Reportage "On ne prendra pas de risques" : l'armée de l'air s'entraîne pour neutraliser d'éventuelles attaques terroristes par drones pendant Paris 2024

Les autorités prennent très au sérieux les potentielles attaques terroristes par drones pendant les Jeux olympiques 2024. Des exercices grandeur nature sont organisés avec l'armée de l'air.
Article rédigé par Simon Soubieux - édité par franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Les autorités vont déployer une quinzaine de tourelles. (SIMON SOUBIEUX / RADIOFRANCE)

C'est l'une des menaces qui planent sur les Jeux olympiques : l'utilisation de drones à des fins terroristes, par exemple en transportant des explosifs dans les stades ou les autres épreuves. Cette menace est prise très au sérieux par les autorités, au point que l'armée de l'air s'entraîne en ce moment lors d'exercices grandeur nature sur la base aérienne 107 de Villacoublay (Yvelines), en région parisienne.

Dans le ciel de la base aérienne de plus de 320 hectares, deux drones sont en train de survoler les bâtiments. L'ordre est immédiatement donné de les neutraliser : "L'ordre de brouillage est donné aux opérateurs, ils braquent les fusils brouilleurs." Des fusils gros d'un mètre, pesant 12 kilos, pointés vers le ciel par une dizaine de militaires. En trois secondes, les deux drones s'immobilisent : "Le drone est arrêté net par le brouillage."

Fusil brouilleur et fusil lance filet

Cette technique du brouillage, qui fonctionne grâce à des ondes radio électroniques, va être très utilisée cet été pendant les JO. Le général Arnaud Bourguignon, responsable de la protection aérienne des Jeux olympiques, explique cette méthode : "Ces militaires, qui seront sur le terrain avec les fusils brouilleurs, seront équipés d'une tablette et si on a un drone dans leur zone. Ils le verront, ils seront zoomés sur leur zone et ils recevront l'ordre de le brouiller au plus près du terrain."

Pendant la coupe du monde de rugby en France, 24 drones ont été brouillés grâce à cette technique. Mais au-delà des fusils brouilleurs, d'autres outils seront déployés. Sébastien est membre de la brigade anti-drone de la gendarmerie, avec sur son épaule un énorme fusil d'1,50 m : "C'est un fusil lance filet d'une portée jusqu'à 100 mètres. Ça déploie un filet de 2,80 m sur 2,80 m et c'est équipé d'un parachute, ce qui fait que le drone ne chute pas. Il est freiné dans sa descente et il tombe tout doucement."

Un fusil brouilleur utilisé pour neutraliser les drones. (SIMON SOUBIEUX / RADIOFRANCE)

À Paris, les autorités vont aussi déployer une quinzaine de tourelles. Elles pourront détecter des drones sur plusieurs centaines de mètres. Un lourd dispositif, selon le général Bourguignon, mais qui correspond à la menace. "On ne prendra pas de risque. Cette menace est considérée comme une menace élevée parce que vous avez énormément de drones en circulation en France. Donc oui, c'est une menace qui est prise très au sérieux pour les Jeux olympiques", assure-t-il. 

Dès l'automne et la Coupe du monde de rugby, la neutralisation des drones était l'une des priorités des autorités. Sauf que pour les JO, la tâche sera bien plus difficile. "C'est un véritable changement d'échelle. Parce qu'on va avoir un nombre très important de sites à surveiller en même temps, prévient le général Bourguignon. Alors que pendant la Coupe du monde de rugby, les événements étaient ciblés sur un match à la fois." Le nombre de drones en circulation en France n'arrête pas d'augmenter. Il y a sept ans, on en comptait 400 000. Selon un rapport sénatorial, on en compte environ trois millions aujourd'hui.

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