"Il y a longtemps que je ne me suis pas senti aussi épanoui" : Nicolas Batum, un basketteur français qui brille en NBA

C'est l'histoire d'une renaissance : celle du basketteur français Nicolas Batum, qui évolue depuis 13 ans dans le prestigieux championnat américain NBA.

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Radio France
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Le basketteur Nicolas Batum avec l'équipe de France, lors des quarts de finale du Mondial contre les Etats-Unis, le 11 septembre 2019. (YE AUNG THU / AFP)

Le capitaine de l'équipe de France de basket ne jouait quasiment plus la saison dernière avec l'équipe des Charlotte Hornets et certains observateurs lui prédisaient la fin de sa carrière américaine. Mais Nicolas Batum a finalement rejoint cette saison l'une des meilleures formations de la Ligue : les Clippers de Los Angeles. Et il y brille dans un rôle d'équipier modèle. Pour Nicolas Batum, âgé aujourd'hui de 32 ans, tous les voyants sont au vert.

franceinfo : Comment se passe cette saison ?

Nicolas Batum : Pour l'instant, tout se passe très bien, collectivement et individuellement, au niveau familial. Je pense que tout le monde est bien là où il est. On joue très bien collectivement. Je m'épanouis individuellement. Et ma famille se plaît beaucoup à Los Angeles, donc tout va bien pour l'instant.

Comment pouvez-vous qualifier votre rôle au sein de cette équipe des Clippers ?

Ils ont un terme ici qu'ils appellent le "glue guy". C'est un peu le joueur qui fait tous les petits trucs ou qui raccorde tout le monde, qui fait en sorte que tout marche bien sans vraiment se mettre en avant. C'est un peu ce que j'ai toujours aimé faire dans ma carrière. C'est un rôle pas forcément compris par le grand public en général, mais qui est très apprécié dans les équipes, c'est ce qui m'importe le plus. C'est exactement ce que je suis en train de faire avec cette équipe-là, et ça plaît. Donc tant mieux pour moi. Tant mieux pour nous.

On peut dire que vous avez gagné rapidement la confiance de vos coéquipiers et de votre coach...

Oui, très, très vite. J'ai la chance de jouer avec des joueurs très intelligents et un staff vraiment très compétent, donc ça a été très simple pour moi de m'intégrer avec ce nouveau groupe. C'est vraiment un groupe de très haut niveau, donc c'est un plaisir et un bonheur d'aller bosser tous les jours avec un groupe comme ça. Ce n'est pas forcément évident de rebondir dans une équipe comme ça. Je suis assez fier de moi par rapport à ça. J'ai vraiment fait pas mal de choses pour revenir à un certain niveau et que ça se soit fait aussi vite, je suis assez content. Je pense que ce n'est pas évident de faire ça.

Vous n'avez pas douté, en tout cas, pensez-vous que ça a été sûrement un élément essentiel ?

Il y a eu beaucoup de bruits extérieurs. Mais j'ai toujours eu des proches qui ont cru en moi, qui m'ont poussé. Et puis j'ai toujours su que je pouvais rester, je savais qui j'étais, le niveau que j'avais encore. Dans le monde du sport, l'entourage est important et j'ai la chance de l'avoir et de ne pas douter de ce que je sais, de ce que je suis. Ça marche, c'est bien.

Peut-on parler d'une seconde jeunesse ?

Un petit peu. À 32 ans, il y a longtemps que je ne me suis pas senti autant épanoui, heureux, sur un terrain.

Vous êtes dans le trio de tête des Clippers lors de cette conférence Ouest. Vous considérez qu'il y a le potentiel pour jouer le titre cette année ?

Bien sûr. On a un groupe pour. Après, il y a beaucoup d'équipes qui aspirent à soulever le trophée à la fin. Au moins sept ou huit équipes qui prétendent et on en fait partie. Il y a des équipes qui sont encore plus armées ou plus monstrueuses que nous, c'est sûr. Mais ce n'est pas impossible. La NBA est peut-être la ligue sportive la plus dingue au monde, où c'est dur de prédire quoi que ce soit. On sait qu'on a une chance de jouer et d'aller jusqu'au bout.

Est-ce qu'il y a des équipes qui vous font forte impression sur cette première partie de saison ?

Il y a les Lakers. Même s'ils ont des blessés, quand leurs deux stars vont revenir, ils vont être monstrueux. Brooklyn, extraordinaire, ils montent une énorme armada. Philadelphie est très costaud. Milwaukee est costaud. Phoenix remonte très bien. Utah est très fort cette année. Il y a plusieurs équipes qui peuvent faire peur.

À votre image, les Français sont dans une très bonne dynamique en NBA. On le voit avec Rudy Gobert. Evan Fournier est blessé, mais il avait réussi des matchs convaincants avec les Celtics. C'est bien pour l'équipe de France ?

C'est bien pour le basket français. L'exemple qu'on essaie de donner vraiment ici, c'est de représenter le basket français en général et d'être un exemple aussi pour tout le monde. Là, on a la chance d'avoir beaucoup de joueurs français dans les grosses équipes. Rudi avec Utah, Evan avec Boston, Axel Toupane à Milwaukee, Thimothée Luwawu-Cabarrot à Brooklyn, moi aux Clippers. On a quand même cinq Français qui peuvent aller très, très loin et représenter aussi le basket français, d'une certaine façon en play-offs. Ça ne serait pas impossible qu'il y ait une confrontation de Français aussi en finale NBA. Je l'espère en tout cas.

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