Paris 2024 - Petites histoires des Jeux : noyade, chutes de cheval, triche à l'épée... Le calvaire tragicomique des pentathlètes tunisiens en 1960

À quelques mois du début des Jeux olympiques, franceinfo: sport vous plonge dans les petites histoires qui font la grande histoire des Jeux. Dans cet épisode, on revient sur le chemin de croix de ce qui est peut-être la plus faible équipe de tous les temps aux JO.
Article rédigé par Julien Lamotte, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Totalement improvisé, absolument pas préparé, le trio tunisien a multiplié les erreurs aux JO de 1960, à Rome. (franceinfo: sport)

Cette histoire des Jeux pourrait faire l'objet d'un film à la Rasta Rocket. Sauf qu'ici, pas de dénouement heureux avec un public qui se prend de tendresse pour l'équipe jamaïcaine de bobsleigh. Pas de morale triomphante à la gloire de l'esprit sportif cher au baron de Coubertin, ni d'empathie pour des perdants magnifiques. Juste de l'incrédulité et de la consternation. Voire du rire tant les aventures de trois Pieds nickelés à Rome défient toutes les valeurs traditionnelles de l'olympisme. 

Le fiascolympique

Quatre ans après la célébration de son indépendance, la Tunisie veut faire bonne figure aux JO de 1960 à Rome. Elle dépêche quelques grands champions, dont la star nationale de la boxe Sadok Omrane, mais, soucieuse d'être présente dans toutes les disciplines, elle envoie également une équipe de pentathlon dans la capitale italienne. Avec le recul, c'est à se demander si Lakdar Bouzid, Habib Ben Azzabi et Ahmed Ennachi, les trois sélectionnés, avaient déjà entendu parler de cette discipline. 

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Totalement improvisé, absolument pas préparé, ce trio va traverser les cinq épreuves par équipes entre farce grotesque et imposture complète, comme le raconte le site du CIO. Si les trois compères réussissent plutôt bien dans la course à pied, les quatre sports suivants virent à la débâcle. En natation, le représentant tunisien manque ainsi de se noyer et doit être secouru, purement et simplement. Le tir n'est guère plus une réussite puisque l'un des trois hommes est éliminé... pour avoir tiré trop près d'un juge ! 

De Zorro à zéro

Vient ensuite l'équitation. Le calvaire de Bouzid, Ben Azzabi et Ennachi se poursuit après qu'aucun d'entre eux n'a réussi à rester sur son cheval. Mais cette Dream Team à l'envers a gardé le meilleur pour la fin : se découvrant un certain talent pour l'épée, dernière épreuve de ce pentathlon, l'un des trois combattants tunisiens tente de prendre la place de ses deux compagnons pour les autres duels en espérant que son masque trompera la vigilance des juges. Raté. La supercherie est vite repérée et l'équipe aussitôt disqualifiée après un zéro pointé.

Au final, l'équipe tunisienne terminera dernière du pentathlon avec 5 126 points. Très loin des 14 863 unités des médaillés d'or hongrois. Des chercheurs, intrigués par cette "performance" historique, ont établi que, sur une course de 100 m, cet écart équivaudrait à 75 m entre le vainqueur et le dernier ! Tombée dans l'oubli, cette équipe aura eu le mérite de pousser à son paroxysme l'adage qui veut que l'important soit de participer.

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