Coupe du monde 2018 : L'Islande, des Vikings encore trop tendres ?
Ce fut l’équipe surprise de l’Euro 2016. En France, l’Islande s’est faite connaître du grand public, alors qu’elle participait à sa première grande compétition. Si son traditionnel clapping est devenu quasi universel après son passage dans l’Hexagone, la Strakarni Okkar (nos garçons en français) a séduit en sortant deuxième de son groupe, derrière la Hongrie et devant le Portugal. Un rêve de qualification devenu réalité et qui s’est prolongé lorsque la bande à Lars Lagerbäck et Haimir Allgrimsson a éliminé l’Angleterre (2-1) en huitième de finale. C’est finalement la France qui viendra stopper l’aventure de ces vikings (5-2).
Près de 900 sélections en cumulé
Deux ans après cette entrée en matière réussie dans une compétition internationale, l’Islande est à nouveau en quête d’un exploit : celui de battre la Croatie pour s’ouvrir les portes d’une phase finale de Coupe du monde, alors qu’elle participe pour la première fois à cette grande messe du football mondial. Un défi immense que pourraient réaliser Aron Gunnarsson et ses coéquipiers. Tombeurs des Balkans lors des qualifications en juin dernier (1-0, 6e journée), malgré une défaite au match aller, les Islandais peuvent ambitionner de poursuivre la compétition. D’abord parce que les Croates sont déjà qualifiés et Slatko Dalic, le sélectionneur, devrait faire tourner son effectif, et qu’une victoire pourrait suffire au bonheur des insulaires. Problème, ils n’ont pas leur destin entre leurs mains : la victoire est obligatoire, combinée à une meilleure différence de buts avec l’Argentine (si elle gagne) ou le Nigéria (s’il fait match nul).
Sortis premiers de leurs éliminatoires, les Islandais pâtissent du manque d’expérience du groupe au plus haut niveau, malgré près de 900 sélections en cumulé. Parmi les 23 joueurs sélectionnés, uniquement cinq évoluent en première division d’un grand championnat européen : Finnbogason (attaquant, Augsbourg – Allemagne), Guomundsson (milieu, Burnley – Angleterre), Sigurosson (milieu, Everton – Angleterre), Hallfreosson (milieu, Udinesse – Italie), Runarsson (gardien, Dijon – France). Et seul Guodundsson a terminé dans le top 10 à l’issue de la saison. Pour voir les huitièmes, les Islandais devront assurer le goal-average et marquer : pas simple alors qu’ils n’ont inscrit qu’un but contre trois encaissés en deux matches. Lors de ses quatre matches de préparation en mars et juin, l’Islande a marqué 5 fois… mais n’a jamais gardé sa cage inviolée (11 buts encaissés !).
Alors, si un exploit ne serait pas des plus surprenants, la qualification s’apparenterait tout de même à une performance de haut vol. Mais qu'importe le sort final, l’expérience emmagasinée lors de ces deux dernières années pourrait amener l’Islande à participer plus régulièrement aux compétitions internationales.
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