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Coupe du monde 2018 : Lucas Hernandez, l'art de la bagarre

Il a été l'un des seuls à sortir du lot lors de la pénible victoire contre l'Australie (2-1). Pour ses débuts en Coupe du monde, le défenseur des Bleus Lucas Hernandez a fait parler sa "grinta", apprise en Espagne, son pays d'adoption, avec l'entraîneur de l'Atlético Madrid Diego Simeone.
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France Télévisions
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Cette hargne, "j'ai toujours eu ça. Ça fait déjà 11 ans que je suis à l'Atlético Madrid (en formation puis au sein de l'effectif professionnel, NDLR). Et, avec Simeone, j'ai encore amélioré ce point. Je suis un joueur très agressif. Je veux toujours être comme ça, que ce soit pour un match de Coupe du monde ou un amical contre une équipe de National", a souligné le latéral gauche dimanche, avec son léger accent espagnol.

Quand d'autres jeunes Bleus, notamment l'attaquant Ousmane Dembélé, ont semblé très crispés par l'enjeu, lui a croqué à pleines dents son premier match dans un Mondial, galvanisé par le défi physique proposé par la rugueuse équipe australienne. Même s'il aurait sans doute pu apporter plus en attaque, le défenseur de l'Atlético a été intraitable dans les duels, notamment en première période.

"J'en rajoute un peu"

Comme un vieux briscard, pour sa sixième sélection, le joueur de 22 ans s'est même permis d'"exagérer un peu", en tombant au sol sur certaines fautes australiennes. "Ça fait partie du spectacle, ça fait partie du jeu. De temps en temps, j'en rajoute un peu. Ça permet à l'équipe de gagner un peu de temps", a-t-il lancé à la presse hilare. Bref, il a été l'une des rares satisfactions de Didier Deschamps alors que sa présence dans le groupe France était loin d'être gagnée il y a quelques mois à peine.

Né à Marseille, Lucas Hernandez a en effet passé toute sa jeunesse en Espagne et a semblé longtemps hésiter entre les deux sélections. Sa première convocation en Bleu ne remonte qu'au mois de mars, avec des débuts contre la Colombie au Stade de France (défaite 3-2). Et il est l'une des surprises de la liste des 23 Français pour le Mondial, puisqu'il a doublé dans la dernière ligne droite Lucas Digne, un habitué.

Il faut dire qu'Hernandez a été très convaincant en club, avec l'Atlético, notamment en finale d'Europa League contre Marseille (3-0), où il a complètement muselé Florian Thauvin, son coéquipier en équipe de France. Au total, il a été titulaire à 24 reprises cette saison avec les "Colchoneros", profitant de la blessure du Brésilien Filipe Luis pour s'installer et même lui chiper la place en fin de saison.

"Notre soldat"

Et la star de "l'Atleti" et des Bleus Antoine Griezmann a semble-t-il beaucoup oeuvré pour le faire venir en équipe de France. "C'est notre soldat. Il ne passe jamais au travers", raconte "Grizou" dans Le Parisien.  "Avec lui, tu peux partir à la guerre. C'est la mentalité Atlético, celle du Cholo (Diego Simeone, l'entraîneur). Je voulais qu'il vienne en équipe de France. Il ne savait pas trop, parce qu'il n'avait pas de nouvelles de Deschamps. Avec le coach, on a parlé avec lui et on s'est mis d'accord", explique l'attaquant.

La performance de Lucas Hernandez lui assure-t-elle une place dans le onze de départ contre le Pérou jeudi ? Tout dépendra de l'état de forme de Benjamin Mendy, qui faisait figure de numéro 1 mais qui revient d'une longue blessure au genou et n'a pas encore pu jouer un match de 90 minutes en équipe de France depuis. "C'est un choix du coach. Benjamin va apporter plus offensivement. Moi, défensivement, je vais être plus solide. Je suis plus serein, plus à l'aise en défense, que si je dois monter toutes les 30 secondes et faire des centres", reconnaît Hernandez, défenseur central repositionné dans le couloir gauche.

Quoi qu'il arrive, on peut compter sur lui pour se battre: "Je suis un joueur très compétiteur, qui ne va rien lâcher. Petit à petit, vous allez apprendre à me connaître. Vous pouvez être tranquille, je vais toujours tout donner sur le terrain et défendre ce maillot à mort".

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