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Ça s'est passé le 23 juin 2012 : la France est éliminée de l'Euro et sonne la fin de l'ère Laurent Blanc

Les Bleus de Laurent Blanc défient la grande Espagne à la Donbass Arena de Donetsk dans l'est de l'Ukraine. Dans l'antre du Shaktar, les joueurs français sont très vite dominés par Andrès Iniesta et consort. Au final une défaite logique deux buts à zéro qui sonne l'élimination des Tricolores dès les quarts de finale de la compétition. Mais plus encore elle marque la fin de l'ère Laurent Blanc à la tête de l'Equipe de France. Un passage de deux ans pour le Président qui ne restera pas dans les annales du football français.
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France Télévisions
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 (FRANCK FIFE / AFP)

Dernier tombeur de l'Espagne dans un grand tournoi, les Bleus n'ont pas réussi à refermer la belle parenthèse ibérique. Qu'il est loin ce 8e de finale de la Coupe du Monde 2006 où les Ibères s'étaient fait voler dans les plumes par des Français retrouvés et sans complexe (3-1). 6 ans plus tard. Les rôles se sont inversés. Les Espagnols, qui restent sur un doublé Euro-Mondial, ont toutes les cartes en mains pour briser la malédiction Tricolore des phases finales. Jusqu'à ce jour de juin 2012, ils n'ont jamais battu les Bleus dans un grand tournoi.

Une compo surprise de Laurent Blanc qui ne pèse pas sur la rencontre 

Pour battre les champions d'Europe et du monde, Laurent Blanc savait qu’il fallait un "exploit", et c’est en ce sens qu’il avait opté pour une surprise, en titularisant Mathieu Debuchy en tant que milieu de terrain. Mais passé cinq minutes, l’Espagne posait déjà son jeu. À la manœuvre, on retrouvait Andrés Iniesta mais surtout deux joueurs très en vue : David Silva côté droit, et Jordi Alba côté gauche. C’est par lui qu’arrivait l’ouverture du score. Lancé par Iniesta, le Valencian prenait Debuchy de vitesse avant d’adresser un centre parfait au deuxième poteau et Xabi Alonso, laissé seul, n’avait plus qu’à piquer sa tête croisée (19e).

Avec 60 % de possession du ballon, la Roja semblait difficile à ébranler. Les timides escarmouches françaises ne changeaient rien et Lloris retardaient plusieurs fois le KO. Blanc faisait entrer Olivier Giroud en fin de match mais le champion de France ne parvenait pas à faire vaciller la défense centrale ibérique. Alors que les Français jetaient leurs dernières forces dans la bataille, Xavi Alonso assurait la qualification en inscrivant un doublé sur penalty pour réparer une faute d'Anthony Réveillère sur Pedro Rodriguez. Score final, 2-0, les Bleus sortaient par la petite porte. Une porte promise aussi à Laurent Blanc, l'ombre de Didider Deschamps planant déjà au dessus de son poste.

Un mandat post Knysna difficile à gérer 

La séparation est officialisée le 30 juin soit une semaine jour pour jour après la piteuse élimination de l'équipe de France. Laurent Blanc quitte le navire tricolore de son plein gré, sans réel espoir de poursuivre sa mission. "Nous ne sommes pas parvenus à trouver un terrain d'entente autour du management de l'équipe de France pour les 2 saisons à venir", explique-t-il à l'époque. Le natif d'Alès n'a eu donc que deux ans pour manager les meilleurs joueurs français. Deux ans pour faire oublier le pire traumatisme du football français : la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. 

Après le fiasco de Knysna, Blanc a la lourde tâche de redorer le blason tricolore. Le 11 août 2010, l'ancien défenseur de Manchester United prend place pour la première fois sur le banc des Bleus face à la Norvège. En accord total avec la Fédération française, il prend une décision radicale pour marquer le début de son mandat : aucun des 23 mondialistes ne sera convoqué. Il faut marquer les esprits mais l'effet n'est pas au rendez-vous. L'équipe de France est défaite 2 buts à 1. Les débuts sont laborieux. Dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2012, le 3 septembre, la France s’incline un but à zéro au Stade de France face à la modeste équipe de Biélorussie. Cette deuxième défaite en 2 matchs constitue le plus mauvais début d'un sélectionneur depuis Gérard Houllier en 1992. 

Laurent Blanc maitrise son sujet lors des phases de qualifications

Au fil des matches, Laurent Blanc va remettre les Bleus en ordre de bataille. Malgré l’affaire de l’instauration des quotas, les luttes intestines au sommet de la FFF, un contrat négocié au rabais, le Cévenol s’attache aux problématiques du terrain. Ce sera sa plus belle réussite. Les Bleus se réconcilient avec leur public et les résultat suivent puisqu'ils terminent à la première place de leur groupe des Eliminatoires de l'Euro 2012. Au cours de cette période, les hommes de Laurent Blanc parviennent à enchaîner 23 matchs d'affilée sans défaites. 

Une belle performance à mettre au crédit du Président qui redonne une identité de jeu aux joueurs frappés du coq. Le bilan est donc plus que positif. Laurent Blanc dirige 27 matchs à la tête de l'équipe de France (16 victoires, 7 nuls, 4 défaites) pour 59% de victoires. Après le carnage en Afrique du Sud, les Bleus retournent une partie des mécontents grâce à de bons résultats et des gestes simples : applaudir le public à la fin des matchs, signer des autographes ou encore sortir une banderole de remerciements avant de partir à l’Euro (Merci ! A l’euro avec vous, pour vous).

Un départ inéluctable

Mais l'Euro en Ukraine vient tout gâcher. Avant la compétition, il était difficile de ne pas être enthousiaste sur le renouveau tactique de l’équipe de France. Trois victoires en matchs de préparation, on pouvait difficilement rêver mieux. Des joueurs qui sourient, heureux de jouer ensemble et de se congratuler après un but. Cela faisait longtemps. Mais patatra, les Bleus trébuchent dès que le niveau s'élève et le vestiaire se déchire à nouveau sur des luttes d’ego. Un contraste saisissant avec nos voisins italiens qui se hissent en finale avec une équipe sans individualités.

En poste depuis deux ans, Blanc souhaitait des garanties sur son avenir avant même le début de l'Euro. Une prolongation que le patron de la FFF Noël Le Graët avait conditionné à une qualification pour les quarts de finale à l'Euro. Un objectif atteint, mais sans la forme. Le dernier mot est finalement revenu à Xabi Alonso. L'ère Didier Deschamps pouvait débuter. 8 ans plus tard la France trône sur le toit du monde. 

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