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Championnats Européens / Athlétisme : Pierre-Ambroise Bosse, champion du monde du 800 mètres, outsider des Europe

Après l’explosion, Pierre-Ambroise Bosse doit maintenant passer par la confirmation. Et ces Championnats Européens n’auront rien d’une tâche aisée pour l’athlète français. Brillant champion du monde à la surprise générale l’an dernier à Londres, Bosse a depuis connu des mois pour le moins compliqués. Au point d’arriver à Berlin sans certitude, ni grosse référence, et avec l’étiquette d’outsider, et non d’assurance de titre. Le voilà tout de même qualifié pour les demi-finales vendredi, sans trop trembler.
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France Télévisions
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A la manière de ses foulées, tout va très vite avec Pierre-Ambroise Bosse. Les bons mots en zone mixte bien sûr. Mais aussi les événements. Rembobinons, retour vers le passé. Trois semaines après son sacre mondial, Bosse fait les gros titres pour une altercation sur un parking. L’homme au sourire communicatif devient une gueule cassée, la faute à plusieurs fractures au visage. S’en suit une fin de saison prématurée et des déboires judiciaires pour ce fait divers. 2018 reprend sur un rythme piano, le temps de se reconstruire. Ses premières sorties ne sont pas à la hauteur de son talent : un petit chrono pour son premier 800 de la saison en mai, puis une disqualification en Espagne.

De quoi s’inquiéter ? Pas tout à fait. Rouillé, PAB a continué de travailler pour revenir à un niveau plus décent. Il a s’est tout d’abord qualifié pour les Europe fin juin à Charléty, pour assurer. Puis, il s’est défoulé lors des Championnats de France en tentant d’avoir son record de France dans le viseur, pour "déboucher les tuyaux" comme il l’a expliqué à L’Equipe. Si le chrono n’a pas été aussi haut qu’espéré, le coureur a retrouvé les sensations, ce grain de folie qui avait fait de lui un champion du monde au culot, à la cuisse.

Le talent, mais pas la tendance

Cette cuisse, Bosse n’a pas eu à la faire parler outre mesure pour faire la différence lors de son entrée en lice en séries jeudi. Il a préféré rester au chaud dans le peloton avant d’assurer la troisième place de sa course, mais avec une marge réduite sur la concurrence. Ces deux dixièmes d’avance sur le quatrième lui évitent toutefois une sacrée déconvenue puisqu’avec un rythme lent, cette troisième série n’a pas offert de repêché au temps. "Un débutant le gars, j’ai fait tous les mauvais choix possibles", expliquait Bosse, assez perplexe, avant de manier – comme à son habitude – l’ironie. "C’était pas facile. Se lever le matin comme ça… Ce n’est que la deuxième fois seulement que je me lève avant midi cette année."

La pirouette fait sourire mais elle confirme l’impression lancinante d’un Bosse autant conscient de son talent que dans le flou quant à son niveau. Bosse a été devancé au bilan européen par l’Espagnol Saul Ordoñez qui l’avait devancé à Monaco pour la dernière répétition avant les championnats d’Europe. Et surtout derrière pointe le Polonais Adam Kszczot. Surpris l’an dernier aux Mondiaux par l’accélération de Bosse, il arrive avec le couteau entre les dents et une première partie de saison parfaite, invaincu en salle et champion du monde de la distance cet hiver. Fin tacticien, Kszczot a déjà marqué les esprits en signant le meilleur temps des séries. A Bosse de réagir et de défier les pronostics. Après tout, c’est ainsi qu’il s’était installé sur le trône mondial il y a tout juste un an.

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