Eurobasket : les Bleus, ces enfants de la balle

Ils ont pratiquement tous grandi sous les panneaux : la moitié ou presque de l'équipe de France a un parent qui jouait déjà au basket. Revue d'effectif, avant France-Israël.

Boris Diaw et les joueurs de l\'équipe de France de basket, le 6 septembre 2015, à Montpellier (Hérault).
Boris Diaw et les joueurs de l'équipe de France de basket, le 6 septembre 2015, à Montpellier (Hérault). (PASCAL ALLEE / HOT SPORTS / AFP)

A croire qu'il faut descendre de basketteurs pour être sélectionné en équipe de France. La plupart des Bleus, qui affrontent Israël, jeudi 10 septembre, à Montpellier (Hérault), pour leur dernier match de poules de l'Eurobasket, ont vu leurs parents fouler les parquets bien avant eux. Avec évidemment quelques exceptions, comme Evan Fournier, dont le père et la mère étaient… judokas professionnels.

Boris Diaw, capitaine comme sa mère

Boris Diaw et sa mère Elisabeth Riffiod, le 8 juillet 2003, à Atlanta (Etats-Unis).
Boris Diaw et sa mère Elisabeth Riffiod, le 8 juillet 2003, à Atlanta (Etats-Unis). (JOHN BAZEMORE / AP / SIPA)

Deux cent quarante-sept. C'est le nombre de sélections que Boris Diaw, capitaine des Bleus, aimerait atteindre. Le même que sa mère, Elisabeth Riffiod, une grande dame du basket français. D'abord parce qu'elle évoluait au poste de pivot. Mais aussi parce qu'elle a gagné sept championnats de France, six avec Clermont, un autre avec Asnières, et une médaille d'argent européenne avec les Bleues. Elle aussi était d'ailleurs capitaine de l'équipe. "Je ne l'ai jamais vue jouer en sélection", raconte Boris Diaw dans Sud Ouest. "Mais j'avais les maillots. Je rêvais." Fils d'une mère basketteuse et d'un père sauteur en hauteur, Boris Diaw a logiquement développé des aptitudes pour la balle orange. Contre Israël, l'intérieur tricolore honorera sa 206e rencontre sous le maillot français.

Rudy Gobert, tout d'un grand

Tel père, tel fils. Rudy Gobert n'a pas hérité de son père, Rudy Bourgarel, qu'un prénom : il partage aussi avec son paternel une tonicité naturelle et une taille XXL. La nouvelle star des Bleus, avec ses contres spectaculaires, mesure 2,15 m, le second 2,13 m. Et ce n'est plus seulement par la taille qu'il le dépasse : Gobert fils affiche désormais 35 sélections, son père 19. Côté carrière, Rudy Bourgarel a bien tenté sa chance outre-Atlantique, via un cursus universitaire, mais il sera rappelé en France pour faire son service militaire. Pas de NBA, donc, au contraire de son fils. Une déception qui poursuivra Bourgarel et pourrira son parcours, de club en club, alors qu'il était l'un des espoirs du basket français.

Tony Parker, senior et junior

Malgré son attachement au maillot bleu, la star du basket français est née à Bruges, en Belgique. La raison ? C'est là que son père, Tony Parker, basketteur originaire de Chicago, jouait alors. Dans la foulée, ce dernier déménage et signe à Denain (Nord). Le coach du club, Jean-Pierre Staelens, devient même le parrain de Tony Parker. A cette époque, le père multiplie les piges en Europe, écrit Libération, et repart même un temps aux Etats-Unis. Sa mère, seule, s'occupe de son fils, qui grandit entre Denain, Dieppe, Rouen et finalement Fécamp, où il arrive à l'âge de 7 ans. C'est dans cette ville normande qu'il commence le basket et c'est ici qu'il se considère chez lui, rapporte L'Equipe magazine (article payant).

Photo de famille de Tony Parker senior, sa femme et ses trois fils.
Photo de famille de Tony Parker senior, sa femme et ses trois fils. (PICARD / V.S.D./ SIPA)

Nicolas Batum, collé aux baskets de son père

De l'aveu de sa maman, citée par Le Monde, Nicolas Batum "est né avec un ballon de basket dans les mains". La faute à son père, Richard, basketteur pro sénégalais. Malheureusement, celui-ci meurt deux ans après la naissance du futur ailier NBA, d'une crise cardiaque, en plein match. "J'étais dans le public quand c'est arrivé", a raconté Nicolas Batum à la presse américaine (en anglais). "Il avait subi une faute, allait tirer ses lancers francs, et là il s'est écroulé." Il a toutefois eu le temps de transmettre sa passion à son fils et de l'en imprégner dès le plus jeune âge : bébé, "mon père me mettait dans son sac de sport pour aller aux entraînements et aux matchs", se souvient encore le joueur dans Paris Match

Joffrey Lauvergne, toujours sur la route

Stéphane Lauvergne, le 14 février 2004, à Beauvais (Oise).
Stéphane Lauvergne, le 14 février 2004, à Beauvais (Oise). (MAXPPP)

Stéphane Lauvergne est un brin maudit. Trois fois (à Cholet, Levallois et Toulouse), son club a été relégué pour des motifs financiers. Pas de bol. Mais pas de quoi arrêter le père de l'intérieur tricolore, joueur "dur au mal", d'après Rue89, dont Joffrey a hérité "la hargne, le sens du sacrifice, le culte du travail". Stéphane Lauvergne, 1,98 m, a égréné les clubs pendant toute sa carrière, récompensée par une participation à l'Eurobasket, en 1989. Du coup, le fils admet avoir "parfois mené une vie de gens du voyage". Un désagrément qui ne l'a pas empêché de suivre les traces de son père et de devenir basketteur pro à son tour pour aller de déménagement en déménagement, entre Chalon (Saône-et-Loire), Belgrade (Serbie), Moscou (Russie) et dernièrement Denver (Etats-Unis).

Léo Westermann, enfant de la SIG

Appelé à la dernière minute pour suppléer Antoine Diot, blessé à la cuisse, Léo Westermann est né à Haguenau, en Alsace, et y a grandi. Son père, Marc, était joueur pro à Strasbourg Illkirch-Graffenstaden Basket, la SIG, coachée aujourd'hui par Vincent Collet, le sélectionneur des Bleus. "Il ne m’a jamais poussé à faire du basket, raconte le meneur français au site Vox Stadium, mais chez les Westermann, c’est une affaire de famille." N'empêche, petit, c'est son père qui lui donne ses premiers entraînements. "Aujourd’hui encore, quand je rentre l’été à la maison, il continue à m’entraîner, on a une relation père-fils mais aussi entraîneur-joueur à part qui est exceptionnelle."

Nando De Colo, tombé dedans à la naissance

Chez les De Colo, tout le monde a tâté la balle orange. Les filles, le père, la mère et le frère, Nando De Colo, depuis qu'il a 5 ans. Originaire du Nord-Pas-de-Calais, l'arrière des Bleus explique dans L'Equipe magazine : "Nous sommes ici sur une terre de basket. On a sur la côte les clubs de Gravelines-Dunkerque en Pro A, de Boulogne-sur-Mer en Pro B et, à l'intérieur des terres, on a Denain, Lille et Orchies. (...). Dans la région, tout le monde joue au basket." Manifestement, le joueur du CSKA Moscou, qui réalise des championnats d'Europe de basket tonitruants, est celui qui y joue le mieux. Mais sa mère, Nicole, a été professionnelle pendant un temps. Elle a même affronté en première division française… Elisabeth Riffiod, la mère de Boris Diaw.