Vidéo Paris 2024 : meilleure réactivité, récupération, immunité... L'Insep explore les atouts du sommeil sur les athlètes

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Durée de la vidéo : 2 min
A l'Insep, le sommeil comme enjeu de la performance
A l'Insep, le sommeil comme enjeu de la performance A l'Insep, le sommeil comme enjeu de la performance (franceinfo)
Article rédigé par Cédric Cousseau
France Télévisions
En vue des Jeux de Paris 2024, franceinfo met en lumière les personnalités de l'ombre qui concourent à la quête de médailles. A l'Insep, le chercheur Mathieu Nédélec prend soin des nuits des sportifs pour qu'ils brillent le jour.

Et si le sommeil pouvait faire la différence entre neuf sprinters alignés en finale du 110 mètres haie ou entre deux escrimeurs pour décocher la touche victorieuse ? La médaille tient à différents facteurs comme la condition physique et le mental. L'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep) estime désormais crucial d'inclure dans cette alchimie le bien dormir. Le camp de base des champions français installé dans le Bois de Vincennes a ainsi décidé de s'intéresser au sommeil pour en produire un avantage compétitif. 

"Un bon sommeil va assurer une meilleure récupération physique et cognitive, il est déterminant pour atteindre une performance de haut niveau, explique Mathieu Nédélec, chercheur en physiologie à l'Insep et chargé de mener une stratégie du dodo auprès des athlètes. L'intérêt pour le sommeil est récent, il remonte à une dizaine d'années seulement, mais de plus en plus d'études scientifiques confirment ses bienfaits". Car rogner sur une ou deux heures dans sa nuit peut constituer un handicap face à son adversaire.

Etudes sur le sommeil à l'Insep (DR)

"Ne pas dormir suffisamment, en quantité ou en qualité, va avoir des conséquences : le risque de se blesser ou de tomber malade plus souvent, ressentir plus intensément les blessures ou la perception de la récupération, gérer avec une plus grande difficulté les situations à enjeu, voir son temps de réaction allongé, la prise de décisions altérée, la fatigue mentale exacerbée...", énumère longuement le scientifique. C'est dire les enjeux de se mettre au lit.

De "20 à 25% de nos sportifs manquent de sommeil"

Comme tous les Français, les athlètes ont vu leur temps de sommeil moyen réduire année après année. "Nous avons perdu près d'une heure et demi au cours du XXe siècle, poursuit Mathieu Nédélec. En cause : les écrans à des heures inopportunes, les rythmes de vie importants et en particulier pour les athlètes les charges d'entraînement, les horaires matinaux ou tardifs des compétitions... On estime ainsi que 20 à 25% d'entre eux n'atteignent pas les 7 heures de sommeil recommandées. Je travaillais auparavant dans le milieu du football et il n'était pas rare de voir des sportifs après un match à 21h s'endormir après 3h voire faire nuit blanche. Cette nuit-là a forcément un impact le lendemain."

L'Insep leur propose ainsi un passage en labo pour analyser leur sommeil et trouver des solutions "d'hygiène de sommeil" personnalisées passant par exemple par la luminothérapie, la régularité dans les heures de coucher et de lever même sur les jours de repos, le choix d'aliments favorisant le sommeil comme les graines de courge, les viandes blanches, la banane, les fruits secs... Mais aussi des "thérapies dites cognitivo-comportementales reposant sur la méditation, l'hypnose, la méditation, la sophrologie... des méthodes aujourd'hui reconnues en matière de sommeil." 

Si revêtir le pyjama en temps et en heure est jugé déterminant, s'offrir une extension de sommeil, telle une cure, est également considéré comme un marche-pied pour les podiums. "Les sportifs qui arrivent sur une semaine à se fixer l'objectif de passer 10 heures au lit en voient les atouts, cela a été démontré avec des basketteurs américains qui ont constaté leur vitesse de course s'améliorer ou qui étaient plus habiles aux tirs à trois points. Donc au moins provisoirement, chercher à stocker du sommeil à l'approche d'une compétition peut être une stratégie."

Bains froids et literie thermo-régulante

En plus de ces recommandations, l'Insep a développé des protocoles inédits, notamment l'immersion en eau froide, tête incluse, pour optimiser la récupération et la qualité de sommeil. En partenariat avec l'Institut de recherche biomédical des armées, un surmatelas thermo-régulant "pour refroidir tranquillement l'organisme" a aussi été développé en interne afin de prévenir les épisodes de canicule qui dégradent le sommeil. Le surmatelas sera utilisé par différentes équipes de France et sportifs lors des Jeux de Paris. Il pourrait un jour se retrouver à la vente pour monsieur et madame tout le monde.

Le sur-matelas thermo-régulant développé à l'Insep (Insep)

En attendant, et au moins jusqu'à la fin des épreuves olympiques et paralympiques, un certain nombre de données recueillies sur le sommeil reste confidentiel afin de ne pas partager aux compétiteurs étrangers les secrets technologiques "made in France". "Le sommeil est si important que nous avons rénové l'intégralité de l'internat de l'Insep avec notre literie innovante", se réjouit le marchand de sable 2.0.

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