Alizé Cornet : "J'espère que le tennis à huis clos ne va pas durer trop longtemps"

Cinq mois après son dernier match sur le circuit WTA, à Lyon, Alizé Cornet effectue un retour convaincant sur le circuit: deux victoires en deux jours dans le tableau de Cincinnati ! La première contre l’Américaine Catherine McNally et la deuxième, dimanche soir, face à Sofia Kenin, tête de série numéro 2 du tournoi. Entre ces deux succès, Alizé Cornet a pris le temps d'évoquer pour France tv sport divers sujets comme la « bulle » sanitaire organisée autour des joueurs de tennis à New York, ou encore la sortie imminente de son premier livre...
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France Télévisions
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 (MATTHEW STOCKMAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Plusieurs joueurs et joueuses de premier plan ont renoncé au tournoi de Cincinnati et à l’US Open. Avez-vous hésité à vous rendre à New York ?
Alizé Cornet : "
Non, je n’ai pas hésité. J’espérais vraiment que l’US Open allait se tenir, surtout après l’annulation de Wimbledon. J’étais certaine de participer, et très motivée à l’idée de venir à New York. J’ai pris mes billets dès que la situation a semblé stabilisée. Et je ne le regrette pas !"

Quelles sont vos premières impressions, bonnes ou mauvaises, sur cette « bulle » sanitaire organisée pour les joueurs à New York ?
AC :
"J’ai le sentiment que le fait d’être tous réunis sur le même site, dans le même hôtel, après des mois de confinement, ça crée une sorte de cohésion de groupe. C’est très agréable d’avoir l’hôtel qui nous est complètement réservé, pour nous et notre staff, avec des salles qui sont spécialement aménagées pour les massages, les récups, des jeux… Tout a été pensé pour qu’on s’y sente bien. Et c’est important, nous allons passer 3 ou 4 semaines d’affilée dans cet hôtel ! 

Quand nous sommes au stade, certes les fans et l’ambiance nous manquent, mais on a tout l’espace pour nous! Il faut reconnaître que c’est très agréable de ne pas être les uns sur les autres, d’être à l’aise, c’est vraiment très cool.  La seule mauvaise surprise c’est que l’hôtel est vraiment très loin du stade, on peut mettre jusqu’à 1h45 pour faire le trajet, c’est très énergivore de passer autant de temps dans le bus, j’ai mis du temps à m’habituer.

Mais dans l’ensemble, ça fonctionne très bien. Et c’est un grand soulagement pour tous les pros du tennis parce qu’à un moment, pendant la crise sanitaire, on s’est demandé si on allait pouvoir rejouer un jour… Fort heureusement la réponse est « oui, on peut ! » et j’espère que d’autres tournois pourront prendre exemple sur ce qui est fait ici à New York."

Comment vivez-vous ces matches sans spectateurs, alors que vous jouez parfois sur des grands courts, avec plus de 8000 places, toutes vides? 
AC :
"C’est comme un match d’entraînement, en fait ! L’avantage avec mon match disputé (et gagné) contre Mc Nally, c’est que son staff faisait autant de bruit que 100 personnes, donc ça m’a pas trop dépaysé !  J’ai l’impression qu’une fois qu’on est dans notre match, il n’y a plus grand-chose qui peut nous déranger. Moi, je n’ai même pas remarqué qu’on n'avait pas d’applaudissements, que les tribunes étaient vides. À partir du moment où je peux voir mon entraîneur, que j’ai un contact visuel avec elle, moi c’est tout ce qui m’importe.

Les spectateurs c’est un bonus, certes pas négligeable, et qui peut nous aider dans certains moments, mais l’absence de public ne me perturbe pas, je suis trop concentrée sur mon match. J’espère que le tennis à huis clos ne va pas durer trop longtemps, mais c’est déjà bien de pouvoir rejouer, profitons de cette reprise !"

Plusieurs joueuses du top 10 WTA (Ashleigh Barty, Simona Halep, Elina Svitolina…) sont absentes des tableaux de Cincinnati et de l’US Open. Est-ce que cela peut rendre ces tournois encore plus imprévisibles ?
AC :
"Sur ces éditions des tournois de Cincinnati et de l’US Open, on va avoir des surprises, c’est quasiment sûr et certain. Quand on subit un break de 6 mois comme celui qu’on vient de vivre, il y a forcément des joueurs moins en forme, moins bien préparés que d’habitude, mais on en voit aussi d’autres qui en profitent pour se refaire une santé, et qui arrivent motivés comme jamais ! Pour ma part, je me sens bien, j’ai vraiment récupéré une fraîcheur mentale dont j’avais besoin. Il y avait un peu de lassitude qui s’était installé et là je me sens à nouveau très motivée."

Plus de cinq mois se sont écoulés entre votre dernier tournoi WTA, à Lyon, et votre reprise aux États-Unis. Vous en avez profité pour mettre la touche finale à un autre projet, un livre sur votre vie de joueuse de tennis (« Sans Compromis », en librairie le 9 septembre) ?
AC :
"Pour écrire ce livre, commencé avant le confinement, j’ai utilisé tous les « temps morts » qui existent dans la vie d’une tenniswoman: l’attente entre deux tournois, les longs voyages en train, en avion... Ce n’est pas vraiment une autobiographie, je n’ai pas le palmarès ou la carrière pour!  Ça ressemble plus à un carnet de bord, à un journal intime, pour que le lecteur puisse entrer, en « immersion », dans le quotidien d’une joueuse de tennis, et dans les coulisses du circuit. 

Dans ce livre il m’arrive d’être sévère avec moi-même parce que, déjà, je le mérite, mais aussi parce que j’ai décidé d’être franche et authentique. C’est d’ailleurs moi qui suis l’auteur de chaque ligne, je n’ai pas été aidée, j’ai tout rédigé de bout en bout avant de l’envoyer à des éditeurs. Ce livre est écrit avec ma plume, c’est cool, je suis fière !"

Propos recueillis le 23 août 2020 par Antoine Chuzeville 

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