Responsabilités, titre, espoirs : quatre questions sur la saison des Bleus en NBA

Ils seront au moins onze Français sous contrat pour débuter la saison NBA 2020-2021 à partir de ce mardi soir. Plusieurs historiques du contingent bleu-blanc-rouge n'ont pas trouvé d'équipe cet été comme Joakim Noah ou Ian Mahinmi. Mais les joueurs tricolores auront une place de choix parmi les joueurs internationaux de la ligue. Leur saison en quatre questions.
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France Télévisions
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Evan Fournier (Orlando Magic), Killian Hayes (Detroit Pistons), Nicolas Batum (Los Angeles Clippers) et Rudy Gobert (Utah Jazz), quatre représentants du basket français en NBA

• Qui joue le plus gros individuellement ?

Ils ont tous les deux 28 ans et arrivent à ce qui doit être le sommet de leur carrière. Surtout, les deux leaders de l'équipe de France Rudy Gobert et Evan Fournier sont ce que l'on appelle en NBA une "contract year", autrement dit la saison avant la fin de son bail qui coïncide chez certains joueurs à un curieux rebond individuel pour mieux se vendre l'été venu. Clé de voûte du Utah Jazz, Gobert a anticipé en signant dimanche un contrat de 205 millions de dollars sur cinq saisons. Ce qui fait du double meilleur défenseur de l'année en NBA l'intérieur le mieux payé de l'histoire. "Pour moi, c'est une reconnaissance incroyable" a réagi le Tricolore. All-Star pour la première fois la saison passée, le pivot a travaillé son jeu offensif durant l'intersaison pour espérer passer un cap supplémentaire dans le jeu. Sur le plan comptable, c'est déjà fait.

Pour Evan Fournier, la donne est loin d'être aussi simple. L'arrière a décidé de rester une saison de plus au Orlando Magic en activant une option dans son contrat. Son avenir se dessine-t-il pour autant à long terme en Floride ? Rien n'est moins sûr. Parmi les arrières solides de la ligue, Fournier pourrait intéresser des prétendants au titre en cours de saison et servir de contrepartie dans un échange. De ses bonnes prestations pourraient dépendre ses options l'été prochain. Avec les JO de Tokyo en vue, sa situation contractuelle sera à scruter pour l'équipe de France. Celle de Frank Ntilikina aux New York Knicks le sera tout autant. Le meneur arrive également en fin de contrat au terme de la saison et stagne depuis son arrivée dans la ligue. Lui aussi pourrait être un candidat au départ en cours d'exercice… A moins que l'arrivée sur le banc new-yorkais de Tom Thibodeau, coach plutôt défensif, ne lance enfin pleinement sa carrière outre-Atlantique. 

• Qui a le plus de chances de jouer le titre ?

Outre Rudy Gobert, dont le Jazz cherchera à se racheter après son élimination dès le 1er tour des playoffs la saison dernière, plusieurs Bleus vont évoluer chez des prétendants à la bague. Après plusieurs années à vivoter puis s'enliser du côté de Charlotte, Nicolas Batum va redécouvrir le plaisir d'évoluer pour une formation ambitieuse. L'ailier s'est engagé pour un an chez les Los Angeles Clippers, candidats très sérieux au titre. Batum devrait apporter sa polyvalence en sortie de banc, notamment en relais des deux stars Paul George et Kawhi Leonard. "Je vais simplement être moi, a-t-il expliqué après le premier match de présaison de sa nouvelle formation. Bien sûr je ne vais pas avoir le même temps de jeu qu’avant, genre 30-35 minutes, mais je peux jouer 10-15 minutes et aider l’équipe du mieux que je peux, faire ces petites choses, les petits détails qui permettent aux équipes de remporter des matchs."

Un rôle que va aussi découvrir Timothé Luwawu-Cabarrot. "TLC" a profité des nombreuses blessures de l'effectif new-yorkais la saison passée pour décrocher un contrat longue durée dans la franchise. Les deux "franchise players" Kyrie Irving et Kevin Durant en tenue, le temps de jeu devrait se faire plus rare. Mais l'opportunité est réelle. Envoyé à Philadelphie par les Celtics, Vincent Poirier a été conservé dans l'effectif final des Sixers, qui comptaient pourtant déjà trois autres pivots. Une jolie marque de confiance pour l'international tricolore qui va devoir cravacher pour décrocher du temps de jeu chez un sérieux outsider de la conférence Est.

