Athlétisme : "C’est l’histoire de ma carrière : des coups d’éclat et des frustrations", résume Pascal Martinot-Lagarde, probablement absent des Mondiaux

A 31 ans, l'athlète francilien, médaillé de bronze aux Mondiaux 2019, a réalisé les minimas sur 110 m haies mais ne s'envolera pas pour Budapest avec la délégation française pour les championnats du monde (du 19 au 27 août), car n'ayant pas fait partie des trois meilleurs aux championnats de France.
Article rédigé par franceinfo: sport - Manu Roux
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 2 min
Pascal Martinot-Lagarde, lors des championnats de France à Albi, le 29 juillet 2023. (MAXPPP)

KO. Abasourdi. Le vice-champion d’Europe, et toujours recordman national du 110 m haies, Pascal Martinot-Lagarde, n’en revenait pas de sa quatrième place aux championnats de France, samedi 29 juillet à Albi, à l’issue d’une finale historique remportée par Sasha Zhoya (13’’01 mais avec un vent trop favorable: 2,3m/s). Conséquence: il ne participera, très vraisemblablement, pas aux Mondiaux de Budapest (19-27 août).

Pascal, vous attendiez-vous à ne pas terminer sur le podium des championnats de France ?

Pascal Martinot-Lagarde : Avant d’arriver à Albi, je m’étais préparé mentalement à disputer un 110 m haies du niveau d’une demi-finale mondiale. Et les trois qui m’ont devancé [Sasha Zhoya, Wilhem Belocian et Just Kwaou-Mathey] ont réussi à se hisser à ce niveau-là. Moi aussi, je fais un bon chrono mais je suis resté à un niveau français... C’est fou quand même, je fais 13’´25 et je ne suis même pas sur le podium des championnats de France ! Et pourtant, tout va bien, je n’ai pas de blessure ni aucune excuse mais je suis derrière... C’est très dur à digérer, je vais passer par une période où je vais avoir les idées noires. Ça faisait dix ans que j’étais devant, que j’essayais de porter haut les couleurs de la France mais cet été, les Mondiaux se feront sans moi.

Quatre hurdlers en moins de 13’´30, ça ne s’est jamais vu aux championnats de France. Vous vous sentez victime du niveau incroyablement élevé sur 110m haies ?

Mais bon sang pourquoi ai-je choisi le 110m haies ? Il y a tellement d’épreuves en athlétisme ! Je suis maudit ! Mais qu’est-ce qui m’a pris de choisir cette discipline ? (Soupir) Il y a une telle densité et les mecs sont si forts. J’ai même cru que mon record de France (12’´95) allait tomber dès les séries... On va se donner rendez-vous à l’année prochaine parce que là, je n’ai aucune envie de faire les meetings de fin de saison. Laissez-moi tranquille avec l’athlétisme, je vais vous dire bye-bye pendant au moins six mois.

"Je ne veux aucun passe-droit"

Vous ne vous donnez aucune chance d’être à Budapest ? Comme vous êtes quatre à avoir fait les minimas mondiaux pour trois places, c’est le comité de sélection de la Fédération française d’athlétisme qui doit trancher pourtant ? 

Quelle légitimité aurais-je aux Mondiaux avec cette quatrième place aux championnats de France ? J’ai été battu à la loyale et je n’ai aucune envie de prendre la place de quelqu’un qui l’a méritée plus que moi. J’accepte d’être remplaçant si besoin mais je ne demande pas plus. Il n’y a rien à dire.

Vous ne revendiquez pas de passe-droit eu égard à votre carrière, vos états de service ? 

Non, je n’en ai jamais demandé, ni voulu. C’est le comité de sélection qui décidera in fine mais si mon nom sort du chapeau, ce sera incohérent. Il n’y a pas de questions à se poser : les trois hurdleurs retenus pour les Mondiaux de Budapest doivent être les trois premiers du championnat de France. Je n’en fais pas partie. Point barre.

Ce n’est pas la fin de votre carrière, à 31 ans ?

Je ne vous cache pas qu’à chaud l’idée m’a traversé l’esprit mais je ne peux pas m’arrêter comme ça, surtout avec les Jeux Olympiques en point de mire. C’est l’histoire de ma carrière : des coups d’éclat et des frustrations. Là, la frustration est maximale. Mais je vais souffler un bon coup et revenir avec la rage. On se reverra l’année prochaine.

Propos recueillis par Manu Roux

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