Tokyo 2020 : "L'annulation des Jeux reste une option" selon le numéro 2 du principal parti japonais au pouvoir

L'archipel nippon subit actuellement une recrudescence de l'épidémie de Covid-19, avec plus de 4000 nouveaux cas mercredi, seuil jamais atteint depuis janvier dernier. 
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 (DAVID MAREUIL / ANADOLU AGENCY)

Au lendemain de la date marquante des 100 jours menant jusqu'aux Jeux Olympiques de Tokyo, un entretien du N.2 du principal parti au pouvoir laisse planer le doute sur l'avenir, ce jeudi 15 avril. La nouvelle vague de contamination au Japon, face à laquelle l'Association médicale de Tokyo a tiré le signal d'alarme la veille, fait toujours peser la menace d'une annulation de l'événement.

"Nous devrons annuler (les Jeux, ndlr) sans hésiter si ce n'est plus possible" de les organiser, a déclaré Toshihiro Nikai, secrétaire général du Parti libéral-démocrate (PLD), dans un entretien à la chaîne de télévision japonaise TBS. Comme on lui demandait si l'annulation était une option, il a répondu: "Oui, bien sûr. Si les infections se répandent à cause des Jeux olympiques, je ne sais pas à quoi ils servent", a ajouté le numéro deux du parti au pouvoir. 

"Il se pourrait qu'il n'y ait pas de spectateurs"

Il a toutefois nuancé ses propos en soulignant "l'importance pour le Japon de susciter l'enthousiasme avec l'adhésion du public" et en rappelant que "nous voulons définitivement faire (des Jeux, ndlr) un succès. Pour y parvenir, il y a différentes questions à régler. C'est important de les régler l'une après l'autre". Un peu plus tard, un responsable du PLD anonyme, cité par l'agence Jiji affirmait: "les Jeux ne seront pas annulés".

La gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, a interprété les propos de M. Nikai comme "une option", rien de plus. "Je le prends comme un message d'encouragement fort pour que nous contenions le coronavirus par tous les moyens", a-t-elle déclaré. Le ministre japonais chargé de la campagne de vaccination a, quant à lui, évoqué la possibilité d'interdire totalement l'accès de spectateurs aux Jeux, alors que ceux qui étaient prévus de l'étranger ont déjà été bannis le mois dernier. "Nous organiserons les Jeux olympiques sous une forme qui est réalisable", a déclaré Taro Kono, cité par le journal Asahi. "Il se pourrait qu'il n'y ait pas de spectateurs". 

Une quatrième vague perturbe le relais de la flamme olympique

Ces commentaires interviennent à 99 jours de la cérémonie d'ouverture des JO de Tokyo (23 juillet-8 août), et alors que le Japon subit une quatrième vague d'infections à la Covid-19. Le pays a recensé plus de 4.000 nouveaux cas ce mercredi 14 avril, un niveau qui n'avait plus été observé depuis fin janvier sur son territoire. Les autorités ont imposé de nouvelles restrictions dans plusieurs départements, y compris à Tokyo, alors que la vaccination progresse à un rythme d'escargot au Japon (1,1 million d'habitants ont reçu une dose sur 126 millions). 

Cette nouvelle poussée du coronavirus perturbe le calendrier de certaines épreuves qualificatives pour les JO, ainsi que le relais de la flamme olympique, qui a démarré le 25 mars. Mercredi 14 avril, la ville de Matsuyama, dans l'ouest du Japon, a annoncé qu'elle annulait la partie du relais sur sa commune. Le département d'Osaka (ouest) avait aussi préféré relocaliser la semaine dernière le relais dans un parc fermé au public.

Les Japonais restent en majorité opposés à la tenue des JO de Tokyo cet été en raison des risques sanitaires, selon plusieurs sondages ces derniers mois. Malgré ces réticences et les obstacles, le vice-président du CIO, John Coates, a déclaré mercredi que les organisateurs n'envisageaient "certainement pas" une annulation. "Bien sûr, nous sommes inquiets, bien sûr la sécurité reste notre priorité, mais nous pensons que nous sommes préparés aux pires situations", a-t-il déclaré.

Avec AFP

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