Dopage dans l'athlétisme : le chef du laboratoire antidopage russe démissionne

Le directeur du laboratoire, Grigory Rodchenko, serait au cœur d'un système de "dopage organisé" en Russie, selon l'Agence mondiale antidopage.

Les athlètes russes Mariya Savinova (G), championne olympique du 800 m, et Ekaterina Poistogova (D), aux JO de Londres, le 11 août 2012. L\'Agence mondiale antidopage demande leur suspension à vie.
Les athlètes russes Mariya Savinova (G), championne olympique du 800 m, et Ekaterina Poistogova (D), aux JO de Londres, le 11 août 2012. L'Agence mondiale antidopage demande leur suspension à vie. (FRANCK FIFE / AFP)

Le chef du laboratoire antidopage russe a démissionné dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 novembre, après des accusations de "dopage organisé" dans l'athlétisme en Russie. "Il a décidé de démissionner pour emmener toute la négativité avec lui", a réagi le ministre des Sports, Vitaly Mutko.

1 400 échantillons détruits avant une visite de l'AMA

L'Agence mondiale antidopage (AMA) accuse Grigory Rodchenko, le directeur du laboratoire antidopage de Moscou, d'être au cœur du système de dopage russe. L'agence a retiré son accréditation au laboratoire, qui falsifiait selon elle les résultats des examens "moyennant finances".

Quelque 1 417 échantillons ont été détruits en décembre 2014 par le laboratoire antidopage de Moscou, selon l'AMA. L'opération est survenue à la veille de la visite de la commission d'enquête de l'agence, qui avait signalé son arrivée à Grigory Rodchenko.

Les résultats positifs presque toujours étouffés

Le rapport de l'AMA précise en outre comment le laboratoire antidopage de Moscou subissait des "interférences externes" : ordres verbaux du ministère des Sports, présence constante de membres des services secrets russes...

Ainsi, les résultats positifs n'étaient pratiquement jamais révélés à la Fédération russe d'athlétisme (Araf) ou à la Fédération internationale (IAAF). S'ils l'étaient, les athlètes pouvaient payer l'une des deux organisations pour étouffer le scandale.

La Russie a rejeté mardi les accusations "infondées" de l'AMA envers ses athlètes. Ces derniers risquent toutefois d'être privés des Jeux olympiques de 2016, puisque l'agence a réclamé la suspension de la Russie de toutes les compétitions.