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Six anecdotes à connaître pour tenir le coup au marathon de Paris

Dimanche, sur les Champs-Elysées, 54 000 participants vont partir à l'assaut des 42,195 kilomètres qui les sépareront de l'arrivée, avenue Foch. L'occasion de se pencher sur une discipline qui regorge d'histoires savoureuses.

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Des coureurs en plein effort près de la tour Eiffel, lors du Marathon de Paris, le 12 avril 2015. (VALERIY MELNIKOV / RIA NOVOSTI / AFP)

La plupart se sont entraînés pendant de longues semaines pour être prêts. Et, pour eux, dimanche 3 avril, c'est le grand jour, celui du marathon de Paris, auquel 54 000 coureurs (13 484 femmes et 40 450 hommes) participent. Mais, pour réussir un marathon, il faut souvent concentrer son esprit sur autre chose que la douleur provoquée par l'effort. Pour inspirer les coureurs et les aider à tenir le coup, francetv info a déniché des anecdotes étonnantes sur cette discipline.

Kilomètre 5 : rire ou courir, pourquoi choisir ?

Vous venez d'arriver place de la Bastille et vous avez toujours le sourire. D'autant qu'autour de vous, les coureurs-plaisantins, déguisés en Scooby-Doo ou en toilettes humaines, sont toujours dans la course. Si cela vous donne du baume au cœur, pensez au déguisement que vous porterez lors du prochain marathon du Médoc, à Pauillac (Gironde). L'écrasante majorité des participants y sont vêtus de façon loufoque et la course est surtout l'occasion de faire la fête pendant deux jours, en pleine période des vendanges. Attention en revanche à ne pas trop s'attarder aux aires de ravitaillement, où l'on propose des verres de vin rouge.

Kilomètre 15 : il remporte le marathon olympique pieds nus

Vous voilà au beau milieu du bois de Vincennes, vous commencez à "piocher" un peu et vos baskets flambant neuves vous font mal aux pieds. Vous avez toujours la possibilité de les enlever, pour suivre l'exemple d'Abebe Bikila. En 1960, cet Ethiopien totalement inconnu s'est aligné pour le marathon des JO de Rome sans chaussures. Non pas parce qu'il n'en trouvait pas dans la capitale italienne, comme le dit la légende, mais parce qu'il courait tout simplement plus vite pieds nus.

Le marathonien éthiopien Abebe Bikila, lors de sa victoire aux Jeux Olympiques de Rome (Italie), le 10 septembre 1960. (EPU / AFP)

Le public romain est d'autant plus ébahi que Bikila remporte l'épreuve, devenant le premier Africain médaillé d'or de l'histoire des JO, et bat au passage le record du monde du marathon en 2h15. Plus fort encore, il ne semble même pas fatigué à l'arrivée, alors que ses concurrents sont tous "à ramasser à la petite cuillère", comme en témoigne l'écrivain Jean Giono, admiratif.

Kilomètre 20 : à 104 ans, il court toujours

La rue de Charenton s'étend devant vous et, tel Danny Glover dans L'Arme fatale, vous vous dites que vous êtes "trop vieux pour cette m****". Eloignez cette pensée en imaginant Fauja Singh courir à vos côtés. A 104 ans, cet Indien sikh, reconnaissable au milieu des foules à son grand turban jaune, est officiellement le plus vieux coureur de marathon du monde, comme le raconte Le Figaro. Sa dernière course en date est le marathon de Bombay, qu'il a couru en partie le 17 janvier dernier. Certes, il ne parcourt plus que des semi-marathons. Mais cela veut dire qu'il serait juste derrière vous s'il courait aujourd'hui à Paris.

Fauja Singh, 104 ans, le plus vieux marathonien du monde, photographié ici le 24 février 2013 à Hong Kong. (KIN CHEUNG / AP / SIPA)

Kilomètre 30 : il termine la course en 54 ans

Vous passez à proximité de la tour Eiffel, mais vous ne la voyez même pas. Vous venez de vous prendre le fameux "mur du marathon", la panne sèche qui menace tous les coureurs après le kilomètre 30. Si vous pensez à vous arrêter pour souffler, n'imitez surtout pas Shizo Kanakuri. Comme le raconte Eurosport, en 1912, lors du marathon olympique des jeux de Stockholm, ce Japonais se sent mal au 30e kilomètre, et s'écroule dans le jardin d'une maison. Ses occupants lui offrent à boire avant de l'inciter à s'asseoir sur leur canapé. Le coureur s'y endort et se réveille… le lendemain.

Accablé par la honte, le coureur ne prévient personne et rentre précipitamment au Japon. Les organisateurs du marathon ne sauront pas, pendant des décennies, ce qu'il est advenu du Japonais, officiellement porté disparu. Invité pour l'inauguration d'un grand magasin, il revient finalement en Suède en 1967, à l'âge de 76 ans. Conduit au stade olympique de Stockholm, il y parcourt la dernière ligne droite et franchit la ligne d'arrivée de cette course qu'il aura terminée en 54 ans, 8 mois, 6 jours, 32 minutes, 20 secondes et 3 dixièmes.

Kilomètre 35 : trahi par une moustache

Vous dépassez la porte d'Auteuil. Bravo, le mur est passé, vous pouvez maintenant à nouveau essayer de vous concentrer sur votre temps. Soyez aussi attentif aux spectateurs qui jalonnent le parcours. C'est souvent à cette distance que certains tricheurs tentent de se mêler aux coureurs, comme le décrit Slate.

En 1991, au marathon de Bruxelles, l'Algérien Abbes Tehami croyait bien avoir réussi son coup. Il a d'abord laissé son entraîneur débuter la course à sa place. Caché dans un fourré, le vrai coureur a ensuite discrètement récupéré son dossard pour remplacer son coach et partir à l'assaut du peloton de tête.

Sauf que des coureurs remarquent que ce marathonien incroyablement endurant ne porte plus la moustache qu'il arborait sur la ligne de départ. Avertie, la direction de course le laisse terminer. Le public est alors invité à le siffler lorsqu'il franchit la ligne d'arrivée en tête. Disqualifié, il "s'enfuit dans la nuit", comme le raconte Le Soir.

Kilomètre 41 : ne jamais crier victoire trop tôt

Ça y est, vous voyez au loin l'arc de Triomphe et, à quelques centaines de mètres devant vous, la ligne d'arrivée. Vous remontez l'avenue Foch en serrant les dents. Surtout, ne relâchez pas votre effort et pensez à la chaotique arrivée du marathon olympique de Londres, en 1908.

A quelques centaines de mètres de la ligne, le Sud-Africain Charles Hefferon se voit déjà arrivé et accepte une coupe de champagne tendue par le public. Mais l'alcool provoque d'horribles crampes d'estomac et le fait vomir. Il est alors dépassé par l'Italien Dorando Pietri, qui pénètre en tête dans le stade olympique en liesse. Sauf que, bourré de strychnine, il se trompe de sens et s'évanouit quatre fois en 200 mètres, comme le raconte le Guardian à l'époque.

En titubant plus qu'en courant, le Transalpin passe bien la ligne en tête, mais il est épaulé par des officiels. Une réclamation est déposée et c'est finalement l’Américain John Hayes qui est déclaré vainqueur, alors qu'il était troisième une poignée de minutes plus tôt.

La preuve que tout est possible pendant un marathon. Alors accrochez-vous et pensez à la fierté qui sera la vôtre dans quelques secondes, une fois que vous pourrez, enfin, lever les bras de bonheur.

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