JO 2022 : "un petit pincement au cœur", "je vais la regarder à la télé"... Ces athlètes privés de cérémonie d’ouverture

Sur les 88 membres de la délégation tricolore, seulement 27 auront la chance de défiler au stade olympique lors de la cérémonie d’ouverture. Un choix à contre-cœur parfois difficile à avaler pour ceux privés de cérémonie.

Article rédigé par
De notre envoyé spécial à Zhangjiakou - Adrien Hemard
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Alexis Pinturault lors du premier entraînement de descente le 3 février 2022 à Yanqing. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Les pays qui boycottent diplomatiquement les Jeux olympiques de Pékin ne seront pas les seuls à manquer la cérémonie d’ouverture, vendredi 4 février, au stade olympique (à suivre dès 13h sur france.tv). Bien présents en Chine depuis plusieurs jours, de nombreux athlètes français ont eux aussi dû faire une croix sur ce temps fort des Jeux. Sur les 88 membres de la délégation, seulement 27 défileront au Nid d'oiseau. La faute à la distance entre certains sites et la capitale chinoise, alors que certains sont déjà en plein entraînement pour les premières compétitions qui démarrent samedi.

Pinturault et Laffont, des têtes d'affiches absentes

Sur la zone de Zhangjiakou, à 183 km au nord-ouest de Pékin, c’est notamment le cas de Perrine Laffont et de l’ensemble de l’équipe de France de ski de bosses, à l’entraînement depuis le début de la semaine avant les qualifications de jeudi, et les finales de samedi (hommes) et dimanche (femmes). “C’est un peu triste de partir aux Jeux et de ne pas faire la cérémonie d’ouverture", concède la bosseuse Camille Cabrol, qui se souvient de celle de 2018 à Pyeongchang : "J’avais kiffé, c’était ouf. Mais on ne peut pas se permettre de se fatiguer en heures de bus et tout ça…”.

Avec près de sept heures de bus aller-retour, et la fatigue que provoque la cérémonie en elle-même, difficile de se permettre ce road-trip à deux jours de la finale. Encore moins pour les bosseurs, qui skient eux le samedi, à l’image de Sacha Theocharis : “C’est un regret parce que ça fait pleinement partie d’une expérience olympique. En 2018, c’était une fierté d’être dans la délégation, de voir le drapeau français flotter dans le stade. Je vais me servir de ces souvenirs-là pour me galvaniser pour ces Jeux-là. On va regarder ici sur grand écran avec la délégation pour vivre ça.”

"On n’y va pas parce que c’est trop proche des épreuves, ça fait trop de fatigue pour le voyage. Ca ne me fait trop rien, parce que je l’ai vécue à Pyeongchang."

Cyril Burdet, entraîneur de sprint de l’équipe de France de ski de fond

Sauf que les souvenirs, tous n’en ont pas. Même certains athlètes pourtant expérimentés n’ont pas connu de cérémonie d’ouverture, à l’image d’Alexis Pinturault. A 30 ans, le géantiste de Courchevel aurait pourtant pu prétendre à un rôle de porte-drapeau cette année à Pékin. Mais victime de sa polyvalence sur les skis, le vainqueur du dernier gros globe de cristal n’a tout simplement pas le temps : "Je fais beaucoup de disciplines, ça m’a souvent concerné. Je ne suis pas allé à celles de Sotchi ou Pyeonchgang, parce qu’il y a toujours beaucoup de route, des entraînements etc. Ce n’est pas l’idéal, j’aime profiter de ces événements".

Et s’il le prend avec philosophophie - "J’en profiterai à la cérémonie de clôture" -, Alexis Pinturault regrette quand même de ne pas vivre ce moment avec le reste de la délégation : "La cérémonie est une forme de lancement, on sent qu’on est aux Jeux. C’est le top départ, donc je vais la regarder à la TV comme les deux dernières éditions". Le reste de l’équipe de France de vitesse en ski alpin restera également à quai, en raison de la descente programmée dès dimanche à Zhangjiakou. Ce qui ne laisse pas insensible Matthieu Bailet, 25 ans.

"C’est un pincement au coeur ça ce sont mes premiers JO. J’ai à coeur de courir d’autres JO et d’aller à une prochaine cérémonie d’ouverture."

Matthieu Bailet

Même discours du côté des fondeurs, également retenus à Zhangjiakou, avec Hugo Lapalus : "C'est sûr que la cérémonie fait partie des JO et c'est un truc à vivre. Je n’ai pas d’autre choix que d'y aller à Milan en 2026 pour vivre une cérémonie d’ouverture. (rires)”. Ce ne sera pas le cas de Chloé Chevalier. Désignée remplaçante de l’équipe de France, l’Iséroise va finalement pouvoir se rendre au Nid d’oiseau : "Je suis hyper contente. Les athlètes à qui j'ai parlé m'ont dit que c'est à faire une fois dans sa vie. Quand on est leader, on ne peut pas y aller, en tant que remplaçante c'est l'opportunité de le faire. Il y a un peu de route mais ce serait dommage de s'en priver”.

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