Haïti entre répliques du séisme et quotidien difficile

Deux nouvelles répliques de magnitude moyenne ont secoué la ville de Port-au-Prince hier. Ce sont des répliques de ce type, une cinquantaine au total, qui ont piégé un survivant retrouvé par miracle hier sous des décombres, au bout de 12 jours. Malgré les distributions de vivres et les regroupement de réfugiés, la vie quotidienne reste compliquée pour les Haïtiens.

(Radio France © France Info)

Deux semaines après le tremblement de terre qui a dévasté leur capitale, les Haïtiens ont à nouveau subi deux secousses sismiques hier. L'une d'entre elles a été mesurée à 4,4 sur l'échelle de Richter par l'institut de géophysique américain. Une magnitude sans commune mesure avec la secousse initiale, de 7, qui a fait au moins 150.000 morts. Mais cette différence ne minimise pas le phénomène : “On ne peut pas s'habituer aux séismes. A chaque secousse c'est la même angoisse, tout le monde a eu peur”, confie Edison Constant, commerçant dans le centre-ville, qui a ressenti la deuxième secousse.

Au total, une cinquantaine de répliques ont frappé Port-au-Prince et les autres villes touchées. Et ce serait au cours de l'une d'entre elles qu'un homme de 31 ans a été pris au piège dans des décombres. Il a été miraculeusement sauvé par des parachutistes américains de la 82ème division aéroportée. Il a passé 12 jours sous le béton, alors que le tremblement de terre initial a eu lieu il y a 15 jours. Blessé au visage, couvert de poussière, il avait une jambe cassée. Au total, 134 personnes ont été retirées vivantes des ruines par les équipes de sauveteurs internationaux.

Malgré les risques que font peser les dizaines de milliers de cadavres abandonnés, la situation sanitaire reste globalement saine. Jusqu'à présent, aucune maladie transmissible ne s'est déclarée en Haïti, “mais les risques existent”, surtout “dans des zones surpeuplées où l'eau et les installations sanitaires sont extrêmement rares”, a expliqué un responsable.

Près de 30.000 bâches vont être distribuées dans les 48 heures pour
permettre aux Haïtiens de réparer leurs maisons, a annoncé l'Organisation
internationale pour les migrations (OIM), qui a prévenu qu'il faudrait commencer à reconstruire en dur avant la saison des pluies en mai-juin. En attendant, les autorités tentent d'organiser des camps de réfugiés, et d'évacuer les habitants de Port-au-Prince pour déblayer les ruines.

Le gouvernement dispose de 400.000 tentes et en a demandé 200.000 autres pour organiser ces rassemblements autour de la capitale. Dans l'enceinte de la ville, les difficultés de la distribution d'eau et de nourriture font peser une incertitude quotidienne sur les survivants. Malgré les patrouilles, les pillages et les violences se poursuivent, surtout dans certains quartiers laissés à l'abandon.

Sur le plan diplomatique, les promesses d'aides financières continuent à s'accumuler. Le Brésil a signé une résolution d'urgence débloquant 145 millions d'euros. La France de son côté, annonce la création d'un centre d'accueil pour les enfants haïtiens en Guadeloupe.

Les Etats-Unis, principal pays donateur et principal pays sur le terrain, avec 20.000 hommes, à terre ou embarqués, sont eux l'objet de critiques de la part de Cuba, du Vénézuela et le Nicaragua ont accusé les USA d'“occuper Haïti” , tandis que le chef de la sécurité civile italienne, Guido Bertolaso, a critiqué l'organisation du dispositif américain, critiques avec lesquelles le gouvernement italien a aussitôt pris ses distances. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton s'est déclarée “profondément meurtrie” par ces critiques.