Cet article date de plus de deux ans.

J0 2022 : "L'émerveillement total", "des étoiles dans les yeux"... La délégation française séduite par les installations olympiques

Quelques jours après leur arrivée dans les différents villages olympiques et après leur première prise de contact avec les sites, les athlètes français ont été pour beaucoup agréablement surpris.

Article rédigé par Vincent Daheron - De notre envoyé spécial à Zhangjiakou
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Le tremplin de saut à ski sur le site de Zhangjiakou. (JEWEL SAMAD / AFP)

"C'était un calvaire pour venir mais tout est effacé, c'est un émerveillement total." Souvent critiquées, voire moquées, dès l'apparition des premiers clichés, les installations olympiques des JO de Pékin 2022 ont séduit le fondeur Maurice Manificat, et plus généralement la délégation française depuis qu'elle a rejoint la Chine ces derniers jours.

La convivialité au rendez-vous

Le village olympique, centre névralgique de la vie des athlètes durant la quinzaine concentre évidemment les premiers suffrages. Le fondeur Maurice Manificat, pourtant 35 années au compteur et déjà trois participations précédentes aux Jeux d'hiver, n'a pas tari d'éloges sur le village olympique, situé non loin du tremplin qui trône au-dessus des lieux. "Le village est vraiment chouette, c'est un super village. Chaque nation a son bâtiment. Il n'est pas trop gros, bien dimensionné. C'est convivial sans être oppressant."

Son coéquipier sprinteur Richard Jouve, avec qui il avait décroché le bronze en relais sprint à Pyeonchang, s'est aussi montré particulièrement enjoué : "Le village est super bien fait, bien dessiné. Il est hyper joli avec pas mal d'infrastructures pour le médical." Les villages sont en effet dotés de cliniques avec des professionnels de santé mais aussi de centres d'information et de ressources concernant la santé mentale, la détresse et le harcèlement physique et psychologique.

Ces Jeux étant éclatés sur trois sites, autant de villages ont été installés. Le plus important se situe à Zhangjiakou, où se dérouleront les épreuves nordiques, le ski freestyle et le snowboard. En tout, 2640 athlètes peuvent y être logés contre 2300 à Pékin (sports de glace) et 1430 à Yanqing (ski alpin).

Plus agréable qu'à Pyeongchang

Si le village de Zhangjiakou séduit autant, c'est notamment grâce à sa comparaison flatteuse avec Pyeongchang et "ses barres d'immeubles pas très sexy" dont se souvient Anaïs Bescond. "Ce sont des maisons donc ça le rend un peu plus chaleureux, complète Anaïs Chevalier-Bouchet dans son ensemble bleu-blanc-rouge. Il est plutôt agréable, sympa à vivre. Je suis agréablement surprise." "C'est un bon compromis, reprend Maurice Manificat. Ce sont des immeubles pas trop hauts mais ce n'est pas non plus comme les chalets de Sotchi. On voit qu'on est aux Jeux avec une architecture de village olympique."

En plus de la salle de restauration située juste à côté des tests Covid à réaliser tous les jours, les athlètes peuvent profiter d'un "recreative center", un centre doté de quelques magasins. "Je n'ai pas encore tout exploré, je ne suis pas allée à la salle par exemple", sourit Anaïs Bescond.

Environ 90 kilomètres plus au nord, le village de Yanqing dédié au ski alpin a également bluffé les Tricolores. "Les Chinois ont mis le paquet pour nous", s'étonne avec plaisir le descendeur Blaize Giezendanner. "C’est plutôt bien pensé, les choses sont relativement faciles. Tout est bien articulé", relève un Alexis Pinturault aussi enthousiaste qu'un novice, malgré sa troisième participation aux Jeux.

"Le village olympique, je suis très agréablement surpris, c’est très fonctionnel. Tout est organisé pour nous faciliter la vie en dehors des mesures Covid."

Johan Clarey

en visioconférence de presse

"Agréablement surpris" : voici justement la formule reprise par de nombreux athlètes français à l'évocation des sites olympiques, dans une région pourtant montée de toutes pièces pour accueillir l'événement. La piste de ski de fond, a notamment impressionné les Français. À la tombée de la nuit, le spectacle est splendide lorsque la grande muraille de Chine - qui borde la piste - s'illumine en toile de fond.
"La découverte du stade, on est émerveillés, insiste plein d'entrain Maurice Manificat. On avait des étoiles dans les yeux, ça va être grandiose."

Grande interrogation de ces Jeux olympiques, puisque intégralement composée de neige artificielle et posée au milieu de montagnes vierges de neige, la piste de descente a, là encore, pleinement convaincu l'équipe de France. "La piste est très bien dessinée, observe le chef du groupe de vitesse Xavier Fournier. La fin du tracé se termine dans un canyon, comme un dessin-animé. C’est plutôt joli. Ils ont bien réussi leur coup."

Un descendeur chinois lors de la descente d'entraînement à Yanqing, le 2 février 2022. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Pour le ski de bosses, la piste serait presque encore meilleure que lors des manches de Coupe du monde tout au long de la saison. Pour Sacha Theocharis qui connaît ses deuxièmes JO, la piste est parfaite. "C’est un emplacement qui a été créé spécialement pour faire une piste de bosses, on n’a pas mis une piste de bosses sur une piste déjà existante. C’est tout ce qu’un skieur de bosses aime comme piste.” Pour le bobsleigh, pas de fausse note non plus à entendre Alexandre Vanhoutte, chef d'équipe : "C'est un édifice impressionnant, je n'ai jamais vu ça."

La piste de ski de bosses au Gentin Snow Park de Zhangjiakou. (BEN STANSALL / AFP)

"Le souffle coupé"

Le tremplin olympique, installation la plus impressionnante de Zhangjiakou, surplombe tout le village avec sa soucoupe pour femmes et hommes volants. Lors de leur première prise de contact, les sauteuses à ski Julia Clair et Joséphine Pagnier ont été estomaquées. "C'est incroyable architecturalement. Il est immense, décrit cette dernière. J'ai eu le souffle coupé de voir la grandeur du lieu, ce n'est pas pareil qu'en photo." "Le site est magnifique, l'un des plus beaux tremplins du monde", s'extasie leur entraîneur Damien Maitre.

Le tremplin olympique de saut à ski à Zhangjiakou. (CHRISTOF STACHE / AFP)

Les organisateurs chinois ont réussi leur premier coup de ces Jeux olympiques : renverser les préjugés des athlètes français. Ces derniers ont donc des conditions parfaites pour aller glaner des médailles à Zhangjiakou.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.