"Je me suis dit, ce n'est pas possible !" : quand le directeur du Dakar a tout envisagé après la fermeture des frontières en Arabie Saoudite

Le directeur du Dakar David Castera est revenu pour l'AFP sur les doutes qui ont saisi les organisateurs du Dakar 2021 après l'annonce par l'Arabie saoudite de la fermeture de ses frontières une dizaine de jours avant le départ du rallye-raid, dont la 1re étape a lieu dimanche et donc le prologue s'est déroulé ce samedi.
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France Télévisions
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Le directeur du Dakar David Castera (FRANCOIS FLAMAND / DPPI MEDIA)

Comment avez vous réagi à l'annonce de la fermeture de l'espace aérien par Riyad en raison de l'apparition de la variante du nouveau coronavirus détectée au Royaume-Uni ?
David Castera :
"La nouvelle est tombée vers 22h00 le dimanche soir la semaine dernière, on l'a appris en même temps que tout le monde. Il a fallu attendre le lendemain matin pour joindre nos amis saoudiens, et on leur a dit tout de suite 'Qu'est ce qui se passe? Comment on fait? Comment voyez vous les choses? Le Dakar a-t-il lieu ou pas?' Tout simplement, c'était ça la question. Ils nous ont rassuré en disant qu'ils voulaient le Dakar, mais qu'ils interdisaient les vols commerciaux. Alors, avec l'accord des autorités saoudiennes, on a décidé d'affréter huit avions charters en plus des dix déjà prévus et de les optimiser au maximum pour permettre à tous les concurrents et tous ceux engagés sur le rallye de pouvoir rejoindre Jeddah à temps pour le départ".

Est ce que vous avez envisagé d'annuler le Dakar?
D.C :
 "J'avoue que la nuit avant de joindre les autorités saoudiennes a été très compliquée. Je me suis dit 'C'est pas possible', on avait tellement travaillé pour. Mais une fois rassurés par les Saoudiens, il a fallu relever le défi logistique. Nous avons dû nous débrouiller et trouver des avions pendant les fêtes de fin d'année, mais nous y sommes parvenus. Avant la fermeture des frontières saoudiennes, de toute façon, le Covid avait déjà tout compliqué, on avait du mal à se projeter. Heureusement une fois la bulle sanitaire (auto-isolement obligatoire de 48 heures pour tous les participants et tests PCR sur place, NDLR) mise en place, on espère enfin revenir à des problématiques plus normales sur le Dakar".

Comment avez-vous déterminé ce protocole sanitaire ?
D.C : "Nous nous sommes inspirés de ce qui s'est fait en Formule 1 et en MotoGP. Et puis l'expérience du Tour de France nous a bien aidés aussi. (ASO, la société organisatrice du Dakar, est également l'organisatrice du Tour de France, NDLR). Quelque part nous avons un peu de chance, car nous fonctionnons déjà dans une espèce de bulle en rallye-raid. Nous n'avons pas de spectateurs comme dans un stade, nous sommes 2.000 dans le désert. Nous avons rendu plus stricte l'entrée dans la bulle. Tout ça pour qu'à la fin, j'espère, les engagés soient heureux du parcours qu'on leur aura préparé, parce que c'est ça qui compte au final. Le parcours, c'est l'âme de cette épreuve. Et on se doit de préserver la magie, la part de rêve et d'inconnu du Dakar".

Propos recueillis par Boris DESCARGUES

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