Basket : des playoffs de Jeep Élite sous tension

Menaces de grève des joueurs, calendrier surchargé et internationaux absents... La phase finale de Jeep Élite a débuté dimanche dans un contexte particulier.

Article rédigé par
Hugo Lauzy - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Les joueurs de Jeep Élite (ici Amine Noua de l'Asvel et Jayson Tchicamboud de Strasbourg le 20 mai 2021) doivent disputer une phase finale cette semaine. (JEFF PACHOUD / AFP)

Longtemps incertaine, la phase finale de Jeep Élite a finalement commencé par le premier quart de finale, dimanche 20 juin, et s'achèvera par un Final Four, prévu du 24 au 26 juin, dans la Kindarena de Rouen. Un dernier épisode à rebondissements au cœur de la saga qui a mis aux prises le Syndicat national des joueurs (SNB) et la Ligue nationale de basket (LNB), conclue par un accord in extremis.

Les causes principales étant les nombreux matchs reportés très tôt dans cet exercice 2020-2021 à cause des cas de Covid dans plusieurs des 18 équipes de l'élite, et la coupure partielle du championnat entre la fin octobre et début mars pour raisons sanitaires.

Des cadences infernales jusqu'à l'appel à la grève

Des blessures à répétition au sein des effectifs, 216 matchs à jouer en 15 semaines de début mars à mi-juin pour rattraper le retard accumulé, et des internationaux déjà tournés vers le tournoi olympique des JO de Tokyo (23 juillet-8 août) : de quoi révolter le SNB. Dans une lettre des 18 capitaines envoyée à la LNB en mai dernier, le SNB souhaitait sacrer un champion à l'issue de la saison régulière. Un avertissement qui a ensuite provoqué un appel à la grève, le 12 juin dernier.

Le président du syndicat des basketteurs, Amara Sy, avait même déclaré le 27 mai sur le site spécialisé BeBasket"Le Final 8 n'est pas nécessaire. J'entends que c'est dans l'ADN du basket de jouer des phases finales. Mais des phases finales, ce n'est pas sur un match, sur un week-end. Tout en sachant que là on cale des matchs tant bien que mal, on joue sur un rythme effréné. On n'a jamais connu ça en France." Une prise de position claire sur la santé physique et mentale des joueurs mise à rude épreuve.

Après plusieurs jours de négociations, un compromis a finalement été trouvé le 17 juin entre les deux parties, dans lequel les joueurs ont obtenu le report d’une semaine de la première journée de la saison prochaine, plus de représentation au sein du comité directeur de la LNB et des staffs médicaux renforcés. Un moyen de contenter les joueurs sur la forme, mais pas spécialement sur le fond du problème qui, lui, reste le même. Certaines équipes comme Monaco, vainqueur de l'Eurocoupe, ont même dû envoyer leur réserve et leur équipe de jeunes terminer la saison.

Des dirigeants pas (toujours) sur la même ligne que les joueurs 

La phase finale de Jeep Élite a finalement été entérinée du 20 au 26 juin. Un coup de pression des joueurs vis-à-vis des instances et des dirigeants de clubs vécu comme une "blague" par le président de l'Asvel, Tony Parker. Plus de 95% des présidents avaient déjà voté en faveur de la tenue d'une phase finale à huit équipes, dès le mois de février. Le début d'un conflit latent entre joueurs et dirigeants sur la manière de percevoir le basket, entre rythme chargé façon NBA et gestion des corps à la sauce Jeep Élite.

"En tant que joueur NBA, qui a enchaîné les matchs de saison régulière quatre fois par semaine, plus les playoffs, plus l'équipe de France tous les étés, ce n'est pas moi qui vais dire que l'on joue trop. J'ai du mal avec ça. L'année dernière, pas un seul de mes joueurs n'a voulu faire un effort (financier). Ils ont tous dit : "Je veux 100% de mon salaire !" Bah, si tu veux toucher ton salaire, tu joues", avait-il déclaré dans les colonnes de L'Équipe, le 22 mai dernier.

Une sortie médiatique mal perçue par les joueurs, Amara Sy en tête. "Il est président de ce qui est sûrement le plus grand club de l'histoire du basket français, ils [l'Asvel] représentent une grosse vitrine. Ok, ils ont joué sur les deux tableaux en Euroligue et en championnat, c'est compliqué même s'ils ont un effectif à rallonge... La vérité est que le Final 8 n'est bénéfique que pour l'Asvel et peut-être Dijon [premier de saison régulière]. (...) Ce qui est marrant dans les clubs, c'est que les joueurs et les coachs ne veulent pas jouer le Final 8 mais le président oui."

Un tacle glissé qui laisse transparaître une frontière entre les deux parties qui se sont finalement réconciliées sur un accord de circonstances. Reste à voir si cette union affichée sera durable pour le basket français.

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