Le Français Timothé Luwawu-Cabarot a réalise son record de points en carrière avec 26 unités lors de la victoire des Nets contre les Bucks. (POOL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

• Quelles sont les nouvelles têtes à suivre ?

Ils sont là pour grandir. Deux petits nouveaux Frenchies ont été draftés, sélectionnés parmi les meilleurs jeunes joueurs de la planète en novembre dernier. Killian Hayes (19 ans) est devenu le Tricolore retenu le plus haut de l'histoire, à la 7e place. Il rejoint les Detroit Pistons, franchise en reconstruction totale, et dans laquelle il devrait rapidement avoir des responsabilités. Le gaucher formé à Cholet Basket devrait être titulaire à la mène. "Le futur s’annonce vraiment radieux pour ce jeune garçon s’il garde la même trajectoire, a dit de lui son entraîneur Dwane Casey durant le camp d'entraînement des Pistons. Ce n’est pas un rookie classique." Hayes fera notamment équipe avec Sekou Doumbouya (20 ans le 23 décembre), autre joueur français drafté par la franchise du Michigan la saison passée. Les victoires ne devraient pas être nombreuses pour les deux hommes. Mais couvés par les deux anciennes stars Derrick Rose et Blake Griffin, le potentiel est là pour s'installer durablement.

Alors qu'on l'attendait dans les mêmes hautes sphères que Hayes, Théo Malédon a reculé ces derniers mois dans la hiérarchie de la draft. Sélectionné au deuxième tour, il a toutefois vu son contrat être garanti par le Thunder d'Oklahoma City, chez qui il a été échangé juste après avoir été retenu par Philadelphie. L'ancien de l'ASVEL débarque dans une franchise sans prétention sportive cette saison, mais parfaitement gérée et qui s'est construite grâce à ses recrues à la draft. Malédon semble déjà avoir la confiance du staff d'OKC, qui lui a donné du temps de jeu en pré-saison.

• Qui va devoir le plus se battre pour se faire une place ?

Dans la dure loi de la NBA, nombreux sont les joueurs à avoir un pied dans la ligue sans jamais parvenir à y faire leur trou. Axel Toupane, coupé vendredi dernier par les Golden State Warriors après y avoir tenté sa chance, peut en témoigner. Les exemples de carrières parties du bas de la rotation, voire de la G-League, la ligue de développement de la NBA, sont toutefois de plus en plus nombreux ces dernières saisons. C'est cette voie que vont devoir suivre plusieurs joueurs Français. Adam Mokoka (Chicago Bulls) et Killian Tillie (Memphis Grizzlies), vont naviguer entre leur club pour 50 matches maximum et la franchise de G-League qui y est affiliée grâce à la signature d'un "two-way contracts". 

Mokoka retrouve le même rôle que la saison passée, pendant laquelle il avait semé quelques promesses, dont un coup de chaud en février contre New Orleans (15 points à 6/6 au tir en 65 minutes). Tillie sort, lui, d'un cursus universitaire réussi à Gonzaga. Mais miné par des blessures régulières, il n'a finalement pas été drafté. Son profil d'intérieur moderne, capable de tirer de loin, pourrait lui offrir quelques opportunités chez les Grizzlies et leur groupe mené par des jeunes talents. Jaylen Hoard et Elie Okobo repartent de leur côté à zero. Respectivement "two-way player" du côté de Portland la saison dernière (16 matches NBA disputés) et sous contrat avec Phoenix (4 points et 2,1 passes de moyenne en 13 minutes de jeu), ils n'ont pas été conservés. Oklahoma City et Brooklyn ont bien récupéré les deux Français, mais uniquement pour pouvoir récupérer leurs droits pour leur franchise de G-League. C'est donc dans l'antichambre de la NBA que Hoard et Okobo vont devoir se battre pour s'accrocher à leur rêve.

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