectiles sur des soldats népalais. Des casques bleus qui, selon une rumeur qui circule sur l’île, seraient à l’origine de l’épidémie de choléra qui a déjà fait près d'un millier de morts en un mois, dont 27 à Port-au-Prince, la capitale.

Selon la MINUSTAH, ces événements ont en fait une motivation politique. "La façon dont les événements se sont déroulés porte à croire que ces incidents ont une motivation politique, visant à créer un climat d'insécurité à la veille des élections ", commente l'ONU dans le communiqué. Ces élections présidentielles et législatives, cruciales pour le pays, sont prévues le 28 novembre prochain (voir l'enquête de Grégory Philipps).

Cécile Mimaut, avec agences