JO 2022 : Perrine Laffont vers un doublé historique en ski de bosses ?

Championne olympique en titre et reine du ski de bosses depuis quatre ans, Perrine Laffont s’avance en grande favorite pour ses troisièmes JO d’hiver, à 23 ans seulement.

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De notre envoyé spécial à Zhangjiakou - Adrien Hemard - franceinfo: sport
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Perrine Laffont lors de la première manche de qualifications aux JO 2022 de Pékin, le 3 février 2022, au Genting Snow Park de Zhangjiakou. (HERVIO JEAN-MARIE / KMSP)

"C’est passé vite, j’ai l’impression que Pyeongchang c’était la semaine dernière". Du haut de ses 23 ans, Perrine Laffont ne perd pas le sourire à son arrivée à Zhangjiakou, au nord-ouest de Pékin. Quatre ans après son titre olympique en ski de bosses en Corée du Sud, la Pyrénéenne s’avance déjà vers ses troisièmes JO avec un objectif clair en tête : être la première femme à doubler la mise aux Jeux en ski de bosses. Sauf que cette fois, la Française arrive en grande favorite : "Ça fait 4 ans que je joue sur le top de mon sport. Pouvoir tenir sur la longueur, c’est satisfaisant."

Like a boss

Depuis son sacre sud-coréen de 2018, Perrine Laffont a en effet roulé sa bosse sur sa discipline, devenant la femme à abattre en raflant quasiment tout ce qu’il y a à gagner en ski de bosses : quatre globes de cristal de ski de bosses (2018, 2019, 2020, 2021) deux gros globes de ski acrobatique (2019, 2020), deux titres mondiaux en parallèle (2019) et individuel (2021), et ce, en laissant à chaque fois des miettes à ses adversaires. Un exemple ? Son millésime 2019-2020, ponctué par 8 victoires en 10 manches de Coupe du monde. À l’image des plus grands, Perrine Laffont a rendu l’exceptionnel banal, la victoire la norme.

"Mon statut a changé au fur et à mesure des années, des résultats. Je reste la même skieuse. Je suis là pour faire du ski, de la performance technique. Tout ce qu'il y a autour ne me concerne pas."

Perrine Laffont, championne olympique de ski de bosses en 2018

en conférence de presse

Seule Pyrénéenne de la délégation tricolore, l’Ariégeoise revient pourtant de loin. Au printemps 2019, un an après les Jeux - et malgré un premier gros globe de cristal de ski acrobatique -, Perrine Laffont envisage sérieusement de raccrocher les skis à 21 ans. "Il y a eu une année où j’ai eu envie d’arrêter ma carrière", confirme l’athlète, qui traverse alors un burn-out.

Fatiguée par la pression des résultats, par l’emballement médiatique, la jeune femme perd la flamme. "Se retrouver là deux ans plus tard avec le sourire, et toujours la motivation pour faire de belles choses sur la piste, c’est une petite victoire", apprécie-t-elle depuis le village olympique.

Pour retrouver le plaisir de skier - qu’elle place au centre de tout depuis -, "Pépette" ou "Pep" - ses surnoms - est repartie de la base : "C’est passé par l’amour du sport et en essayant de se construire un quotidien, un cocon autour de moi qui fait que je me sens bien sans ressentir la pression des résultats, l’attente autour de moi. Ce sont des choses qui inhibent mon plaisir de skier. Je ne fais pas du ski pour faire plaisir aux médias... Je fais du ski parce que j’aime ça, j’aime voyager et faire des Jeux olympiques."

Laffont la forme

Entourée d’une préparatrice mentale depuis 2013, mais aussi d’une avocate et d’un attaché de presse, Perrine Laffont a tout mis en œuvre pour recentrer son attention sur le ski. C’est d’ailleurs après ce recalibrage qu’elle signe sa meilleure saison, en 2019-2020. Mais depuis quelques mois, la sérénité ambiante a pourtant été mise à rude épreuve pour la Tricolore, de plus en plus chahutée par des concurrentes en pleine progression, notamment l’Australienne Jakara Anthony et la Japonaise Anri Kawamura.

"La concurrence permet d’élever mon niveau parce qu’il faut faire un run parfait, ça me pousse dans mes limites, c’est bien. Ça me fait évoluer en tant que skieuse, je progresse encore plus grâce à ça."

Perrine Laffont

en conférence de presse

Bousculée par ces adversaires, Perrine Laffont a même - chose rare - perdu pied le 17 décembre lors de l’étape de la Coupe du monde de ski de bosses à l’Alpe d’Huez, la première en France depuis quatre ans. Au milieu de la deuxième section de bosses, "Pépette" a lourdement chuté sur le dos et le crâne. Plus de peur que de mal. Laffont a alors vite remis les pendules à l’heure sur les étapes suivantes, reprenant au passage la tête du classement général de la Coupe du monde de ski de bosses.

Enfermée dans sa propre bulle à Pékin, où elle a coupé son téléphone et ses réseaux sociaux avant les premiers entraînements, la reine des bosses ne cache pas ses ambitions, même si elle parle de plaisir avant tout : "C’est sûr que si je repars avec une médaille c’est mieux que sans. (…) Je n’ai pas l’impression d’avoir tous les regards sur moi. Je suis plutôt bien, je me concentre sur ce que j’ai à faire sur la piste. Le reste est secondaire."

Sur la piste du Genting Snow Park, qui ressemble selon ses dires à celle de Pyeongchang (un heureux présage ?), Perrine Laffont s’élancera en quête d’un doublé olympique historique en ski de bosses féminin. Une aventure qu’elle racontera sans doute dans l’un de ses vlogs sur YouTube, avec ses ongles tricolores, dont la mise à jour est déjà prévue : "Je pourrais rajouter du doré sur mes ongles après la course, j’ai amené le vernis doré (rires)."

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