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Athlétisme : la Russe Isinbayeva, taxée d'homophobie, se défend

Tout juste couronnée championne du monde de saut à la perche chez elle, à Moscou, la Russe Yelena Isinbayeva s'est fait remarquer jeudi en conférence de presse. Interrogée sur la loi russe contre la propagande homosexuelle, et la menace de boycott émise par certains des Jeux olympiques de Sotchi l'année prochaine, elle a notamment déclaré que "la propagande des relations non-traditionnelles serait un grand signe de non-respect des citoyens de notre pays et de nos lois". Rétropédalage vendredi matin : elle affirme avoir été "mal comprise".
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Radio France
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  (Newscom/SIPA)

En Russie, la voix de Yelena Isinbayeva porte bien plus que celle d'une sportive lambda. Légende de l'athlétisme, la "tsarine" a récupéré mardi dernier, lors du concours de saut à la perche des Mondiaux de Moscou, un titre de championne du monde abandonné depuis 2009. Elle peut désormais s'accorder une pause, une volonté clamée haut et fort ces derniers mois.

Mais cette retraite - peut-être provisoire - commence par une polémique. Une polémique née de propos tenus jeudi lors d'une conférence de presse à Moscou.

"Les hommes vivent avec les femmes, les femmes avec les hommes"

Au déclenchement, une question sur le boycott des Jeux olympiques de Sotchi en 2014, envisagé par des associations de défense des droits de l'homme et par certains athlètes, suite à la loi interdisant la "propagande homosexuelle" adoptée récemment en Russie. Une loi dénoncée par exemple par la sauteuse en hauteur suédoise Emma Green-Tregaro, arborant des ongles peints aux couleurs du drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté homosexuelle.

La Russe a réagi : "Nous tolérons toutes les opinions et nous respectons tout le monde, mais en retour, ces personnes doivent respecter nos lois et ne pas promouvoir dans les rues les idées des orientations non-traditionnelles ". Elle a ajouté qu'"historiquement, dans [le] pays, il n'y a jamais eu de problème avec la promotion des relations entre personnes du même sexe et je suis sûr qu'il en sera encore ainsi à l'avenir ".

Un peu plus tôt dans la semaine, Stéphane Caristan s'était déclaré "atterré " par les propos de certains officiels russes, jugeant qu'il ne fallait pas mélanger le sport et la politique en envisageant un boycott.

Rétropédalage en règle

Dans cette même conférence de presse, Isinbayeva a toutefois nuancé ses propos : "Nous (les Russes) nous ne sommes pas contre les choix faits par une personne ou quel type de relation elle entretient ".

De la nuance, la Russe est passée au rétropédalage dès vendredi matin, publiant un communiqué.

"Je suis opposée à toute discrimination contre les homosexuels, qui se base sur la sexualité (ce qui est contraire à la charte olympique)"

Isinbayeva explique notamment que "l'anglais n'est pas [sa] première langue et [elle croit] qu'[elle a] peut-être été mal comprise ". "Ce que je voulais dire, c'est que les gens doivent respecter les lois d'autres pays, en particulier quand ils sont invités " a-t-elle précisé.

Sincérité, pression médiatique ou des sponsors ? La Russe n'a fait qu'alimenter les critiques qui pleuvent sur le régime russe à cause de cette loi, à cinq mois de l'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi.

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