Cyclisme : trois choses à retenir de la carrière d'Alberto Contador

Le coureur espagnol a annoncé qu'il allait prendre sa retraite à 34 ans, après un ultime Tour d'Espagne. 

Alberto Contador avec le maillot jaune sur le podium de l\'avant-dernière étape du Tour de France 2009, entre Montélimar et le Mont Ventoux, le 25 juillet 2009. 
Alberto Contador avec le maillot jaune sur le podium de l'avant-dernière étape du Tour de France 2009, entre Montélimar et le Mont Ventoux, le 25 juillet 2009.  (MANUEL BRUQUE / EFE)

Il va boucler la boucle. Alberto Contador a annoncé la fin de sa carrière. Dans une vidéo publiée sur Facebook lundi 7 août, "El Pistolero" a déclaré qu'il prendrait sa retraite à 34 ans après une ultime passe d'armes avec ses adversaires lors de la 72e édition du Tour d'Espagne, du 19 août au 10 septembre.

"J'espère qu'on va se souvenir de moi comme d'un anticonformiste" a-t-il d'ailleurs précisé à Reuters cette année. Combatif, talentueux et sulfureux, son vœu est comme déjà exaucé.

1L'un des six cyclistes à avoir remporté les trois grands Tours

Avec Eddy Merckx, Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Vincenzo Nibali et Bernard Hinault, Alberto Contador compte parmi les six cyclistes à avoir remporté les trois grands Tours du cyclisme sur route : le Tour de France en 2007 et 2009, la Vuelta en 2008, 2012 et 2014 et le Giro en 2008 et 2015. Un exploit que Lance Armstrong n'a jamais égalé, l'Américain s'étant concentré sur la Grande Boucle. Il a décrit Contador comme "le gars le plus talentueux à avoir jamais enfourché un vélo".

L'Espagnol a enfilé à deux autres reprises le maillot du vainqueur : en 2010, sur le Tour de France et en 2011, sur le Giro. Mais il en a été par la suite dépossédé, après avoir été contrôlé positif. 

2Ses scandales de dopage

Alberto Contador a remporté le maillot jaune en 2007 après que le vainqueur Michael Rasmussen en eut été dépossédé pour avoir menti et échappé à des contrôles inopinés avant la course. Revers de ces contrôles, ils coûteront à Alberto Contador deux victoires sur des grands Tours. Il faut dire qu'il a couru avec des patrons d'équipes plus sulfureux les uns que les autres. Manolo Saiz, qui lui fit signer son premier contrat professionnel en 2003, Johan Bruyneel, l'indéfectible soutien de Lance Armstrong, ou encore Bjarne Riis, viré en mars 2015 de sa propre équipe. 

Après un contrôle positif au Clubentérol, Contador est suspendu à titre provisoire à la fin septembre 2010. La fédération espagnole le blanchit et il remporte le Giro en 2011, mais en février 2012 le Tribunal arbitral du sport (TAS) prononce une suspension rétroactive de deux ans. 

Alberto Contador a toujours clamé son innocence, plaidant une intoxication alimentaire, et n'a jamais accepté les sanctions à son encontre. "Tout le monde sait que c'est ma troisième victoire", lâche-t-il à la fin mai 2015, après son dernier sacre sur le Giro.

3Un grimpeur combatif et porté sur l'attaque

Fin stratège passé maître dans l'art de gérer les situations de course, c'est dans les étapes de montagne que Contador a su faire la différence, en imposant son style fluide et ses attaques foudroyantes, parfois inhabituellement loin de l'arrivée. RTVE (en espagnol) revient d'ailleurs en images sur quelques-unes de ses attaques les plus marquantes.

Contador se démarque par sa combativité, constamment rappelée par la cicatrice qui lui barre le crâne, d'une oreille à l'autre, relique d'une chute sur le Tour des Asturies en 2004 qui aurait pu lui coûter la vie. Mais c'est sûrement son attaque dans l'ascension vers Arcalis en 2009 qui illustre le mieux sa volonté de vaincre. Il n'a pas hésité à enfreindre les consignes qui lui avaient été données pour s'imposer face à son coéquipier Lance Armstrong et lui rafler la victoire du Tour 2009. "Quand j'y pense aujourd'hui, je sais pourquoi je me suis battu", avait-il déclaré après avoir été sacré vainqueur.

Après une 9e place sur le Tour de France 2017, Contador souhaiterait prononcer ses adieux définitifs depuis le podium de sa dernière Vuelta, avance le journal La Vanguardia (lien en espagnol). Et dégainer, une dernière fois, le pistolet de la victoire.