Roland-Garros 2023 : combatif et fidèle à lui-même, Gaël Monfils renverse en cinq sets Sebastian Baez

Pour son entrée en lice dans ce qui pourrait être son dernier tournoi porte d’Auteuil, le Français a embrasé le court Philippe-Chatrier s'offrant le scalp de l’Argentin en cinq sets dans un final fou, mardi, terminant perclus de crampes.
Article rédigé par Justine Saint-Sevin - A Roland-Garros
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 2 min
Gaël Monfils a régalé sur le court Philippe Chatrier face à Sebastian Baez, le 30 mai 2023. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

On a beau s'y attendre, l'inattendu est toujours possible avec Gaël Monfils. La première grande liesse populaire ne pouvait pas venir d'un autre joueur que de lui. C'est un combat de terriens dans sa plus fidèle tradition qu'ont pu admirer les spectateurs de la "night session" du court Philippe-Chatrier, mardi 30 mai. Au bout de l'effort, ruisselant de sueur après plus de 3h40 de jeu, c'est le vétéran français (36 ans, 394e mondial) qui a créé la surprise contre l'Argentin Sebastien Baez (22 ans, 42e mondial). Le Parisien, mené 4-0 dans le cinquième set puis 5-4 en ayant perdu son engagement, a complètement renversé le momentum pour finalement s'imposer (3-6, 6-3, 7-5, 1-6, 7-5) lors du premier tour, après 3h47 d'un énorme combat.

On ne sait pas encore s'il s'agit du dernier Roland-Garros de la "Monf" sur l'ocre parisien, mais si tel est le cas, il a encore été fidèle à l'athlète qu'il est : un showman, au sourire communicatif, se régalant sur la terre battue - sa surface favorite -, capable de coups qui soulèvent des stades, et parfois trahi par son physique.

Mais ce mardi soir, même les crampes qui l'ont assailli en fin de match, quand venait le moment de conclure sa formidable remontée (il était mené 4-0 dans l'ultime set) ne l'ont pas arrêté. L'ancien numéro 6 mondial, qui n'avait joué que huit matchs en 2023, porté par un public bouillant, a enchaîné les courses pour balayer le fond de court d'un juge de ligne à l'autre. Il a tenu bon lors d'échanges appuyés rythmés par d'innombrables glissades et envoyés des passings venus d'ailleurs.

Monfils, le sens de la fête

Celui qui a confié à la fin de la rencontre s'être "nourri de l'énergie du public", pour aller chercher "sa première victoire depuis qu'il est papa", a aussi fait preuve d'une force mentale impressionnante. Il y a notamment eu ces deux balles de break effacées dans le deuxième set avant de s'en offrir le gain ou encore ce moment où, mené 4-5 (0-40) dans le troisième set, Gaël Monfils renversait encore le cours du match.

Jamais, le sourire ne l'a quitté. Le Français a fait le show, et le public, pleinement acquis à sa cause, le lui a bien rendu : des chants sur l'air de "Freed from Desire", des olas, une "Marseillaise", des "qui ne saute pas n'est pas français" ont abreuvé leur champion. Quelques minutes après le match les "merci Gaël" retentissaient encore dans les allées du stade.

Grâce à ce succès, le Parisien, forfait porte d'Auteuil la saison passée en raison d'une blessure au talon droit, rejoint l'un des favoris au carré final, le Danois Holger Rune (6e mondial). Ce dernier s'est qualifié en dominant l'Américain Christopher Eubanks en quatre sets (6-4, 3-6, 7-6 [7-2], 6-2). Gaël Monfils, qui commence à évoquer "la fin", sans en préciser l'échéance, prolonge ainsi encore un peu la fête.

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